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(tessa + event 1/-18), this is where it starts tonight (2).

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MessageSujet: Re: (tessa + event 1/-18), this is where it starts tonight (2). Jeu 21 Sep - 18:10


We light it up in the darkest hour.
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Tessa, elle était probablement la personne qui le connaissait le mieux sur Terre. Il avait beau avoir plusieurs sœurs qu’il adorait vraiment et dont il était très proche, deux mères qui avaient toujours été à l’écoute de ce qu’il pouvait bien avoir à dire, ça faisait des années maintenant que Tessa était celle à qui il venait se confier quand il en avait eu besoin. Y avait eu un moment où il avait cru qu’y avait qu’à elle qu’il pouvait parler, parce que se rapprocher du cercle familial était trop douloureux. Pendant plusieurs mois, il avait même évité ces fameux repas en famille qu’on avait coutume d’organiser chez les Adkins-Hobbs, parce que c’était dans ce genre de moments que l’absence de James à ses côtés se faisait d’autant plus ressentir. Il savait que Tessa aussi, elle avait été proche du petit, mais c’était différent avec la famille, trop compliqué, si bien que dans cette période, ça avait été Tessa qui avait été son point de repère, bien plus que ses sœurs, plus même que Myra avec qui il partageait tout, y compris le sang qui coulait dans ses veines. Depuis trois ans qu’ils vivaient ensemble maintenant, sans doute que Tessa, avait du d’autant plus en apprendre sur lui, tout comme il avait bien entendu découvert des choses sur elle, parce que vivre avec quelqu’un, c’était différent de le voir régulièrement. Alors, il lui semblait bien que Tessa, elle était la personne qui le connaissait le mieux au monde, du coup, ça semblait presque logique, que ce soit elle pour qui il ressente des sentiments aussi vifs, c’était plus aisé de lui confier son cœur à elle qu’à n’importe quelle autre fille qui ne saurait rien de lui et dont il ne saurait rien. Il avait une confiance aveugle en Tessa, alors dans le fond, il aurait dû savoir qu’elle ne l’aurait jamais jeté comme un malpropre, si elle n’avait pas ressenti la même chose pour lui, mais la crainte de la perdre l’avait emporté sur tout le reste.

Fallait dire qu’il avait l’impression qu’il ne le supporterait pas s’il devait perdre Tessa, elle était là dans sa vie depuis tellement longtemps qu’il serait bien malheureux si elle devait décider d’aller voir ailleurs, là où il n’était pas, pour une raison ou pour une autre. Il avait besoin de Tessa, il voulait être avec elle, il voulait qu’elle soit avec lui pour le restant de sa vie et si ça avait déjà été vrai en tant qu’ami, ça en disait déjà long sur le lien qu’ils avaient entretenu jusqu’à présent. Il ne savait pas s’il était amoureux d’elle, parce que parler d’amour si vite, alors même que quelques heures plus tôt il avait été en plein combat avec ses sentiments, c’était délicat et s’il devait lui dire là, maintenant qu’il l’aimait, peut-être qu’elle choisirait de prendre la fuite, parce que ce serait en désaccord total avec le fait de prendre leur temps mais il savait que ses sentiments, ils étaient bien réels, ils étaient forts et que maintenant qu’il avait trouvé le courage de les lui avouer et qu’elle les avait acceptés, tout allait pouvoir se construire, brique par brique et un jour, il lui dirait haut et fort, qu’il l’aimait, ou par sms, parce qu’il était bien capable de faire ça comme un gros débile. De toute façon, quand y avait des sentiments comme ça des deux côtés, y avait pas raison pour que ça se passe mal. Jusqu’à présent en tout cas dans ce lit, tout s’était très bien passé et peut-être qu’ils n’avaient pas parlé pendant des heures, mais ils n’avaient pas non plus juste fait l’amour pour le côté sexuel du truc, comme on pouvait le faire avec un coup d’un soir, ce n’était pas comme ça qu’il l’avait ressenti en tout cas. Il n’était certainement pas contre le fait de recommencer, une prochaine, fois bien entendu. « Hm, je suis plutôt pour les démonstrations, parait que ça parle plus que les mots. » Il sourit, avant qu’elle ne vienne l’embrasser et qu’il lui rende son baiser, sa main continuant ses caresses dans son dos. « En tant que coach personnelle, t’es censée m’aider à m’améliorer en plus. » Qu’ils s’entrainent ensemble alors, parce qu’il n’avait pas l’intention d’aller faire une démonstration à qui que ce soit d’autre. Les autres filles déjà, ça faisait un moment qu’il n’en avait pas fréquenté, il avait essayé à un moment, mais l’esprit trop occupé par la présence de Tessa, il n’était jamais allé très loin et au moment où il avait pris conscience de ça, il n’avait même plus eu envie de voir qui que ce soit d’autre qu’elle. Il s’était souvent dit qu’il devrait pourtant, histoire de la sortir de sa tête et d’arrêter de jalouser bêtement les potentiels types pour lesquels elle achetait des capotes au beau milieu de ses courses. Mais il n’avait pas vraiment essayé, MatchMaker était vite devenu une simple excuse, un moyen de dire qu’il essayait, sans vraiment le faire, alors que ça avait été à Tessa qu’il avait essentiellement parlé et qu’il avait passé plus de temps sur son profil à elle qu’à aller chercher d’autres filles sur ce site. Peut-être qu’il avait été du genre désespéré pendant toute une période, mais en même temps, maintenant, il pouvait se dire, qu’il avait eu bien raison, d’agir de la sorte, parce que maintenant, il était avec elle.

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MessageSujet: Re: (tessa + event 1/-18), this is where it starts tonight (2). Jeu 21 Sep - 23:48

so many words we're not saying
Après dix ans d’amitié, Tessa en était presque à se dire que dans sa tête, il n’y avait pas un seul souvenir qu’elle ne pouvait associer d’une quelconque façon à Aodren. Tout amis qu’ils avaient été, il avait été l’une des premières personnes à qui elle avait parlé d’Adam, de son crime et du long séjour qu’il passait en prison, pendant qu’elle et sa famille, essayaient tant bien que mal d’avancer. Ils avaient parlé de leur enfance respective, la Dyer se sentant bien privilégiée en comparaison de ce qu’il avait connu, lui. Et pour tout le temps depuis qu’elle habitait à New York, c’était comme si le brun s’était ajouté à sa vie dès qu’elle avait posé ses cartons, une aide bienvenue, qui n’avait jamais quitté sa vie depuis. Peut-être pourrait-elle encore espérer que la vie ait été moins dégueulasse avec eux, à certains moments – surtout avec lui, quand bien même ça signifierait sans doute qu’il vivrait avec sa femme et son fils, plutôt qu’avec elle, à trente-deux ans comme un éternel célibataire qui se croyait encore en âge d’avoir une coloc comme Tessa. La vie dans cette ville n’était pas facile ; les appartements étaient chers, faire les courses semblait coûter un bras parfois, le prix des transports donnait envie de tout faire à pieds, et les rares sorties faisaient flamber la carte bancaire. Mais avec son job au sein d’une des Universités les plus côtoyées de la ville, y’avait pas à douter qu’Aodren, lui, il serait tout à fait capable de se trouver un toit rien qu’à lui, sympathique et agréable, même en plein cœur de Manhattan, s’il le souhaitait. Ils ne faisaient pas partie de la jet set qui n’semblait pas si loin de leur quartier, mais de bien des façons, s’ils le décidaient, ils seraient tous les deux parfaitement capables, d’un point de vue pratique, de vivre l’un sans l’autre s’ils le décidaient. C’était qu’ils ne l’voulaient pas ; si le brun devait subitement disparaître de la surface de cette planète, tout autour de Tessa deviendrait terriblement vide et silencieux – le canapé lui paraitrait sans doute trop grand, la salle de bain totalement offerte à elle le matin, la table de la cuisine, abandonnée par l’habituel bordel quotidien qu’ils pouvaient y éparpiller ici et là. Une impression qu’elle n’avait pas en elle que depuis qu’ils s’étaient embrassés, ni depuis qu’ils avaient fini dans ce lit ; faire partie de la vie d’Aodren, c’était un privilège qui s’était mué en confort avec le temps, et désormais la blonde ne pouvait pas imaginer sa vie se faisant autrement. Elle qui avait cru qu’elle avait tant besoin et envie d’indépendance, d’avoir son chez-elle et son petit rythme, voilà qu’à son âge, elle se découvrait incapable maintenant, d’penser à un futur où elle vivrait toute seule. Ça allait plus loin – elle n’se voyait même plus vivre depuis le temps, avec quelqu’un d’autre qu’Aodren ; encore et encore, s’installer en amoureux avec l’une ou l’autre de ses précédentes amourettes n’avait pas été une entreprise assez tentante pour qu’elle veuille même y penser. Le temps dirait sans doute, alors, si elle devait finir célibataire à vie et vieille-fille avec ses trois chats, que Tessa n’avait eu que ce qu’elle méritait, à s’accrocher à quelque-chose de familier et habituel, de peur d’aller plus loin. C’n’était pas passé loin aujourd’hui encore – à faire les mêmes pas sur les mêmes zones limitées et connues à sa vie, Tessa n’aurait jamais eu le courage dont Aodren avait fait preuve, et ils seraient sans doute encore à Central Park à l’heure actuelle, à s’tourner et s’tourner autour comme deux créatures aussi insatiables qu’indécises.

