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(rafe/stv), dancing in the dark with you between my arms.

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MessageSujet: (rafe/stv), dancing in the dark with you between my arms. Ven 2 Mar - 23:25

just hold my hand.
I found a love, to carry more than just my secrets To carry love, to carry children of our own. We are still kids, but we're so in love, Fighting against all odds. I know we'll be alright this time, Darling, just hold my hand.
rafe hollins et asteria drake

Avoir un bébé, ce n’était pas dans les plans d’Asteria, ça ne l’avait jamais été. Elle n’était même pas sûre d’avoir vraiment eu ça en tête un jour dans sa vie. Elle avait rêvé d’amour ouais, du prince charmant avec qui elle pourrait faire sa vie, elle ne s’était jamais imaginée faire sa vie toute seule, mais dans ses rêves d’amour et de beau mariage, y avait jamais eu d’enfants. Ça en disait long sur ce qu’elle pensait de cette grossesse. Ce n’était pas le bon moment, ce n’était pas de la bonne façon et ce n’était pas ce qu’elle voulait. Ni ce que Rafe voulait. La vie de cet enfant n’était même pas commencée qu’il semblait bien que c’était mal parti pour lui. Cet enfant était déjà condamné à avoir une vie merdique, juste parce que ses parents étaient loin d’être capables de gérer un enfant. Ils n’avaient rien prévu et Asteria, elle ne savait même pas où elle en était leur relation, alors ce n’était vraiment pas le bon moment pour qu’ils aient un enfant. C’était trop pour elle tout ça. Elle ne pouvait pas gérer, elle n’allait jamais s’en sortir parce qu’elle n’était pas à la hauteur et pour le coup, elle n’était même pas sûre que cette façon de penser soit la conséquence de ce que ses parents lui avaient toujours répéter. C’était juste qu’un bébé c’était beaucoup de responsabilité, c’était un changement important dans une vie et la blonde, elle n’était pas prête à faire tout ça. A force de bien réfléchir à toutes les options qu’elle avait, elle avait fini par arriver à la conclusion qu’elle ne pouvait pas le garder ce bébé. Elle avait aussi pris en compte l’avis que Rafe avait sur l’adoption, alors, elle avait bien l’impression qu’il ne lui restait plus qu’une option. Peut-être que c’était la meilleure de toute, après, c’était plus clément, de leur part à Rafe et elle, que de faire en sorte que l’amas de cellule au fond de son ventre ne devienne jamais un être vivant auquel ils imposeraient une vie misérable.

Depuis des jours alors, elle se disait que sa décision était prise, alors elle en avait parlé à Rafe avant de prendre un rendez vous et chaque fois qu’il lui avait demandé si elle était sûre d’elle, elle avait répondu que oui, avec toute la conviction dont elle était dotée. Il fallait bien qu’ils soient réalistes tous les deux, c’était la meilleure option qu’ils avaient. Elle avait bien compris que ce serait plusieurs rendez-vous, parce que ce n’était pas une décision à prendre à la légère et blablabla, c’était à peu près à ça que ressemblait le discours de la nana à qui elle avait parlé, dans sa tête. Le rendez-vous tombait pile le jour de la saint-valentin, comme si le destin avait eu envie de bien enfoncer le clou. Elle aurait été ravie de passer la saint-valentin avec Rafe, mais dans d’autres circonstances, ça aurait été un peu mieux quand même. C’était génial, vraiment, de célébrer ça dans une salle d’attente dans ce genre de cabinet. Au moins, ça avait l’air propre. Asteria, elle avait toujours imaginé ça comme le lieu le plus insalubre du monde, alors elle s’était attendu au pire quand ils étaient arrivés ici. Sans doute que c’était les idées toutes faites de la fille élevée par une famille bien chrétienne qui avait évidemment eu des discours bien particuliers sur les femmes se faisant avorter. Ils avaient construit une image bien particulière, dans la tête de leur fille de tout ce qui était en lien avec l’avortement. Maintenant, elle essayait de se dire que ce n’était pas si horrible que ça, c’était une intervention médicale, pratiquée par des professionnels après tout. Ils n’étaient pas dans un pays pauvres où les conditions étaient tellement insalubres que les jeunes femmes se faisant avorter risquaient d’y laisser leur vie. Ça allait bien se passer et pourtant, elle était particulièrement nerveuse. Elle n’avait adressé que des phrases très courtes à Rafe, depuis qu’ils étaient ensemble et avait du mal à maintenir les conversations, parce qu’elle était de toute façon, trop occupée à se ronger les ongles, le signe évident d’un stress qu’elle avait du mal à contrôler. « T’as déjà passé une saint-valentin plus bizarre que celle là ? » Qu’elle se décida quand même à lâcher, comme si ça pouvait au moins un peu détendre l’atmosphère. Elle n’était pas sûre d’avoir connu pire que ça elle. Elle avait eu le droit à quelques saint-valentin en pensionnat, rien de très passionnant et beaucoup d’autres seule, à bouffer devant la télévision et même si à première vue, ça pouvait être un peu déprimant, c’était beaucoup plus fun que cette journée là. Ils auraient pu choisir un autre jour pour ce rendez-vous. La vie ne s’arrêtait pas le jour de la saint-valentin, c’était évident, mais en même temps, ça aurait été pas mal pour le coup, que ce soit un jour férié. « Je tiens pas particulièrement à cette fête, c’est plus commercial qu’autre chose et je sais bien que ça sonne comme une grosse frustrée de l’amour, mais bon, est-ce que les chocolats sont vraiment meilleurs parce qu’ils sont dans une boite en forme de cœur ? Et puis c’est pas original, tous les couples font la même chose. » C’était des fleurs, des cadeaux, un bon restaurant, une partie de jambe et l’air et la vie continuait. Elle avait eu regard un peu plus enthousiaste sur la fête des amoureux quand elle avait été plus jeune, quand elle avait été avec Rafe, des années plus tôt, mais déjà à ce moment là, elle n’avait pas attendu de lui qu’il lui sorte le grand jeu parce que c’était la saint-valentin. Peut-être bien qu’elle était quand même frustrée, presque aigrie et surtout assez stressée pour être blasée d’un rien. Les couples heureux, ces derniers temps, ils ne faisaient que remuer le couteau dans la plaie pour elle. Eux, ils savaient ce qu’ils voulaient, le mariage, les bébés et ils étaient heureux avec ça, alors qu’elle, être enceinte, c’était la merde dans sa vie. « Au moins, ça, c’est original. » Qu’elle souffla légèrement, alors que maintenant, c’était sa jambe qui commençait à trembler nerveusement. Un bébé, c’était un problème dans sa vie, pas un heureux événement. Elle n’avait même pas de relation sérieuse, ils n’étaient pas en couple avec Rafe, alors évidemment que c’était compliqué. Mais c’était quand même un bébé et puis Rafe, elle l’aimait encore, alors est-ce que c’était le bon choix ? Voilà qu’au fil des minutes qui passaient, sa conviction était en train de s’évaporer.