Tout autant qu’elle était douée, alors, pour les démonstrations d’amour, pour être un livre ouvert, souriante et disponible à la face du monde, il semblait bien que Tessa, elle était aussi tout un tas d’autres choses qu’elle n’arrivait pas forcément à maîtriser. Pas surprenant, alors, qu’elle ne se soit jamais engagée dans quelque-chose de concret avec son cœur, quand le concret était si déstabilisant et nouveau. Oser c’n’était pas son truc, mais au moins, Aodren était une des personnes les plus à même de la connaître, de la comprendre et de l’accepter telle qu’elle était – elle l’espérait, en tout cas, depuis le temps qu’ils étaient si intimement liés l’un à l’autre. Quoique. Ça n’avait pas été faute d’paraître audacieuse à de nombreuses reprises déjà, pour des choses complètement irréfléchies et impulsives – c’était pas pour rien qu’ils en étaient arrivés à un moment-donné, à s’accorder tous les deux sur un deal qui incluait des préliminaires délicieuses, sans aller plus loin. A croire que cet accord avait été la matérialisation évidente de ce que Tessa était dans la vie de tous les jours ; assez folle pour vouloir faire une carrière dans l’art, et pourtant terrifiée face à la haute hiérarchie qui lui bouffait la vie. Le genre de coloc qui proposait de soulager son partenaire, pour mieux reculer, hésiter, dès qu’il était question de cœur. Avec Aodren, maintenant au moins, elle arrivait à rire, défaite du moindre doute vis-à-vis du futur ; il n’était pas présent dans sa tête, là tout de suite, surtout pas comparé aux craintes qu’elle avait pu se créer, seule avec elle-même quand il avait été question d’savoir quoi faire de son cœur si capricieux. « Tu crois que t’as quelque-chose à améliorer ? » demanda-t-elle, posant son menton sur la main qui s’était ancrée sur le torse du jeune homme, l’observant d’une œillade semblable à celle d’un ange. S’ils ne voulaient pas spécialement parler des autres, ceux qui étaient venus avant, ceux qu’ils avaient pu croire permanents, Tessa n’allait pas non plus tourner autour du pot. « Hm, peut-être que c’est vrai. » la blonde eut une moue critique, bien vite rattrapée par un ricanement, dont le souffle glissa contre la peau mate du jeune homme sous elle. « Du coup, peut-être que tu devrais devenir mon coach personnel. Histoire qu’on commence notre couple sur un pied d’égalité. » au cas où elle, elle ait quelque-chose à améliorer – le sous-entendu fut à peine voilé, dans son rictus, au fond de ses iris brillantes de désir, jusqu’aux abords de ses lèvres qui lui servirent à déposer quelques autres baisers le long des muscles à vif du brun. Qui sait, peut-être étaient-ils juste éblouis par l’effervescence créée par leur toute première fois ensemble, après tant d’attente et de désirs gardés silencieux. Peut-être retomberaient-ils vite sur terre ; Tessa, elle n’s’en sentait, elle, ni la force ni l’envie.

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MessageSujet: Re: (tessa + event 1/-18), this is where it starts tonight (2). Ven 22 Sep - 17:51


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Vivre avec Tessa, ça n’avait jamais donné à Aodren l’impression de faire trois pas en arrière dans sa vie, comme si être célibataire et vivre en colocation à vingt-neuf ans, c’était rétrogradant par rapport à la situation qu’il avait pu avoir avant. Ça faisait un grand changement, c’était certain. A une époque, il avait été marié, avec un enfant et assez à l’aise professionnellement et financièrement pour acheter une petite maison à New-York, c’était pas donné dans cette ville et pourtant, ça avait plutôt bien marché, même si Gina et lui avaient encore de l’argent à rembourser pour les frais de cette maison dans laquelle il ne vivait même plus. Passer de ça à l’appartement qu’il n’avait absolument pas eu l’occasion de choisir, en colocation avec une amie, évidemment, que ça faisait bizarre. Ça avait même pas été censée être définitif comme solution et pourtant trois ans plus tard, il était encore là et il se sentait chez lui, dans un appartement qui techniquement, n’avait jamais vraiment été à lui. Il ne se voyait plus quitter cet appartement maintenant, et c’était bel et bien l’endroit qu’il appelait ‘la maison’ ou qualifiait de ‘chez lui’ sans se poser de question. Il n’avait pas vécu ce changement de situation comme un échec dans sa vie, au contraire, au milieu de ce qu’il considérait comme de vrais échecs la disparition de son fils et son divorce, vivre avec Tessa, ça avait toujours été une façon de se relever pour aller de l’avant. C’était au moins une réussite dans son parcours, parce que depuis un moment maintenant, il était persuadé d’avoir réussi à reprendre sa vie en main et c’était, sans aucun doute une victoire qu’il pouvait partager avec Tessa. Cette sensation, elle avait toujours justifiée qu’il n’ait pas envie d’aller ailleurs, reconstruire sa vie en solo cette fois, dans un appartement bien à lui, pour retrouver toute la stabilité qu’un mec de trente-deux ans devrait avoir.

C’était certainement pas maintenant qu’il allait envisager de quitter l’appartement de Tessa. Aujourd’hui, ça marquait un tournant dans leur relation et dans la façon dont ils avaient de cohabiter ensemble, puisqu’ils s’étaient posé la fameuse question du partage de lit. Il avait envie de partager son lit avec Tessa, ou de partager celui de Tessa, peu importait. Apparemment, celui de la chambre de Tessa était mieux, d’après ses dires, en attendant, il n’avait pas l’impression que le lit dans lequel il avait l’habitude de dormir, celui dans lequel ils étaient maintenant, soit particulièrement désagréable. Il pourrait même dire qu’il n’avait jamais été plus agréable qu’en cet instant présent, alors que la blonde était lovée dans ses bras et qu’il pouvait encore sentir sa peau nue contre la sienne. Pour l’heure, ce lit, c’était le meilleur endroit du monde dans la tête du jeune homme, si bien que le monde entier semblait se limiter à cette petite zone là. Il avait envie de la ressentir à nouveau cette sensation, chaque soir en allant se coucher avec Tessa et chaque matin en se réveillant à ses côtés ou pour chaque moment intime qu’ils pourraient partager dans ces draps. « J’en sais rien. » Qu’il répondit à la question de la blonde, un sourire sur les lèvres. Il n’était définitivement pas du genre à juger de ses propres talents sexuels, comme ces mecs prétentieux persuadés que toutes les femmes devraient être heureuses de coucher avec eux. « J’dirais pas que t’as besoin d’un entrainement particuliers. » Parce que dans son esprit à lui, tout avait été trop parfait pour qu’il y ait quoi que ce soit à améliorer. « Mais, j’me dis que c’est comme tous les sports, faut pratiquer régulièrement, c’est bon pour la santé. » Pas sûr que ce soit vraiment comme ‘tous les sports’ mais bon, tous les arguments étaient bons pour se dire qu’ils pourraient remettre ça. « J’crois que notre couple commence plutôt bien. » C’était ce qu’il ressentait en tout cas lui et pas juste parce que chacun des baisers que Tessa déposait contre sa peau lui semblait être un vrai délice, pas juste parce que le sexe entre eux avait été encore mieux que dans ses rêves, mais bien parce qu’il était bien avec elle, qu’il l’avait toujours été et qu’y avait aucune raison pour que ça se dégrade. Il se sentait mieux maintenant qu’il avait enfin réussi à parler à Tessa pour lui dire ce qu’il ressentait pour elle, alors pour lui, ça ressemblait déjà à un bon début, maintenant qu’il se sentait bien, débarassé de doutes et des craintes qui lui avaient compliquées la vie ces derniers temps.

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MessageSujet: Re: (tessa + event 1/-18), this is where it starts tonight (2). Sam 23 Sep - 2:20