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MessageSujet: Re: (rafe/stv), dancing in the dark with you between my arms. Dim 4 Mar - 1:10

'cause you're the best paint life ever made
Le jour J était enfin arrivé. Ou trop vite arriver, Rafe, il n’savait pas vraiment. Dans sa tête, ça faisait comme un yoyo permanent d’hésitations, d’questions, d’assurances qui s’fracturaient l’instant d’après, suivies par de nouveaux doutes que rien n’pouvait calmer. Peut-être que s’il avait décroché son téléphone et parlé à Asteria comme il aurait pu en avoir envie, tout aurait été différent. Mais bordel, c’était trop compliqué. Et puis de toute façon, elle avait fait son choix et c’qu’il s’disait, c’était qu’il n’pouvait que la suivre. Et que, peut-être même, elle avait fait l’bon choix. La décision bien difficile que beaucoup d’gens blâmaient parfois, comme si c’était aisé de décider de mettre fin à une vie, quel que soit son stade de développement. Y’avait bien une part d’lui qui s’était dit que peut-être Terry elle-même avait besoin d’être rassurée, soutenue, aidée – mais il n’s’était pas senti la force de l’faire plus concrètement que par une acceptation passive, quand elle lui avait annoncé sa décision. Et maintenant ils étaient là, dans cette salle d’attente d’un truc qui ressemblait à un hôpital, mais n’en était pas totalement un. Heureusement, ici, y’avait pas d’gens qui défilaient toutes les deux secondes avec une nouvelle blessure, comme ça pouvait être le cas aux urgences – ouais bien sûr qu’ils n’étaient pas aux urgences, mais Rafe, à force d’essayer de s’distraire, il avait fini par penser des trucs vraiment cons. A défaut de savoir quoi dire dès le moment où il ouvrirait la bouche, rester muet était une option qui lui allait plutôt bien ; de toute manière, c’était un sentiment que la blonde à ses côtés semblait partager. Elle non plus, elle n’parlait pas vraiment ; et pourtant, il y avait plein d’choses qu’ils n’avaient pas adressé. Et s’ils le regrettaient, un jour ? Le brun, il n’avait eu de cesse de s’demander, à une époque, si un beau matin, sa génitrice avait regretté de l’avoir abandonné sur ce banc dans un poste de police, comme s’il était un malpropre. Ce songe lui avait plus torturé l’esprit qu’autre chose – et il n’aurait jamais sa réponse, peu importait l’intensité avec laquelle il essayait de se projeter vers les souvenirs sporadiques qu’il avait de la femme qui l’avait lâché comme s’il n’avait été qu’un moins que rien. Et s’ils prenaient la mauvaise décision ? Quelle autre alternative avait-il, Rafe, hein ? Des engagements qu’il n’était pas prêt à prendre, l’fait d’endosser un rôle qui n’était, il semblait, génétiquement pas fait pour lui. Son père était un tocard, sa mère était une droguée désespérée, et lui, il avait grandi plus seul qu’accompagné. Et toutes les assurances qu’il avait pu avoir avec Asteria à une époque, elles s’étaient envolées depuis belle lurette : c’était déjà si chaotique entre eux deux, si difficile, comment pourraient-ils assurer s’ils se rajoutaient une charge supplémentaire – un bébé qui plus est ? Et si les parents de la blonde l’apprenaient, hein ? Mais qu’est-ce qu’il se passerait, une fois c’rendez-vous terminé ? Etaient-ils censés repartir chacun d’leur côté, reprendre leur vie, après avoir commis cet acte irréparable, sans le moindre retour en arrière possible ? Est-c’qu’il la reverrait, ou est-c’que ce serait trop dur ? Au bout d’un moment, il devait bien avoir l’habitude d’voir les gens sortir de sa vie – mais il était quand même là, à cogiter depuis des jours et des jours, des pensées bien égoïstes.

Ça n’le rendait pas apte à s’occuper d’un môme. Ça n’le rendait même pas prêt à s’dire que ça pourrait être une possibilité. Tant pis, alors, si l’avortement était jugé par certains comme la solution d’facilité, que choisissaient les lâches. Rafe, il n’s’était jamais prétendu être bien mieux que ça, et on l’avait déjà jugé en le traitant d’bien pire que ça. Mais à n’pas dire les choses qui gravitaient dans sa tête ou pulsaient avec force au rythme de son cœur, le Hollins s’retrouvait surtout à soupirer, à rester dans son coin, ou à dire qu’il allait fumer pour mieux s’attarder dehors. Le sens du devoir le faisait toujours revenir auprès d’Asteria – il l’avait dit, après tout ; cette connerie, ils l’avaient faite à deux, ils avaient passé cette nuit à deux, et quoiqu’il puisse advenir, ils feraient front à deux. Et après ça, hein ? S’ils arrivaient déjà jusque-là, ce serait un exploit, lui murmurait sa conscience alors que garder les mâchoires serrées devenait d’plus en plus difficile. Il était avec elle, malgré son choix. Ou avec son choix, plutôt. Bordel, il n’savait plus c’qu’il pensait, au bout d’un moment : une fraction d’seconde plus tôt, il en avait presque hâte que ça s’finisse, qu’ça sorte de son crâne – et puis, bien assez vite, il s’retrouvait à nouveau devant le fait accompli. Tout ce qu’ils faisaient, là maintenant, ce qu’ils se préparaient à faire, dans cette clinique. Il aurait pu dire qu’il allait fumer encore une fois, la nicotine aidait pas mal, tout comme picoler avait aidé aussi – et sortir avec Lexie, voir un film débile qui lui avait fait rire jaune, avait aidé, un peu. Pourtant, dans la chevelure blonde de son amie, il avait surtout vu le reflet d’Asteria, le retour imminent de la jeune femme dans sa vie, avec cette grossesse, ces questions, ces-… songes qu’il n’osait concrétiser, que ce soit en espoir ou en désespoir. La réalité, elle n’l’avait jamais bien servi, de toute façon. Mais la jeune femme à ses côtés ouvrit la bouche, et quand bien même il avait eu les yeux obstinément accrochés dans le vide jusque-là, il eut assez de courage pour la regarder. La Saint-Valentin ? Il avait carrément zappé toute cette histoire, tiens. Le ricanement qui lui racla la gorge d’un air torve, alors, fut plus que sincère- il n’avait clairement rien prévu pour ce soir, avec qui que ce soit. Ça faisait dix ans maintenant, qu’l’amour mielleux, plein d’attentes et de rêves, était relégué au second plan ; alors la fête des amoureux, très peu pour lui. « Tu penses vraiment à la St Valentin, là maintenant ? » c’était pas une critique, peut-être même plus quelque-chose qu’il trouvait amusant, parce qu’y’avait bien qu’Asteria pour se lever le matin et penser à des choses comme ça. Le quatorze février, c’était la St Valentin, et elle allait avorter de leur enfant. « Si t’y tiens, après ça, on ira trouver une boite de chocolats en forme de cœur pour vérifier cette théorie. » et ouais, désabusé qu’il était, il n’pensait même plus à la symbolique de ce qu’il disait, ou aux potentiels sous-entendus que qui que ce soit pourrait saisir. Après tout, peut-être que la jeune femme allait devoir lui annoncer qu’elle n’pouvait pas l’accompagner chercher une boite de chocolats en forme de cœur après ce rendez-vous, parce qu’elle aurait un rencard avec un Mitch ou un John ou un il ne savait qui d’autre, avec qui elle voudrait bien tourner la page de tout c’bordel qu’ils avaient été, depuis qu’elle était revenue en ville. Et il n’aurait pas de contre-argument à donner, puisqu’elle n’serait plus enceinte, et que lui, il n’était plus le type qu’elle avait aimé, dix ans plus tôt- c’était trop de temps, même pour une seule vie. « J’avais pas beaucoup d’attente, si ça peut t’consoler. » admit-il donc pour lui-même, avec une honnêteté à trancher au couteau, hein. Il n’avait personne, il avait perdu l’espoir ou l’envie d’avoir quelqu’un depuis longtemps. Alors les circonstances dans lesquelles ils se retrouvaient, là, maintenant, c’était juste tomber un tout p’tit peu plus bas que ce qu’il avait déjà pu connaître.