so many words we're not saying
A force de se retenir, d’être piégée en solitaire avec ses propres pensées, Tessa avait dressé dans sa tête, tout un tas de scénarii possibles de ce qui pourrait se passer entre Aodren et elle, si elle devait ouvrir la bouche et livrer ses sentiments sur un plateau d’argent. Encore et encore la conscience de la blonde n’avait eu de cesse d’explorer les pistes les plus désastreuses, celles où elle s’emmêlerait les pinceaux, foirerait tout, et évidemment, même celles où elle se prendrait un ‘c’est gentil mais c’est pas du tout ce que je ressens pour toi’ chargé de gêne et de pitié de la part de son colocataire. Pour pousser le vice, sa tête n’était pas allée jusque-là uniquement ; elle avait aussi pu jouir de toute une conscience malsaine contre elle, où elle s’était vue coucher avec l’Adkins, transformant de ce fait leur relation, avant de tout foutre en l’air, ou avant que les circonstances elles-mêmes ne jouent un rôle désastreux dans l’affaire. Ouais, elle en avait même été à se demander ce qu’elle ferait si, finalement, le sexe avec Aodren se révélait plus gênant que libérateur d’une quelconque manière – s’ils se retrouvaient dans le même lit après tout ça, à n’pas pouvoir se regarder dans les yeux, de crainte que la vérité sur ce qu’ils avaient ressenti, ne déborde jusque dans leurs prunelles qu’ils avaient tant eu l’habitude de sonder l’un chez l’autre. Est-c’que ça existait, les gens incompatibles d’un point de vue physique, basique de la sorte ? Elle n’avait jamais croisé de partenaire comme ça, Tessa en tout cas ; pas d’ami sur lequel elle avait érigé un genre de mythe, d’espoir, de désir incontrôlable, qui n’avait eu de cesse de grandir avec le temps. Elle n’s’était jamais non plus lancée dans une relation avec qui que ce soit, où ils ne s’arrêteraient qu’aux préliminaires, laissant à l’imagination incontrôlable tous les droits de faire le reste ; oui, au début, Tessa avait été terriblement gênée, de s’demander jusqu’où ils auraient pu aller s’ils ne s’étaient pas forcés à s’arrêter, comment ç’aurait été, et s’ils auraient été capables d’en revenir juste amis, pour le meilleur ou pour le pire. Peut-être qu’avec le temps, la curiosité avait-elle supplanté le ridicule qu’elle avait senti tordre ses entrailles au tout début ; pour autant, la jeune femme n’avait pas réussi à totalement se défaire de toutes les idées déplaisantes et terrifiantes qu’elle avait pu se faire à ce sujet. Elle s’était même persuadée qu’elles étaient importantes, ces constructions logées dans son cerveau ; qu’au moins, la trouille la faisait se maîtriser, qu’elle n’ferait pas de connerie, comme ça – pourtant, si près des lèvres d’Aodren, son corps à elle collée contre le sien à lui, elle avait eu du mal à imaginer que leurs baisers puissent être déplaisants, ou qu’être totalement avec lui, puisse être quelque-chose qu’elle regretterait. Peut-être – sans doute – d’un point de vue moral ; son corps lui, n’en ressortirait que plus douillet, plus heureux, imbibé par toutes les hormones que ç’aurait fait tourner et tourner en elle. Tessa, elle en sentait trop les effets à l’instant encore, pour douter qu’en d’autres circonstances, elle n’aurait pas été portée par les mêmes impressions délicieuses. Pourtant, coucher avec Aodren pour coucher avec Aodren, ç’aurait été sans doute la pire façon d’faire quoique ce soit entre eux deux ; certains diraient que lui proposer une fellation après une mauvaise journée avait été une mauvaise idée également – à croire que pour une fois, au moins après ça, la blonde s’était donnée la peine de réfléchir.

Réfléchir pour n’pas s’planter, ç’avait semblé être important ; Tessa avait depuis longtemps appris à faire la distinction entre le sexe, les corps qui se rencontraient, et les histoires de cœur qui demandaient et prenaient beaucoup plus. Or entre eux deux, ç’avait été une histoire de cœur bien avant qu’ils n’y ajoutent du sexe, comme ça, presque inconsciemment, imprudemment, comme s’ils avaient été persuadés qu’ils pourraient garder le contrôle de tous les sentiments complexes qui avaient tourné en eux depuis si longtemps. Alors si là tout de suite, Aodren devait s’mettre à lui dresser une liste de tout ce qu’elle aurait à améliorer dans ses performances sexuelles, la Dyer en tomberait sans doute de haut – peut-être même serait-elle la première à ne pas spécialement apprécier le trait d’humour, quand bien même elle n’manquait pas d’en faire elle-même, si maladroite et gênée était-elle. Bien assez tôt, elle allait se mettre à rougir, comme si elle s’mettrait soudainement à réaliser qu’elle était perchée, nue, totalement nue, sur le corps nu lui aussi, de son meilleur ami : elle s’était fait bataille pendant tellement longtemps, c’était déjà comme si son corps avait faim de ce contact comme il avait soif d’oxygène, quand son cerveau déjà, la faisait tourner en bourrique. Pour tout le temps qu’elle avait passé à ne pas penser tout court, là, dans les bras d’Aodren, entre leurs baisers et prise dans la danse effervescente de leurs corps, sa conscience se réveillait enfin, lentement mais sûrement, et elle en était presque encombrante. Bien assez tôt, la jeune femme n’saurait plus quoi faire, entre ses doutes et les assurances qui venaient si soudainement de s’éclairer juste devant ses yeux ; ils s’étaient enfin lancés avec Aodren, et elle ne voulait pas se réveiller demain matin, ou d’ici quelques heures à peine, persuadée que c’était une erreur, tout ça à cause de vieilles peurs qui ne voulaient rien dire. Pourtant, elle serait bien c’genre de personne, capable de tout foirer sur un rien, parce qu’elle était inquiète, effrayée par ce qui s’annonçait être une aventure à même de complètement lui échapper, à Tessa. Elle n’en était au moins pas à prendre inutilement la mouche avec les paroles du brun – à vrai dire, il semblait précautionneusement tourner autour de toutes les paroles un tant soit peu problématiques qu’elle avait presque l’air de vouloir lui arracher. Avec ses questions stupides, ses sous-entendus inconsidérés, c’était comme si Tessa lui tendait un grand piège qu’il devait sans cesse esquiver ; elle le savait, non ? Elle le savait, ouais, sans être pour autant capable de retenir les mots qui, impatients, irréfléchis, passaient presque d’eux-mêmes la barrière de ses lèvres. Il la faisait rire malgré tout ça ; ils n’allaient pas se disputer parce que l’un ou l’autre s’mettrait à sous-entendre qu’ils avaient connu mieux déjà, au lit. Heureusement. « J’m’y connais bien en entrainements réguliers, moi. » reconnut-elle, songeuse, ses prunelles observant les contours de la mâchoire du jeune homme, le creux de son cou, le début de son torse où elle déposait quelques caresses. L’air innocent, se mordillant la lèvre, Tessa semblait presque parler oui, de sport tout simplement ; il était bien placé pour le savoir Aodren, qu’elle faisait du yoga depuis des années, avec une rigueur qui n’lui ressemblait pas beaucoup pour d’autres choses. Même si elle ne se levait pas tous les matins pour courir comme tous les clichés du sportif extrême semblaient l’exiger, elle les passait, ses trois soirs par semaine, à faire ses quelques deux heures de sport. Peut-être n’aurait-elle rien contre ajouter d’autres activités, en effet ; penchant légèrement la tête, faussement pensive, Tessa s’donna l’air de soupeser cette proposition avec un sérieux qui n’allait pas jusque dans ses yeux, toujours aussi rieurs. « Peut-être que du coup, c’est toi qui as surtout besoin d’un programme pour ta bonne santé... ça doit pas être très bon pour c’que t’as, de rester assis derrière un bureau à faire des cours dans un amphi ou corriger cooopiiie après coooopiiiie. » elle roula des yeux, d’un air compatissant exagéré ; la preuve était là, juste sous ses doigts, juste sous son corps, qu’Aodren n’avait pas spécialement besoin d’affiner ses talents ou de pratiquer du sport plus régulièrement. « Ouais ? Notre couple commence bien parce qu’on parle de sexe juste après avoir couché ensemble, pendant que je suis perchée sur toi ? » il n’y avait ni scepticisme ni critique dans la voix de la blonde quand elle ricana de cette idée ; peut-être que, contrairement à ces craintes stupides qu’elle avait pu avoir, le fait qu’ils parlent déjà d’une prochaine fois avec tant d’envies, était une bonne indication d’un début plutôt sympa pour leur couple, ouais.

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MessageSujet: Re: (tessa + event 1/-18), this is where it starts tonight (2). Sam 23 Sep - 17:33


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tessa dyer & aodren adkins

Dans le fond, Aodren avait su que ce n’était qu’une question de temps, avant qu’il dise à Tessa tout ce qu’il avait sur le cœur. Il avait été persuadé que ce serait une erreur, que ça allait compliquer une relation qu’il ne voulait pas voir devenir compliquée. Mais, il avait su aussi qu’il ne tiendrait pas indéfiniment comme ça, avec tout ce qu’il avait eu sur le cœur. Il avait toujours été un type plutôt honnête, avec les autres, tout autant qu’avec lui-même, alors ne rien dire, ce n’était pas dans ses habitudes, ça ne l’avait jamais été et évidemment, ça n’avait fait que rendre la situation encore plus difficile. Fallait croire qu’à Central Park, la proximité qu’il y avait eu entre eux, ça avait été le moment de trop pour lui et bien vite il avait commencé à ouvrir son cœur, avec quelques petites phrases ici et là, qu’il balançait avec sincérité, mais aussi avec l’espoir que ça finisse par avoir du sens pour Tessa, parce que ça lui avait semblé plus simple comme ça. A la fin, peut-être que ça avait eu l’effet escompté, puisqu’elle lui avait posé une question, à laquelle il avait fini par répondre de travers mais qu’au bout d’un moment, ils avaient quand même réussi à se comprendre l’un l’autre. Si ça n’avait pas été aujourd’hui à Central Park, ça aurait fini par être à n’importe quel moment anodin qu’ils auraient partagé dans ce même appartement, parce que, plus son cœur gonflait, plus Aodren sentait qu’il perdait le contrôle. Heureusement, dans le fond, parce qu’au final, elle ne lui avait pas rit au nez comme s’il était un imbécile fini, à avoir des sentiments pour quelqu’un qui ne le voyait que comme un ami. Au contraire, ça les avait rapprochés comme jamais et pour l’heure, il ne regrettait rien de ce qu’il avait pu dire à Central Park et il n’avait pas l’impression qu’il allait se réveiller un beau matin en regrettant tout ça.

Est-ce qu’elle le regretterait elle, à un moment où à un autre ? L’Aodren pessimiste des derniers temps, penserait que sans doute que oui, parce qu’elle lui avait fait des confidences, bien avant tout ça, à Central Park, face auxquelles, il n’était pas sûr d’être à la hauteur. Les enfants, le mariage, ça restait un sujet sensible pour lui, un gros point d’interrogation dans sa vie, auquel il n’était pas encore prêt à réfléchir, alors que Tessa, fallait croire qu’elle y réfléchissait depuis un moment elle. Peut-être que ça lui reviendrait tôt ou tard ce genre de question, parce que la crainte de ne pas lui offrir ce qu’elle pouvait vouloir dans la vie, elle reprendrait le dessus et qu’il ne voulait évidemment pas que Tessa oublie ou repousse, encore et encore ses rêves pour lui. Pour l’instant pourtant, le pessimisme il était parti bien loin de lui et il n’arrivait absolument pas à penser aux potentiels problèmes qu’ils pourraient rencontrer sur leur route. C’était trop tôt, beaucoup trop tôt, de toute façon, pour s’interroger là-dessus. Eux, ils avaient décidé d’y aller lentement, alors logiquement, ce n’était pas demain la veille qu’elle allait lui demander de lui faire un bébé, après tout, peut-être que s’ils prenaient leur temps et que ça marchait bien entre eux, il finirait par en avoir envie lui aussi. Ils avaient le temps devant eux et ça, c’était déjà rassurant. Pour l’instant, il semblait qu’ils étaient plutôt sur la même longueur d’onde avec ce qu’ils voulaient dans l’immédiat alors c’était bon signe, d’après lui. Il voulait être avec elle, c’était la seule chose dont il était sûr, maintenant et pour son avenir. Il lâcha un léger rire à la suite des mots de la jeune femme. « Ah ouais ? C’est grâce au yoga que tu as de jolies formes comme ça ? » Il ne se gêna pas pour descendre sa main, le long de son dos, jusqu’à l’une de ses fesses, avant de remonter en suivant la courbure de ses hanches. Il les avait longtemps appréciées de loin, les formes de Tessa, maintenant, il avait le droit de le dire alors pourquoi s’en priver hein ? Il n’avait jamais trouvé le yoga aussi intéressant que quand c’était Tessa qui le pratiquait. Lui, il était plus du genre à aller courir de bon matin et à faire de la musculation dès qu’il avait un peu de temps libre, il aurait juste l’air idiot, s’il devait s’essayer au yoga. « Bha ouais. Tu t’es déjà moquée de moi parce que j’ai besoin de lunettes pour bien voir, alors j’ai plutôt intérêt de bien entretenir mon corps, pour avoir la forme, malgré mon graaaand âge. » Il exagéré évidemment, n’empêche qu’elle s’était vraiment moquée de lui quand il avait sorti ses lunettes à Central Park. Enfin, il savait que d’un point de vu physique, en vérité, il avait encore la forme et qu’il n’avait que trente-deux ans, de toute façon, ce n’était pas comme s’il était vieux. Niveau des yeux, y avait un facteur génétique, en plus du fait qu’il passait trop de temps devant la télé ou l’ordi. Peut-être que les fameuses copies qu’il devait corriger dans son job, ça ne l’aidait pas non plus de ce côté-là. « C’est pas forcément ce que je voulais dire, mais faut quand même avouer que c’est meilleur signe que si on était comme deux cons en train de fixer le plafond en silence. » Ouais, là ça aurait été vraiment bizarre et pas terrible. Alors, le fait qu’ils soient là, l’un sur l’autre, à parler de sexe, à rire ensemble, c’était une bonne chose pour le couple qu’ils voulaient former. « C’que je voulais dire, c’est que je me sens vraiment bien, là avec toi. » Le sourire aux lèvres, il déposa une légère caresse contre la joue de la blonde. Il ne se sentait pas gêné au point d’en fixer le plafond, pas nerveux comme il avait pu l’être à Central Park. Il n’était plus non plus tétanisé par ses craintes. Il se sentait juste complètement bien et ça faisait très longtemps qu’il n’avait pas ressenti ça, alors pour lui, ça ressemblait à un bon signe et il espérait que Tessa, elle se sentait bien comme lui, parce que c’était ce qu’il voulait pour elle évidemment, qu’elle se sente bien, à l’aise et heureuse, avec celui avec qui elle voudrait partager sa vie, alors si elle pouvait ressentir ça avec lui, ce serait forcément une bonne chose.

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MessageSujet: Re: (tessa + event 1/-18), this is where it starts tonight (2). Sam 23 Sep - 20:02

so many words we're not saying
Dire que beaucoup de choses avaient changé dans la vie de Tessa depuis son arrivée à New York, était un véritable euphémisme. Elle ne savait même pas pourquoi elle avait été particulièrement attirée par cette ville, d’une ambiance qu’elle n’connaissait même pas. Compte-tenu de ses choix d’études, les Universités avaient été limitées en elles-mêmes et les parents de la jeune femme lui avaient fait comprendre que quitte à choisir une spécialisation mineure et quasi inutile, autant le faire bien, dans un établissement au renom incontestable, histoire de gagner quelques points sur son CV. New York avait pourtant été sa préférence, bien avant Columbia- ça l’avait attirée, elle, la fille de Trenton qui n’avait pas semblé particulièrement attirée par la vie en grand. Elle n’était pas née dans une ville particulièrement minuscule, bien au contraire ; la Dyer avait toujours pu jouir d’un quotidien tout à fait aisé et confortable, dans lequel elle avait toujours pu avoir ce qu’elle voulait. Mais être seule, comme une adulte, dans la mégalopole la plus célèbre du pays, et sans doute du monde entier, ç’avait été quelque-chose. La Tessa du début dirait que ç’avait même été totalement terrifiant, comme si tout avait été différent, comme si ç’avait été changer de pays, changer de langue, changer de façon de fonctionner. Elle n’avait plus été la petite fille protégée et entourée par ses parents, après tout, et quand bien même beaucoup diraient que ça n’faisait pas une si grande différence que ça, pour l’adolescente qu’elle avait été, choyée et presque étouffée par ceux-ci, ç’avait été une tournure dramatique qui l’avait complètement déstabilisée. Même Aodren après tout, ne pouvait pas prétendre connaître ce qu’elle avait connu à ce niveau-là : toute sa famille était à New York, ses mères, ses sœurs, tous les gens à qui il tenait d’un point de vue filial. Tessa, elle, en contrepartie, avait souvent fait le voyage entre Trenton et New York au tout début, pour s’assurer de garder le lien avec sa famille : ces petits trips, supposés l’aider à se détendre entre ses longues périodes d’études, s’étaient souvent transformés en prises de tête, nouant les entrailles de la jeune femme qu’elle essayait tant bien que mal de devenir. Au final, les critiques de ses parents avaient semblé être plus acerbes que dans ses souvenirs, les attentes de ceux-ci, plus grandes qu’elle ne l’aurait imaginé ; elle s’était lancée dans des études d’art pour faire de la restauration, et ni sa mère ni son père n’avaient jamais manqué de mots pour exprimer au combien ils trouvaient ça stupide. Peut-être que l’histoire leur prouverait raison ; pour l’heure, sans être particulièrement contents de voir leur fille stagner dans sa ‘carrière’ – ce qu’ils jugeaient difficilement être une carrière en tout cas – ils ne manquaient pas de lâcher des genres de ‘on te l’avait bien dit’ dont elle n’avait pas besoin. Souvent, trop souvent, piégée dans sa situation de stagiaire, sous-estimée et dévalorisée par ceux qui l’avaient embauchée, Tessa n’pouvait s’empêcher de penser à ses parents. Comme quoi, parfois, elle se rappelait qu’elle n’avait pas tant évolué que ça. Et pourtant, peut-être faudrait-il que quelqu’un de New York soit capable de voyager dans le temps pour rencontrer la jeune Tessa qui avait grandi dans le New Jersey pour vraiment s’en rendre compte. Elle avait été plus timide, plus réservée, bien moins soignée sur elle-même – discrète, du genre insipide, qui se perdait dans la foule. Probablement, à vrai dire, que la première fois qu’elle avait rencontré l’Adkins, elle avait réussi à capturer son attention, parce que pour une fois elle avait fait des efforts, et mis les formes pour avoir l’air d’autre chose qu’une campagnarde, perdue dans un univers soudainement vaste. Sinon, c’était à croire que leur amitié aurait été basée sur un genre de pitié, bien plus que sur une sympathie mutuelle qui faisait qu’ils en étaient là, dix ans plus tard.