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MessageSujet: Re: (rafe/stv), dancing in the dark with you between my arms. Dim 4 Mar - 13:50

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Toute cette situation lui semblait beaucoup trop compliquée à Asteria. Elle aurait voulu pouvoir prendre la fuite, tout nier en bloc et faire comme si ce bébé n’existait pas. Cependant, il était là, dans son ventre et y avait plein de truc qui le lui rappelait au quotidien. Elle avait beau rentrer encore dans les vêtements qu’elle portait, elle savait qu’il était là ce bébé. Le matin elle était prise de violentes nausées aussi incontrôlable que désagréable qui la laissaient avachie sur la cuvette des toilettes pendant trop longtemps et personne à ses côtés pour au moins la soutenir. Ça lui revenait dans la journée, pour un oui pour un non et chaque jour elle se rendait compte qu’il y avait une nouvelle odeur ou un nouvel aliment qu’elle ne supportait plus. En plus de ça, elle était fatiguée, elle avait mal au ventre, aux seins alors que tout ça commençait à petit à petit s’adapter à la grossesse et à ce qui pourrait venir après. Elle sentait aussi son humeur changeante, ces fameuses hormones qui n’en faisaient qu’à sa tête, alors, forcément à la longue, c’était impossible pour elle d’oublier qu’elle était enceinte, qu’elle avait une décision à prendre et qu’elle ne pouvait pas juste fuir ses responsabilités. C’était compliqué et elle en avait passé des nuits blanches à peser le pour et le contre dans toutes les possibilités qui s’offraient à elle. A chaque fois qu’elle avait été au dessus des toilettes en train de vomir ses tripes, elle était arrivait à la conclusion qu’une grossesse était quelque chose d’épouvantable et qu’elle ne voulait pas avoir à supporter ça pendant encore huit mois, l’avortement avait donc été la solution idéale au problème. Puis, quand elle avait croisé des enfants dans les rues de la ville, qu’elle avait vu des bouts de gamins venir acheter des livres à la librairie, elle s’était dit qu’elle ne pouvait pas faire ça, que cet enfant méritait de vivre et d’être heureux. Longtemps, elle avait oscillé, hésité, pris une décision puis une autre et finalement, elle avait tranché.

Si elle se retrouvait là, dans cette salle d’attente, c’était parce qu’elle pensait savoir ce qu’il fallait qu’elle fasse. Elle n’était pas faite pour être mère et Rafe ne se sentait pas prêt à être père, alors ça ne servait à rien d’insister, de se forcer et de condamner cet enfant à une vie malheureuse, avec des parents qui ne seraient pas à la hauteur. Et si jamais elle le regrettait un jour ? Ce serait trop tard, y avait pas de marche arrière et personne ne savait de quoi serait fait le futur. Peut-être qu’un jour, elle se retrouverait à vouloir des enfants et là, le destin, Dieu ou elle ne saurait quoi la punirait en lui ôtant cette possibilité. Elle ne savait plus si elle était complètement parano ou si c’était normal de penser des trucs pareils. Est-ce que toutes les autres femmes ici présentes étaient sûres à deux cent pourcent de leur choix ? Si c’était le cas, elle les admirait vraiment. Elle, elle ne savait pas et plus les minutes s’égrainaient, plus ses assurances étaient mises à mal, si bien qu’elle en était arrivée à essayer de se changer les idées en pensant à autre chose et que c’était sur la saint-valentin que son esprit s’était arrêté, c’était débile, mais au moins, ça lui permettait de penser un peu à autre chose. « Ouais, c’est aujourd’hui non ? » Qu’elle demanda quand même comme si soudainement, elle avait un doute là-dessus. Elle était paumée, et elle doutait tellement de tout que maintenant, elle n’était même pas sûre de la date. « C’est une bonne idée ça. Faudra en prendre une normale, histoire de bien pouvoir comparer. » Et parce qu’après tout ça, y avait des chances pour qu’elle ait juste envie de se goinfrer de chocolat, pour compenser. Mais, elle ne savait même pas comment ça se passait, et si ça la rendait malade ? Et puis c’était le premier rendez vous, est-ce que le médecin qui s’occupait de ça, le faisait directement, est-ce qu’il enchainait les avortements à la chaine ? Si c’était le cas, c’était un métier vraiment horrible qu’il faisait. Elle ne savait pas comment ça se passait et voilà que maintenant les questions commençaient à se multiplier dans sa tête, si bien que ça la rendait encore plus nerveuse, quand bien même elle l’avait déjà bien été avant ça. « Nan, moi non plus … ça fait des années que personne ne m’a offert de chocolats. » Dix ans, sans doute, parce que ses histoires d’amour après Rafe avaient été limités, souvent trop courtes, alors qu’elle n’arrivait pas à s’imaginer avec quelqu’un d’autre que lui. Est-ce que c’était idiot ? Est-ce qu’elle pourrait continuer à le voir, même après tout ça ? Elle ne voulait pas que ce soit juste cette histoire de bébé qui les réunisse, mais elle ne voulait pas non plus le perdre définitivement. Ça faisait dix ans qu’il était toujours là dans un coin de sa mémoire, dix ans que personne ne comptait à ses yeux plus que Rafe et maintenant, elle l’avait retrouvé et fallait que tout soit gâché à cause d’un bébé imprévu, ce n’était pas juste. C’était frustrant si bien qu’elle sentit les larmes lui monter aux yeux, fichues hormones qu’elle se disait en ce moment à chaque fois que ça lui arrivait comme si ça pouvait tout justifier. Mais voilà, maintenant, il risquait de croire qu’elle pleurait parce que personne ne lui offrait de chocolat. C’était nul, elle était nulle et tout ça était vraiment trop difficile à gérer pour elle.