Aux côtés du brun, au moins, Tessa pouvait se sentir un peu fière de c’qu’elle était devenue. Rien qu’en ami, rien qu’en allié à ses côtés, Aodren n’avait jamais manqué de la valoriser pour ce qu’elle était, parfois sans même avoir à user du moindre mot, juste avec ses attentions, ou la façon qu’il avait eue de vouloir rester dans sa vie. Avait-elle vraiment été si intéressante que ça ? Elle s’était faite comme ça, la blonde, au gré de rencontres qui l’avaient aidée, éclairée, guidée ; sans Sofia, peut-être serait-elle restée avec une frustration insidieuse lovée au creux de ses reins, la brûlant littéralement de l’intérieur – même si elle cachait sa bisexualité à ses parents aujourd’hui, Tessa n’se voyait pas vivre sans cette part de sa personnalité. C’était qui elle était, c’était comme ça qu’elle voulait vivre, comme ça qu’elle voulait s’assumer. Et ç’avait toujours été infiniment plus facile avec ses amis, avec Aodren ou avec d’autres, qu’avec les gens de sa propre famille ; pour eux, elle était encore un peu trop la Tessa qu’ils avaient laissée partir à New York. Elle leur plaisait comme ça, après tout – ils pouvaient continuer d’avoir cette omniprésence dans son quotidien, ce pouvoir invisible pour la faire douter d’elle-même. Pourtant, elle n’les voyait pas comme des gens machiavéliques ou méchants ; ses parents l’aimaient et l’avaient éduquée avec plein d’espoirs et d’attentes pour elle. Malheureusement, ils étaient plus souvent déçus qu’ils ne voulaient bien l’admettre, et ils ne se rendaient peut-être même pas compte, de la facilité avec laquelle leur propre fille pouvait saisir leur amertume. S’assumer n’avait alors jamais été un job facile pour la Dyer, on la connaissait douce, sympa, joviale, spontanée, sociable, irradiant d’assurances toutes simples, et rares étaient ceux qui s’étaient vraiment intéressés à ses fragilités, et préoccupé de ses peines. Plein de choses terriblement honnêtes qu’elle avait dites à Aodren, elle ne les avait livrées à personne d’autre ; certainement pas aux gens qu’elle avait dit aimer, et qui avaient dit l’aimer aussi. Peut-être avait-elle toujours pressenti que ces histoires-là ne dureraient pas – qu’elles n’pourraient certainement pas durer aussi longtemps que la longue part de sa vie qui la liait désormais au brun. N’était-ce pas naturel, donc, qu’ils soient si à l’aise l’un avec l’autre, même maintenant ? Pourtant, Tessa avait été la première à en douter, la première à s’monter la tête avec des craintes incontrôlables et illogiques, souvent. Mais les mains de son meilleur ami sur son corps ne semblaient pas étrangères ou bizarres, elles n’éparpillaient pas le long de son épiderme, des sensations indélicates à même de complètement la terrifier. Au contraire, c’était presque déjà, comme s’il l’avait toujours touchée comme ça, et qu’elle ne pourrait s’en lasser, ses chairs tout entières fondant comme neige au soleil, juste sous la chaleur de ses paumes. « Oui, c’est grâce au yoga. » qu’elle reconnut dans un grand sourire pour répondre aux paroles du brun, bien contente qu’il ne manque pas de remarquer ses efforts, et de les apprécier. Elle avait essayé ces derniers temps, de n’pas amener le sport dans toute cette histoire compliquée entre eux deux, à se demander si faire du yoga au beau milieu du salon allait capturer soudainement l’attention du jeune homme. Oui, rien que par précautions, Tessa avait préféré n’pas du tout s’interroger là-dessus : il s’avérait qu’elle aimait plus l’idée de faire son sport pour elle-même que pour capturer le regard languissant d’un homme. De l’autre côté, ça n’enlevait en rien les effets que dix ans de yoga maintenant, avaient sur son corps – ses courbes, ses muscles, sa peau ferme tout à la fois. Ca non plus, elle n’aurait jamais essayé si elle n’avait pas vécu à New York, dans son petit appartement, sa petite ville, surfant sur des sites web et épluchant des pubs parce qu’elle avait besoin de se défouler, pour mieux se vider la tête au milieu de ses études. « Et c’est pas le seul avantage. » le taquina-t-elle de plus belle, toujours avec son sourire, courbant son dos juste sous les mains baladeuses et attentionnées du brun. C’était sans conteste grâce au yoga qu’elle pouvait faire une soirée cocktails pizza, suivie d’une soirée nachos, sans se retrouver coincée sur le canapé pour le reste du week end. Ca faisait de beaux muscles bien galbés aux bons endroits, et mine de rien, ç’avait aussi aidé son rythme cardiaque : ils étaient, il semblait, tous les deux assez athlétiques pour ne pas être à s’endormir juste parce qu’ils avaient couché ensemble. Aodren aussi, il faisait sa part de sport, et Tessa n’avait jamais été la dernière à le remarquer – c’était probablement pour ça que ces mêmes questions avaient germé dans sa tête, avec le temps, pour toutes les fois où elle avait été occupée à faire son sport. Ils s’entretenaient bien, tous les deux donc, c’n’était pas un problème, malgré les problèmes d’yeux ou les fausses promesses d’entrainements qu’ils se faisaient. « Je sais pas vraiment si y’a un sport que j’peux faire avec toi pour améliorer ta vue. » l’idée était loin d’être glamour, même quand ils en parlaient perchés l’un sur l’autre, en train de ricaner, leurs souffles caressant leurs peaux avec délicatesse. Peut-être pourtant que ce serait toujours mieux que de n’pas savoir quoi se dire ou quoi faire, ouais ; Tessa en fut bien contente pour le coup, rattrapée par tous les scénarii désastreux qu’elle avait pu se créer. S’retrouver coincée dans ce lit, avec Aodren juste à côté d’elle, dévorée par la gêne et le désastre que leur ‘relation’ avait pu devenir, avait été une de ses craintes, évidemment. « Oui, j’suis contente qu’on soit pas en train de fixer ton plafond. » et malgré le trait d’humour, il dut bien se douter le brun, qu’elle comprenait ce qu’elle voulait dire, l’honnêteté cette fois, sans détour, retroussant le coin de ses lèvres en un sourire attendri. « Hmm, j’suis bien avec toi, aussi. » elle n’allait pas mentir, pas s’cacher de l’admettre, pas tourner autour du pot pour quelque précaution que ce soit : la blonde ne s’en sentit pas le besoin ou le devoir, comme si elle devait soudainement protéger son cœur d’une vérité qui le faisait battre si vite. Bien au contraire, elle ne manqua pas de se livrer complètement, s’étalant encore plus intimement contre lui, pour mieux venir déposer sa tempe contre le torse du jeune homme ; ses cheveux blonds vinrent caresser les sculptures du corps d’Aodren, tandis que son souffle humait son parfum, familier et chargé encore de l’empreinte de leurs ébats, leurs êtres mélangés l’un à l’autre, de la façon la plus aisée qui soit.

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MessageSujet: Re: (tessa + event 1/-18), this is where it starts tonight (2). Sam 23 Sep - 20:57


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Depuis le temps qu’il connaissait Tessa, il avait appris bien des choses sur elle. Il avait vite compris qu’elle aimait l’art, après tout, vu son choix d’étude, c’était une évidence à côté de laquelle personne ne pouvait passer. Il l’avait vu dessiner aussi, concentrée sur ce qu’elle faisait, il avait toujours été épaté par ce qu’elle faisait. De son point de vu à lui, Tessa, elle méritait bien plus que son poste de stagiaire au musée, parce qu’elle avait un talent fou, mais peut-être que lui, il n’était pas la personne la mieux placée pour juger, parce qu’il n’était pas directeur de musée et ce n’était pas demain la veille qu’il le serait. Il n’empêche, que pour lui, elle valait mieux que ça et elle mériterait largement une promotion. Il savait aussi qu’elle était appliquée dans son travail, combien de fois est-ce qu’il l’avait vu rentrée tard, parce qu’elle avait eu quelque chose à finir, alors que d’autres se seraient contenté de dire qu’ils finiraient demain. Lui, il n’y connaissait rien en art, pourtant, ça faisait des années que dès qu’il écoutait Tessa en parler, ça devenait d’un coup hyper intéressant, parce qu’elle en parlait d’une façon bien à elle. Il croyait en elle et en ses capacités et elle avait toujours su qu’après une sale journée au travail, elle pourrait toujours le retrouver pour qu’il lui remonte le moral, en tant qu’ami dans un premier temps, de façon un peu plus intime après, quand leur deal était venu se mettre entre eux, ça, ça lui avait bien prouvé à quel point elle pouvait être ouverte d’esprit. Il la connaissait aussi spontanée, du genre à ramener des petits chats même pas sevrés chez elle, comme ça sans crier gare. Elle était attentionnée, pour s’en occuper comme elle le faisait, des ces petits bout de chat. Si on devait lui demander de faire une liste des choses qu’il savait sur Tessa, évidemment que cette liste elle serait très longue.

Dans tout ce qu’il avait pu apprendre au fil des années sur la blonde, y avait aussi cette histoire de yoga, il semblait bien qu’elle en faisait depuis des années maintenant et depuis qu’il vivait avec elle, il avait eu l’occasion de la voir pratiquer, un air impressionné sur le visage alors qu’il se demandait par quel miracle, il être humain pouvait réussir à faire des choses pareilles. Parfois, il s’en était même inquiété, à se demander si elle n’allait pas finir par se faire mal quand même. Depuis quelques temps déjà le regard qu’il avait porté sur elle quand elle faisait ses prouesses, avait été beaucoup plus instant, bien malgré lui, souvent, il avait eu l’impression d’avoir l’œil attiré par des parties du corps de la blonde, qu’il n’était pas censé regarder comme ça. Ça avait un de ces détails qui lui avait fait réaliser qu’il ne la regardait définitivement plus comme devrait le faire quelqu’un qui se prétendait être son meilleur ami. Y en avait eu plein d’autres, des détails comme ça, pas essentiellement basés sur le physique, évidemment, qui petit à petit l’avaient poussé à admettre qu’il avait des sentiments pour la blonde. Il était évident alors, qu’après le temps passé à la regarder pratiquer, détournant le regard bien vite à chaque fois qu’elle relevait la tête vers lui, il avait remarqué tout ce que le yoga pouvait apporter de bon. « J’aime vraiment le yoga. » Il ricana légèrement. Ça lui allait bien à Tessa en tout cas et c’était vraiment impressionnant. Certainement pas un sport dans lequel il se lancerait un jour, de toute façon, il était loin d’être particulièrement souple lui. « Peut-être que je devrais m’y mettre. » Qu’il ajouta quand même, sur le ton de la rigolade, parce que non, vraiment, il préférait largement laisser ça à Tessa qui semblait exceller dans le domaine et rester à ses activités physique à lui, qui le réussissait pas trop mal. « Continue le yoga, c’est plutôt efficace pour mobiliser toutes mes capacités oculaires. » Peut-être que ce n’était pas une si grande découverte que ça pour Tessa, elle avait apparemment déjà remarqué qu’il lui était arrivé de regardé son décolleté alors bon, maintenant, il n’avait plus aucune raison de prétendre ne jamais, jamais, jamais avoir détaillé un peu trop le corps de la blonde. Il l’avait fait et il s’en était systématiquement voulu pour ça. Il ne l’avait jamais fait comme un gros pervers, avec les commentaires insultants allant avec, mais quand même, ça lui avait toujours semblé particulièrement déplacé et puis il s’était dit que Tessa, elle n’apprécierait pas de savoir que lui, son meilleur ami, la regardait comme ça. Maintenant, peut-être que c’était différent, peut-être qu’elle préférait que ce soit lui qui la regarde faire son yoga, plutôt que le gros pervers du coin hein. Lui, il savait en tout cas que puisqu’ils parlaient de couple, il préférait être le seul à la regarder. « C’est un trèèèèèès beau plafond pourtant. » Il rigolait évidemment, de toute façon, lui il en avait passé, des nuits à fixer ce plafond, ses songes ne lui fichant pas la paix, alors il savait qu’il était blanc, comme partout ailleurs dans l’appartement, rien de bien impressionnant. « Hm, du coup, je crois vraiment que je vais te garder ici avec moi, tant pis pour le boulot. » Le boulot, lundi, ça allait vite arriver malheureusement et évidemment qu’il allait la laisser partir. Il la laisserait de toute façon quitter ce lit avant lundi, parce qu’à un moment où à un autre, malgré ce qu’ils pouvaient dire et vouloir, ils n’auraient pas le choix. Pour l’instant ils pouvaient encore en profiter, alors, il passa un bras autour des épaules dans de la blonde, l’autre autour de sa taille pour pouvoir l’étreindre contre lui. Il l’embrassa au sommet du crâne, avant d’y poser doucement sa joue. Ouais, ils étaient vraiment bien là, alors pour l’instant, la simple fait de devoir aller ailleurs était trop déprimant pour qu’ils puisse l’envisager.

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MessageSujet: Re: (tessa + event 1/-18), this is where it starts tonight (2). Dim 24 Sep - 3:01

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Peut-être bien que sans complication aucune, Tessa pourrait se contenter de ça, avec Aodren, pour l’instant ; elle pourrait juste être dans ses bras, capturée par l’instant présent, par la chaleur de son regard et la tendresse de son corps contre le sien, à n’pas penser à ce qui pourrait venir après. Ni d’ici quelques heures, ni d’ici lundi, là où le quotidien reviendrait s’insérer à chaque heure de la journée. Elle ne craignait pas la vie de tous les jours au point de croire que ça pourrait tout remettre en question entre le jeune homme et elle – malheureusement pour elle, la Dyer n’avait pas une carrière flamboyante qu’elle adorait tout particulièrement et à laquelle elle était prête à s’accrocher coûte que coûte. Mine de rien, alors, même si elle avait fait les études qu’elle voulait, même si elle s’était estimée être la fille la plus chanceuse du monde pendant la première année de son stage, maintenant, elle savait qu’elle ne faisait que stagner, et c’était la lassitude qui prenait le pas sur tout le reste. Peut-être bien alors, qu’à mesure que le week end allait avancer, la jeune femme allait être de plus en plus séduite à l’idée de pouvoir passer le lundi, peut-être même le mardi, juste avec son petit-ami, sans avoir à se préoccuper de ces supérieurs qui la traitaient si mal, quand elle allait travailler. Elle n’aimait pourtant pas la façon dont les choses tournaient dans sa vie professionnelle : à croire qu’elle avait été juste naïve de s’y voir déjà, d’avoir des ambitions de c’genre, et de vouloir s’amuser dans son job. C’était ses parents qui étaient bien heureux d’avoir eu raison – en attendant, ça n’allégeait en rien le quotidien de la blonde, et c’n’était pas comme si d’un claquement de doigts, en admettant qu’elle avait eu tort, elle pourrait se relancer dans des études totalement différentes. De bien des façons jusqu’à il y a peu, Tessa s’était encore sentie totalement prisonnière dans sa vie, à grande échelle : des confessions qui avaient probablement débordé jusque dans les mots désespérés qu’elle avait eus à l’adresse du brun quand ils avaient été au parc. Ouais, si elle s’lançait, elle n’enragerait pas que sur sa vie sentimentale, plate comme un encéphalogramme de cadavre, ni juste sur le fait que la trentaine approchait, l’inquiétant plus qu’elle ne l’aurait imaginé. Si seulement y’avait que ça, peut-être aurait-ce été un mal que MatchMaker aurait complètement pu faire disparaître. Mais non, de plus en plus, quand elle rentrait à la maison, c’était pour se poser sur le canapé, soupirant en balançant ses chaussures dans un coin, essayant de faire quelques petites choses avant de se promettre de passer la soirée à ne pas penser au lendemain, aux jours qui se répétaient exactement pareil, ou au désespoir qui grandissait en elle. Aodren le savait, mais peut-être qu’il n’savait pas toute la mesure de la tristesse que ça créait en elle ; à vrai dire, tant qu’elle pouvait peindre, dessiner, vivre au milieu de tableaux sur lesquels elle n’aurait presque jamais imaginé poser un œil autrement que dans une galerie, elle était heureuse. Fallait croire qu’on la voyait s’contenter de ça, pendant qu’elle s’occupait plus souvent des cafés, de la paperasse et de tous les trucs mineurs et non-importants du coin. La frustration était quelque-chose qu’elle laissait volontiers sur le pas de la porte le vendredi soir ; au moins, elle avait encore ça pour elle, Tessa, la possibilité de garder une certaine maîtrise de son moral quand elle était loin du musée où elle travaillait, ou de ses collègues qui la prenaient de haut. Oh, évidemment, elle en détestait vraiment certains à cause de leurs belles vies bien nettes et bien rangées – mais sa rage, à Tessa, elle débordait aussi au niveau du travail qu’ils accomplissaient tous ; des longues et longues heures qu’elle devait passer en leur compagnie, presque sans pour autant faire partie de leur groupe.