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MessageSujet: Re: (rafe/stv), dancing in the dark with you between my arms. Dim 11 Mar - 3:31

'cause you're the best paint life ever made
La St Valentin, quand on était célibataire et qu’on n’semblait se promettre qu’un avenir de ce genre, on essayait de n’pas y penser. On passait outre- et à part les pubs à la télé ou dans les rues, les émissions débiles ou les téléfilms merdiques, y’avait pas grand-chose pour rappeler aux coeurs brisés, en février, que c’était ‘leur fête’. Rafe, il avait appris à s’en foutre, à prendre le recul froid nécessaire pour faire avec la vie qu’il avait désormais, depuis le départ d’Asteria, et depuis qu’y’avait eu des gens, là-dehors, déterminés à lui ruiner la vie. Des fois, pour s’excuser un peu d’l’attitude qu’il avait eue jusque-là, le brun s’disait que même s’il avait pu vouloir tourner la page et essayer de l’faire, l’omniprésence des Drake dans sa vie, aurait rendu tout ça impossible. Alors ouais, il avait fait comme il avait pu avec le présent qu’on lui avait donné, à l’époque: un coeur brisé, d’la solitude en guise de ‘punition’, soi-disant parce qu’il avait eu la mauvaise idée d’aimer la mauvaise fille. Et puis toute une histoire juridique qu’il avait trainé à son pied comme un boulet. Parfois, il aurait aimé que toute cette histoire aille jusqu’au procès, qu’on l’foute devant un juré qui le déclarerait innocent une bonne fois pour toutes: là, c’qu’il avait eu, ç’avait été une bande de flics frappant régulièrement à sa porte, l’embarquant à coup de grands actes, avec les menottes et tout le cirque qui allait avec. Encore et encore, il avait eu l’impression d’rejouer les mêmes scènes, pendant des heures interminables à s’faire confronté par des gens qui, eux-mêmes, n’y croyaient même plus. La faille, c’était qu’il n’avait jamais eu d’alibi solide; il s’était disputé avec Shea, elle l’avait traité d’tous les noms, et elle était partie d’son côté, et lui du sien. Il était rentré chez lui, sans s’faire remarquer, sans vouloir parler de c’qui était arrivé à qui que ce soit - ni à Rebekah, ni à Asteria elle-même. Et voilà où c’en avait été pendant si longtemps; au moment où ce qui était arrivé était arrivé, il avait été dans son lit, à ruminer sa colère, des questions tortionnaires, des hésitations mordant son ventre, et des ressentiments qu’il avait eu la légitimité d’éprouver à l’égard d’son ancienne amie. Dix ans plus tard, il soutenait qu’y’avait encore tout un fossé entre ça, c’qu’il avait éprouvé, la frustration qui lui avait noué les tripes, et l’acte même d’faire disparaître quelqu’un. Shea, quoiqu’on puisse en dire, elle avait été loin d’avoir les meilleures fréquentations qui soient - elle, à n’en pas douter, elle avait toujours eu quelqu’un avec qui passer la St Valentin. Et l’amour pour elle, ça n’avait rien eu à voir avec l’histoire de Rafe et Terry qu’elle avait tant jugée et si âprement insultée. Lui, il pouvait au moins dire qu’il avait amené dans la vie de son ex-petite-amie, plus d’amour que Shea n’en avait jamais reçu, d’la part de tous les sales types qu’elle avait pu se trainer. Aucun d’eux n’avait eu une gueule de mexicain, ouais, et pourtant, jamais les apparences n’avaient été plus trompeuses qu’avec ces types-là. Quelle ironie, hein. Une décennie était passée, mais il pourrait encore en ricaner jaune: avec le temps, d’toute manière, ce qu’il avait amassé en lui à l’égard des Drake, c’était assez de véhémence pour s’foutre de ce qui pouvait bien leur arriver.