Malheureusement, ouais, elle n’avait pas beaucoup d’affinités dans la propre branche dans laquelle elle travaillait ; dans l’art, les gens qu’elle connaissait travaillaient dans des galeries, dans le monde du dessin ou de la photo. Souvent, il suffisait que la blonde balance le nom de MoMa pour qu’on s’dise qu’elle avait un travail de rêve – qui était-elle pour les contredire ? Elle n’avait pas eu envie de leur faire comprendre que la réalité était bien différente ; surtout pas alors qu’elle n’avait rien eu pour elle non plus d’un point de vue personnel. Non, même aujourd’hui si elle devait afficher son petit-ami tout récent à la vue du monde, Tessa n’serait pas invitée, ni aux soirées Tupperware, ni aux réunions sex-toys secrètes organisées par ses collègues, dussent-elles exister. Après des années à bosser au même endroit, à stagner dans la même zone, elle n’était pas mieux dans l’travail qu’elle accomplissait, elle n’avançait pas, et fallait croire qu’on n’croyait toujours pas en elle : comment garder le moral dans de telles circonstances ? Aodren avait toujours aidé. De un, parce qu’il avait toujours eu assez peu de connaissances et de pratique en art pour être persuadé qu’elle était un genre de déesse qui faisait tout parfaitement, et déployait ses talents de toutes les façons possibles et imaginables. De deux, parce que ç’avait été au-delà de ça ; le pauvre, il l’avait si souvent écoutée larguer ses frustrations ici et là, au beau milieu du repas ou en zappant devant la télévision. Parfois, elle avait fini par en pleurer, d’autres fois, elle avait juste été énervée, comme une idiote – faudrait peut-être un jour qu’elle aille s’exprimer de la sorte face à ses supérieurs, si elle voulait aller quelque part ou si elle voulait vraiment être entendue. Le yoga, mine de rien, aidait pas mal aussi ; y’avait eu des périodes où Tessa en avait presque fait tous les soirs, pour bien expulser de l’intérieur de son corps, toutes les énergies négatives qu’elle pouvait amasser en une journée de travail à se retenir encore et encore de soit hurler, soit démissionner, soit pleurer comme une idiote. Grâce à ce sport, elle n’avait pas perdu la face pendant ses études, face à ses examens, ou confrontée à n’importe quel stress qui soit ; c’était important, alors, bien au-delà du fait que ça lui ait donné avec les années, de belles formes bien galbées, une musculature puissante, et une souplesse indéniable. Il paraissait que des attraits comme ça faisaient fantasmer beaucoup d’hommes – évidemment qu’elle n’avait pas manqué de balancer l’argument à ses partenaires ici et là, mais heureusement, elle n’avait jamais été pathétique au point d’faire du yoga ou des pilâtes à s’épuiser, pour le plaisir de quelqu’un d’autre. C’n’était pas pour autant qu’elle n’pouvait pas apprécier les compliments d’Aodren, toute sourire, un air flatté brillant au fond de ses yeux alors qu’elle se mordillait doucement la lèvre. « Moi aussi j’aime le yoga. » qu’elle reconnut dans un rire – même s’il n’aimait pas, ce qui serait terriblement surprenant, elle n’avait pas l’intention d’arrêter. « Peut-être que tu devrais ouais… » s’y mettre, l’idée la fit sourire de plus belle ; « J’peux t’enseigner quelques choses. » prise hors contexte, cette phrase aurait pu avoir un arôme tout à fait différent, avec trop de sous-entendus pour qu’ils ne fassent que parler de yoga tout simple. C’était difficile de n’pas se perdre dans ces perspectives-là, quand ils étaient encore nus l’un contre l’autre, l’esprit porté par les souvenirs de leurs ébats, et les mains d’Aodren se baladant si librement partout sur les dessins de la silhouette filiforme de Tessa. Pour une fois qu’ils étaient libres de s’exprimer, enfin, ils n’allaient pas se taire – elle n’voulait pas se taire, elle n’voulait pas frissonner de malaise au contact des doigts du jeune homme. Elle n’voulait pas dramatiser ou craindre quoique ce soit. « Hm, alors peut-être que t’es plutôt un spectateur, dans le yoga, toi ? » et non, elle n’allait pas s’mettre à faire une crise parce qu’il avait eu l’œil aventureux, parfois, pendant qu’elle avait fait son sport. Au contraire, sans doute qu’insidieusement, le rouge monta à ses joues tout comme la chaleur grimpa sur ses pommettes, presque jusqu’à son front. « Tu sais très bien que j’ai rien contre tes lunettes… mais j’m’en voudrais que tu finisses aveugle parce que j’n’ai pas assez développé tes capacités oculaires. » d’un air dramatique, elle leva les yeux au ciel – heureusement, même à trente-deux ans, Aodren était loin d’être proche de ne plus rien voir, il n’en était pas à avoir besoin de ses lunettes pour pouvoir la regarder, là maintenant ; ni son visage ni ses formes lovées contre lui. Peut-être même pourrait-il regarder le plafond avec netteté, s’il en avait vraiment envie. « J’te gêne alors, dans ton observation du plafond ? » demanda-t-elle en riant, incapable de feindre un air offusqué – elle n’savait pas, après tout, si elle était trèèèèèèès belle, elle aussi. Quand même, elle espérait être plus agréable à regarder qu’un plafond blanc tout simple, hein. Les gestes de la jeune femme, pourtant, ne laissèrent absolument pas entendre son désir de bouger ; au moins eut-il la vue dégagée jusqu’au plafond, Aodren, alors qu’elle se blottissait tout contre lui. Son oreille contre le torse du brun, elle put entendre son cœur battre lentement mais sûrement, paisible et tranquille, alors qu’ils étaient l’un contre l’autre. Sa voix gronda à travers lui comme un son délicieux, faisant frissonner la blonde tout autant que le contact de ses doigts ou de ses lippes. « Hmmm, garde-moi avec toi. » elle ne résista pas, glissant sa main droite à elle pour pouvoir caresser le flanc de son petit-ami, dégustant le contact de ses muscles juste sous la pulpe de ses doigts, alors qu’elle prenait le temps de respirer sereinement – finalement, peut-être bien que dans cette position-là, il n’y avait pas beaucoup d’arguments à avoir, sur quel lit était plus confortable que l’autre dans cet appartement.

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MessageSujet: Re: (tessa + event 1/-18), this is where it starts tonight (2). Dim 24 Sep - 12:04


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Y avait au moins des domaines dans lesquels il n’était pas à plaindre, Aodren. Il avait conscience que d’un point de vue professionnel, il avait beaucoup de chance. Il avait eu de la chance déjà, bien des années plus tôt, d’avoir deux mères ayant les moyens de financer ses études dans une grande université de New-York. Il avait enchainé les années d’études là-bas, si bien qu’à l’arrivée, ça n’avait pas été difficile de se faire embaucher par cette université, parce qu’il connaissait du monde là-bas et qu’avec les relations qu’il avait eue, il avait eu toutes les chances de son côté. Ça faisait plusieurs années maintenant, qu’il travaillait dans cette même université, qu’il avait une carrière stable, pas forcément de grosse promotion à l’horizon, mais des petits projets, ici et là qui le motivaient assez à se lever le matin pour aller bosser. Il s’était toujours dit qu’il avait ça au moins. Il avait été arrêté un moment, évidemment, après la disparition de son fils, mais il avait vite repris le boulot, encore un truc qui l’avait considérablement éloigné de Gina, elle, il ne savait même pas si elle avait repris, après six longues années. Il se souvenait qu’elle y était allée, au commissariat, qu’elle avait souvent prétendu aller bosser, là où, en réalité, elle était juste allée s’enfoncer un peu plus dans sa dépression, en se concentrant toujours davantage sur la disparition de leur fils. Lui, il avait profité de ça pour penser à autre chose, pour se concentrer sur quelque chose de totalement différent et sans doute que dans cette période, ses étudiants avaient au moins eu la chance d’avoir leurs copies corrigées très rapidement, parce que plus il bossait, moins il pensait à sa vie. Des fois même, il était resté des heures et des heures dans son bureau, à l’université, rien que parce qu’il n’avait pas eu la volonté de rentrer chez lui pour retrouver son épouse. Avec ce genre d’idée en tête, évidemment que le divorce avait été inévitable.

Au moins, il avait arrêté de ressentir ça quand il avait commencé à vivre avec Tessa. La boulot, c’était toujours un bon moyen de penser à autre chose qu’à son quotidien, mais rentrer dans cet appartement, avait toujours été un soulagement, parce que bosser, ça ressemblait surtout à un bon moyen de se plonger dans le déni, alors qu’être avec Tessa, ça l’avait toujours aidé à aller de l’avant. Il avait bien conscience, que la blonde, elle était moins enthousiaste que lui, quand il était question de boulot et il ne savait pas trop comment ça pouvait se passer dans le domaine des arts, alors tout ce qu’il pouvait faire, c’était la soutenir du mieux qu’il pouvait et espérer que ce soit suffisant pour lui remonter le moral. Il avait l’impression de l’avoir déjà vue rentrer su boulot dans tous les états possibles et imaginables, même en larmes, parfois et ça lui avait toujours donné envie d’aller lui-même, voir ses collègues et ses supérieurs pour les engueuler. Il ne l’avait évidemment jamais fait, conscient que ça attirerait probablement plus de problèmes à la blonde que ça ne l’aiderait. Tout ce qu’il pouvait faire alors, c’était vraiment être avec elle pour la soutenir envers et contre tout. Peut-être aussi relancer cette idée de vacances qu’il avait évoqué, un peu plus tôt, parce qu’il était prêt à parier que ça ne lui ferait pas de mal à Tessa. Elle avait déjà le yoga pour la détendre au quotidien, mais quelques vacances, ça pouvait aussi avoir beaucoup de bienfaits. En attendant, oui, le yoga c’était très bien et ça avait plein d’avantages, il ne pouvait pas argumenter contre ça, même s’il n’était pas sûr qu’en vrai, il devrait s’y mettre lui au yoga. « En tant que coach personnelle, je pense que tu devrais ouais. »  Il n’était plus très sûr de ne parler que de yoga, de toute façon, à ce niveau là, y avait pas grand-chose à tirer de lui. Alors ouais, regarder les autres pratiquer le yoga, ça semblait mieux adapter à son cas à lui, surtout quand ‘les autres’ ne correspondait qu’à Tessa. « Juste quand c’est toi qui le pratique. » Parce qu’il n’était jamais allé se taper l’incruste dans un cours de yoga  juste pour regarder les filles en tenue moulante faire de véritables miracles avec leur corps. Non, y avait que sur Tessa, dans cet appartement, qu’il avait parfois lancé quelques œillades qui avaient d’abord té très appréciables, avant de le gêner complètement. « C’est vraiment gentil de faire attention à moi comme ça. » Il en rigola légèrement, heureusement, il avait encore de la marge avant d’être aveugle, mais s’il pouvait avoir l’autorisation de Tessa de l’observer quand elle faisait son yoga, il n’allait pas s’en priver. Ce serait forcément moins embarrassant, moins déplacé dans son esprit, maintenant qu’ils pouvaient se dire en couple. Ils semblaient d’accord pour dire qu’ils l’étaient et là, alors qu’ils étaient tendrement lovés dans les bras l’un de l’autre, ils avaient largement dépassé le stade des meilleurs amis. « Non, ça va, j’ai mieux à regarder. » Il l’avait elle, évidemment et il préférait perdre son regard dans le sien plutôt que sur le plafond. Même si elle avait déposé sa joue contre son torse et que ça lui était difficile de continuer à la contempler, ce n’était pas le plafond qui allait attirer toute son attention, non, elle était encore tournée uniquement vers Tessa. « Okay. » Qu’il répondit aux propos de Tessa, resserrant un peu son étreinte autour de son corps, comme pour prouver qu’il ne la laissait partir nulle part. Il avait vraiment juste envie de rester comme ça avec elle, pour la fin de l’après midi, la soirée, la nuit et aussi longtemps que ce serait possible, parce qu’il était parfaitement bien là, complètement détendu et heureux en plus.