Ça, c’était l’illusion sur laquelle il avait dû tenir bon, jusqu’à ce qu’Asteria entre dans sa vie à nouveau. Maintenant, assis dans cette foutue salle d’attente, tout c’qu’il arrivait à penser, c’était des questions existentielles débiles: est-ce que c’était la dernière fois qu’ils se verraient, Asteria et lui? En plus, avec la stupide saison de Game of Thrones qui venait de s’terminer, c’est pas comme s’ils avaient eu beaucoup de prétextes pour s’envoyer des sms sans arrière-pensée, ces derniers temps. Est-c’que, de toute manière, l’idée de se débarrasser de ce bébé n’était pas symptomatique d’un non désir de lier sa vie à la sienne, d’une quelconque façon? Avec un enfant, ou peut-être même en amitié. La blonde, elle avait été bien contente elle aussi, qu’ils n’fassent que coucher ensemble, la nuit où ils s’étaient retrouvés, après tant de temps. Et d’toute façon, comment pourraient-ils prétendre à quoique ce soit, alors que dans leurs crânes, chaque moment partagé n’ferait que les ramener à ce point décisif-là, dans cette salle d’attente, à patienter jusqu’au rendez-vous où un médecin ferait il ne savait quoi, pour détruire dans l’oeuf, ce qui aurait peut-être pu être, hein? Au bout d’un moment, fallait s’rendre à l’évidence- y’avait quelque-chose dans le Destin, dans l’air ou au Ciel (même s’il n’croyait pas en Dieu) qui avait décidé qu’eux deux, ça n’marcherait pas. Et putain, on s’appliquait bien à leur foutre des bâtons dans les roues, des histoires rocambolesques et blessantes pour bien les ruiner: après la séparation douloureuse, où elle était partie à l’autre bout du monde et où il avait été trainé par la police jusqu’à un commissariat pour être accusé d’être responsable de la disparition de la soeur de la jeune femme; maintenant, c’était un bébé inattendu et non-désiré, qui venait foutre le bordel. Combien de nuits sans conséquence et sans prise de tête avait-il déjà connues, avec d’autres femmes, Rafe, hein? Il n’avait jamais eu à s’retrouver dans une salle d’attente de c’genre - et même, merde, techniquement, s’il devait s’mettre à discuter avec cette entité invisible qui s’appliquait à lui pourrir la vie, il pourrait bien argumenter qu’il avait mis un putain de préservatif pour éviter cette situation. « Ouais, j’suppose que c’est aujourd’hui. Quatorze février. Tu penserais qu’ils éviteraient de foutre des rendez-vous à cette date, au cas où... » comme s’il était soudainement nostalgique de la signification de cette stupide date. Depuis dix ans, il avait arrêté de s’préoccuper de cette fête des amoureux débile. Ouais, c’était commercial comme tout, hein, pourquoi s’prendre la tête? Et pourtant, il ne put s’empêcher d’avoir un fin sourire, juste au coin de ses lèvres, quand Asteria sembla adhérer à son idée de chocolat, pour après. Après quoi? Un rendez-vous chez un genre de psy qui allait leur demander ce qu’ils voulaient? Le savaient-ils seulement? Ou carrément l’opération elle-même, faite il ne savait comment, tuant définitivement cette idée, de cet enfant, naissant d’eux deux? Et s’il n’en était pas capable, hein? D’passer outre, de rester au côté d’Asteria une fois tout ceci passé, une fois ces images gravées dans sa mémoire, part de sa vie, de ses choix? Quand on était un mec comme lui, on ne s’préoccupait pas d’se faire une idée bien déterminée sur l’avortement; alors même de c’point de vue-là, il n’savait pas ce qu’il en pensait. Mais il avait été celui contre l’adoption- contre l’idée de mettre son enfant dans le système qui l’avait tant fait souffrir pendant des années et qui l’aurait volontiers laissé crever dans la rue, en taule, ou dans l’meilleur des cas, un centre de redressement, si Rebekah n’l’avait pas repêché. Alors quoi? Il n’pouvait pas forcer Terry à faire quoique ce soit- c’n’était pas lui, ça, contrairement à ce que les parents d’la jeune femme avaient pu véhiculer comme image de lui, dans tout l’quartier dans lequel il avait cru enfin pouvoir être sauf, quand sa mère adoptive l’avait ramené chez elle. « J’crois que si on fait vraiment c’qu’on a dit, on aura d’quoi compenser les années que t’as passées sans recevoir de chocolats. » sans se retenir, le brun avait levé les yeux au ciel, parce qu'il était persuadé qu’elle exagérait, lui. C’n’était pas dans sa nature, à Asteria, d’adopter la même ligne de conduite que lui, froid qu’il était désormais, face à toute perspective de connaître l’amour avec qui que ce soit. Lui, il n’pouvait s’empêcher de se souvenir de sa petite-amie si jeune qui avait eu tant d’espoirs, tant de rêves- tant besoin de quelqu’un pour l’aimer au quotidien et être tendre avec elle. Et si pour eux deux, ça devait être trop tard, peine perdue, une occasion ratée, alors tout c’qu’il voulait, c’était qu’y’ait quelqu’un dans la vie de la jeune femme, quelque-part, n’importe où, pour lui donner ça.

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MessageSujet: Re: (rafe/stv), dancing in the dark with you between my arms. Dim 11 Mar - 12:09

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Plus jeune, Asteria, elle avait été le genre de fille qui croyait en l’amour. Elle avait été assez idéaliste pour rêver au prince charmant et se dire que l’amour, c’était ce truc formidable qui devait forcément combler de bonheur. Peut-être que si elle avait tant couru après ça, ça avait été aussi parce qu’elle avait eu l’impression de ne jamais avoir été vraiment aimée par ses parents. Elle avait surtout été la gamine qu’on oubliait dans son coin, quand Shea elle, elle avait toujours eu l’attention de ses parents. Elle les avait entendu lui dire à quel point ils étaient fiers d’elle, dès qu’elle avait ramené une bonne note à la maison, quand elle, on s’était toujours contenté de lui dire que c’était bien, sans s’étendre davantage sur le sujet. Elle avait toujours voulu rencontrer quelqu’un qui l’aimerait vraiment, qui pourrait apprécier la personne qu’elle était plus qu’on ne l’avait jamais fait dans sa propre famille. C’était ce qu’elle avait trouvé avec Rafe. Il était la première personne avec qui elle s’était sentie aussi bien, aussi aimée, comme si dans ses yeux à lui, enfin, elle s’était sentie avoir de la valeur, quelque chose qui lui était propre et qu’on ne cherchait pas à la comparer à sa sœur aînée. C’était pour ça qu’elle s’était toujours sentie aussi bien dans les bras de Rafe. Elle lui avait tout donné à Rafe, il avait été son premier amour, son premier baiser, sa première fois. Le premier et le seul sans doute, à qui elle avait donné son cœur et son corps sans craindre qu’il ne détruise tout ça et l’abandonne dans son coin. Ça faisait dix ans maintenant et pourtant, Asteria elle savait très bien qu’elle n’avait pas connu à nouveau ce genre d’amour dans sa vie, que ça avait été unique et beau et que personne n’avait jamais réussi à la refaire se sentir aussi aimée et comblée de bonheur. Elle n’avait été qu’une adolescente à l’époque, mais Rafe, il avait été le premier à l’aimer vraiment et c’était un sentiment qu’elle n’avait pas pu oublier, même si les années qui s’étaient écoulées depuis cette histoire avaient été nombreuses.