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MessageSujet: Re: (tessa + event 1/-18), this is where it starts tonight (2). Lun 25 Sep - 0:23

so many words we're not saying
Avec tout ce qui avait pu arriver aujourd’hui, la voie dangereuse sur laquelle ils s’étaient tous les deux engagés, après des hésitations qu’ils avaient semblé partager, Tessa, tout ce qu’elle voulait, c’était croire au moins qu’Aodren pouvait deviner à quel point elle tenait à lui. Assez pour être complètement stupide et prendre des décisions idiotes, comme celle de ravaler des sentiments inconfortables et gênants, les gardant juste au bord de ses lèvres avec l’espoir qu’ils ne s’expriment pas trop, de peur de s’y cramer. Non, elle n’avait pas gardé le silence parce qu’elle doutait de lui ou d’eux deux en tant que couple – peut-être bien doutait-elle d’elle-même, ouais ; mais ça allait bien au-delà de ça, la vie était parfois une bitch qui n’en faisait qu’à sa tête, et l’amour, ouais, l’amour d’un certain genre, ça pouvait bien tout compliquer. Heureusement elle n’en avait pas été encore réduite, corps battant à toute vitesse, semi-inconsciente après son orgasme, à balancer à son meilleur ami qu’elle l’aimait, comme ça, dans la fièvre de leur étreinte. Ce serait vrai, de bien des façons ; comment pourrait-elle aujourd’hui imaginer sa vie sans le brun dedans ? Sans aucun doute, avant de le rencontrer, elle n’avait pas eu de meilleur ami dans sa vie, elle n’avait probablement même pas eu quelqu’un pour se préoccuper d’elle aussi gratuitement, sans arrière-pensée, et sans la mentalité typique des lycéens, qui foutaient tout en l’air. A vingt-sept ans, la blonde n’avait pas gardé le moindre contact avec ses amitiés de Trenton, des gens qui avaient grandi comme elle, dans un milieu favorisé, sélectif, avec des parents remplis d’attente. Elle ne savait pas ce que ses amis de l’époque étaient devenus ; après tout, avaient-ils vraiment été ses amis ? Le lycée était fait de ces animosités et d’ces petites histoires stupides qui poussaient beaucoup de gens à être terriblement faux et mensongers. Y’avait quelque-chose d’ironique, quand même, dans le fait qu’elle se soit sentie avoir rencontré la personne la plus honnête d’toute sa vie, comme ça, dans une ville si moderne, si grande, si remplie de gens différents aux ambitions bien différentes – un endroit encore inconnu à elle. Peut-être avait-il vu sa vulnérabilité, à l’époque, Aodren ; mais il n’avait jamais été le type qui tendait une main à la petite blonde toute nouvelle, pour mieux lorgner sur son décolleté ou la draguer dans des moments un peu subtils, avec l’espoir de la mettre dans son lit à un moment donné. Oh, elle parlait d’expérience, hein ; au-delà de l’Adkins, y’en avait eus, des gens comme ça. Des types qui l’avaient approchée au tout début, et elle avait su exactement ce qu’ils pouvaient lui vouloir : pour certains, elle s’était laissée prendre au jeu, finissant dans leur lit, juste pour s’amuser, juste parce qu’elle était jeune et que ça pouvait marcher comme ça, s’était-elle dit. Pourtant, n’pas se lier vraiment avec quelqu’un, c’était bien pathétique, non ? Comme si les autres n’pouvaient en avoir qu’après ses seins, qu’après ce qu’elle avait entre les cuisses et une nuit de plaisir sur laquelle ils traceraient un trait bien assez tôt. Elle avait sans doute été assez pitoyable pour apparaitre sur des genres de tableaux de chasse de quelques fraternités, naïve et facile à avoir, et pourtant persuadée d’être un genre de fille sardonique au mordant légendaire. Ses amitiés sorties de l’Université, elles étaient généralement de celles qui étaient allées au-delà, et Aodren était bien le seul homme qui avait tant désiré entretenir une relation défaite de sexe avec elle, pendant si longtemps.

Forcément alors, qu’au bout de dix ans, et puis trois ans qu’ils vivaient ensemble, la jeune femme n’avait pu être que persuadée qu’il n’était pas intéressé : elle était habituée aux gars qui, quand ils étaient intéressés, ne le cachaient absolument pas. A croire qu’Aodren avait fait partie de la tranche subtile de la population masculine de New York – peut-être est-c’que ça le rangeait ça aussi, dans les fameux un pour cent que Tessa semblait être capable de sonder dans les gens autour d’elle. Elle aurait voulu qu’Aodren soit toujours à ses côtés, même s’il avait fallu qu’il ne soit jamais intéressé par elle ; et c’était ce désir tout simple, ce besoin de l’avoir dans sa vie, qui l’avait faite tant culpabiliser à l’idée de tout compliquer, d’ajouter une guerre de cœurs dans une histoire si simple et si précieuse à sa vie, juste telle qu’elle était. Oui, oui, elle aurait pu totalement se contenter de son amitié, et ç’avait été la seule chose dont elle avait voulu qu’il soit sûr – mais elle avait su que si elle devait se lâcher avec honnêteté, juste pour s’écraser contre l’évidence que ses sentiments troubles étaient à sens unique, l’amitié entre eux deux ne serait que synonyme de frustration, de culpabilité, et de ce quelque-chose qu’ils regretteraient tous les deux. Lui, parce qu’il l’aurait blessée. Et elle, parce qu’elle se sentirait assez stupide pour avoir dit quelque-chose. Y’avait tellement de petits rituels, inhérents à sa vie, qu’elle n’se verrait vivre avec personne d’autre : leurs soirées télé, leurs soirées à manger des cochonneries, à cuisiner des plats incroyables et excentriques, pour mieux les déguster avec des cocktails. Des habitudes terriblement habituelles, presque anodines, un rythme d’existence qu’elle ne trouverait avec personne d’autre – qu’elle n’avait, par le passé, jamais trouvé avec personne d’autre. Pas même avec des gens à qui elle avait été censée donner part de son cœur, avec l’espoir d’un futur concret et réel. C’n’était pas face à tout le monde, que Tessa se sentait à l’aise pour peindre, pour dessiner, chanter, ou même faire du yoga ; même juste un sport, exposait une certaine vulnérabilité qui avait été part de son monde à elle, et elle uniquement pendant de longues années après son installation à New York. Après sept ans d’amitié, sept ans à vivre en solo, y’avait bien qu’avec Aodren que Tessa aurait pu s’adapter à vivre en colocation, et plus le temps passait, plus elle en était persuadée. « Ouais. Ta coach personnelle qui te montre quelques moves… pour que tu sois plus souple. » l’idée la fit ricaner, quand bien même à cette perspective, elle avait le même petit éclair lubrique que lui, brillant dans les yeux, quand il se mettait à imaginer à quoi sa souplesse à elle pourrait aider à accomplir, quand ils étaient tous les deux dans un lit. Il n’avait pas tort, après tout, c’était un vrai avantage, qui lui donnait beaucoup de flexibilité et d’endurance dans c’genre d’efforts ; il avait vu ses prouesses alors il pouvait déjà imaginer. Tessa n’allait pas en être vexée, qu’il n’ait pas manqué d’observer – au contraire, elle n’en fut que plus assurée à l’idée de continuer, pinçant ses lèvres dans un rictus amusé. « J’suis vraiment contente, de pas faire tout ça pour rien. » même si c’n’était pas le but principal ; elle avait été totalement satisfaite de tout ce que le yoga avait prodigué à son corps avec le temps, même quand elle avait été célibataire, juste pour elle-même et sa propre santé. M’enfin, si son désormais nouveau petit-ami appréciait tous ses efforts, c’était si flatteur que ç’avait de quoi la motiver encore plus. Elle faisait attention à lui, tout autant qu’il faisait attention à elle, fallait croire ; dans un souffle, un genre de gémissement minaudé tout contre la peau du brun, Tessa déposa la caresse de ses lèvres sur son torse en guise de récompense, avant d’y recoller sa joue, toujours étendue contre lui. Si bien, si détendue. « Babe… je crois que j’vais m’endormir. » qu’elle geignit, baillant presque en s’étirant – comme quoi, peut-être l’avait-il bel et bien épuisée. « Si jamais, tu peux toujours me pousser sur le côté pour te lever. J’essayerai de pas ronfler. » elle ricana pour elle-même, gênée jusqu’à rougir par sa propre connerie, incapable de savoir si elle ronflait bel et bien. Ce n’serait pas très glamour pour la toute première fois comme ça, fallait bien l’admettre. Et dire que quand elle s’était endormie dans les bras d’Aodren son meilleur ami elle n’s’était jamais posée la question, et voilà que ça devenait la préoccupation qui la suivait, alors que son souffle s’apaisait encore, et que ses paupières s’alourdissaient lentement mais sûrement.

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(tessa + event 1/-18), this is where it starts tonight (2).

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