La saint-valentin alors, ce n’était pas sa fête préférée dans l’année. Ça avait été bien quand elle avait pu la célébrer avec Rafe, mais après, y avait personne avec qui ça avait eu autant d’importance. Elle avait vite oublié ce que pouvait représenter la saint-valentin pour les amoureux, quand elle s’était retrouvée toute seule en Australie, enfermée dans un pensionnat religieux dans lequel l’amour et tout ce qui pouvait aller avec avait presque était tabou. On avait bien essayé de lui faire comprendre qu’elle épouserait un homme un jour, avec qui elle serait toute sa vie et à qui elle donnerait des enfants, parce qu’évidemment, c’était son seul rôle dans la vie, en tant que femme. Après ça, elle avait bien connu quelques histoires et elle s’était accrochée à l’idée qu’elle pourrait bien être amoureuse et heureuse, mais rien n’avait semblé être assez bien pour elle que ce qu’elle avait connu avec Rafe. Il n’avait jamais quitté ses souvenirs et ses songes et même s’il lui avait fallu beaucoup d’années et le courage d’enfin résister aux volontés de ses parents, elle était revenue vers lui. Peut-être qu’après dix ans, c’était trop tard, mais juste cette soirée avec lui, elle lui avait de nouveau donné l’impression d’être importante, d’être autre chose qu’une pauvre fille ratée dont personne ne voulait. Ce n’était pas juste alors que la suite de cette histoire ait à se dérouler ici, dans une salle d’attente parce qu’elle était enceinte et que la seule façon de régler tout ça, c’était qu’elle se fasse avorter. Pour le coup, elle aurait aimé être une bonne chrétienne et être contre l’avortement, ça lui aurait ôté une possibilité et tous les doutes qui pouvaient être liée à cette dernière. Mais elle n’était pas comme ça Asteria, elle ne croyait même plus en Dieu maintenant. A trop vouloir lui bourrer le crane avec ces conneries, ses parents avaient juste réussi à l’en éloigner davantage. Elle ne voulait pas finir comme eux. « Nan, je crois qu’ils s’en foutent eux, faut qu’ils remplissent leur emploi du temps et puis c’est tout. » Et il avait fallu que ce soit eux qui tombent sur le quatorze février. Qu’est-ce que ça aurait changé si ça avait été un autre jour ? Finalement, le fait que ça tombe aujourd’hui, ça semblait juste donner à Asteria une bonne raison supplémentaire de détester cette journée, peu importait l’issue de celle-là. Est-ce que ce n’était pas quand même son bébé qui grandissait au fond de ses entrailles et qu’elle était venue détruire ? Elle n’avait rien contre l’avortement, elle pensait que les femmes avaient le droit de disposer de leur corps comme elles le voulaient et que si elles n’avaient pas envie d’avoir un enfant, c’était leur droit. C’était son droit à elle aussi de ne pas vouloir d’enfant, de ne pas se sentir prête, mais elle était encore assise sur cette chaise, dans la salle d’attente, qu’elle regrettait déjà son choix. Peut-être qu’elle n’avait pas assez réfléchi, qu’elle n’avait pas tout pris en compte. Peut-être qu’il y avait une autre option qu’elle n’avait pas pris en compte, peut-être qu’elle n’avait tout simplement pas envie de faire ça. Pourtant elle restait là, les fesses vissées à sa chaise, à sursauter à chaque fois qu’un nom était appelé dans la salle d’attente, alors qu’elle appréhendait beaucoup le moment où ce serait le sien qui se ferait entendre. « Ouais, je crois aussi. » Elle mériterait bien de se goinfrer de chocolat en ressortant de là non ? Et puis si on pouvait lui laisser la chance de boire plus que de raison, elle ne s’en priverait pas non plus. Après ça de toute façon, est-ce que la saint-valentin aurait encore de l’importance ? Comment est-ce qu’elle pourrait prétendre que quelqu’un quelque part puisse encore l’aimer alors même qu’elle commençait déjà à se détester elle-même, sans même avoir franchi le pas ? « Et si on le fait pas vraiment est-ce que … » Elle n’arriva même pas à finir sa phrase alors qu’elle avait l’impression de manquer cruellement d’air. Est-ce que ce serait grave ? Est-ce qu’il lui en voudrait si elle revenait sur sa décision et qu’elle décidait de se lever pour partir de là ? Il avait dit que c’était à elle de prendre la décision parce que c’était elle qui le portait ce bébé et elle s’était cru plus forte qu’elle ne l’était quand elle l’avait prise cette décision. « Faut que je prenne l’air. » Elle s’était levée de sa chaise, abandonnant son manteau et son sac là, comme pour laisser l’assurance qu’elle allait revenir, ou juste parce qu’elle n’avait pas eu le temps d’y penser alors qu’à peine dehors elle se retrouva à quatre pattes en train de gerber sur un pauvre buisson qui n’avait rien demandé à personne. Elle ne savait même plus si c’était les habituelles nausées qui reprenaient le dessus ou juste cette impression d’être complètement dégoutée d’elle-même qui s’exprimait maintenant. Elle se sentait mal en tout cas, vraiment mal, au moins, l’air frais qu’elle pouvait respirer dehors lui donnait un peu moins l’impression qu’elle allait s’évanouir, c’était peut-être déjà ça.



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MessageSujet: Re: (rafe/stv), dancing in the dark with you between my arms. Jeu 15 Mar - 0:51

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La plupart du temps, Rafe n’avait pas eu la prétention d’savoir ce qu’il faisait de sa vie. A son âge déjà - trente-deux ans, quand même - il n’savait pas de quoi son lendemain serait fait, ni c’qu’il pouvait bien désirer, quand il s’imaginait vieux et grisonnant, à n’avoir rien d’autre à faire que ressasser le passé. Parfois, il s’disait que ç’avait été con franchement, d’pas essayer l’Université, d’pas faire quelque-chose de constructif de ce côté-là ; d’pas avoir eu plus de foi et de volonté, que ceux qui l’avaient harcelé pendant des années, et avaient activement essayé de ruiner sa vie. On pouvait bien dire que pendant un long moment, le brun, il s’était laissé faire: les Drake et l’destin tout court avaient eu le champ libre pour continuer de l’emmerder, d’lui taper et taper dessus comme s’il avait été un punching-ball qui n’existait que pour leur permettre d’se défouler. Pour quoi d’autre serait-il encore là, hein? Sa famille n’avait jamais existé- son père, il n’l’avait jamais connu et sa mère, elle avait préféré n’importe quelle débauche à lui, ou à ce qu’il pourrait lui apporter dans sa vie, comme amour, comme réconfort, ou présence quelconque. Y’avait aussi une décente chance qu’elle ait également choisi dans tout ça, la compagnie d’un connard qui la tabassait, plus que celle d’son propre fils. Son sang. Sa chair. Rafe, il n’croyait pas au côté sacré des enfants, dont tous les parents aimaient parler aux autres, comme si leur progéniture étaient la plus belle chose qui soit, la prunelle de leurs yeux et qu’au fond, c’n’était que naturel de ressentir d’telles choses. A n’en pas douter, sa génitrice n’avait jamais éprouvé de telles émotions et des sentiments pareils à son égard- sinon, elle n’aurait jamais pu l’abandonner comme elle l’avait fait. Elle en aurait eu quelque-chose à foutre, d’savoir si oui ou non il finirait au fond du trou, ou par s’en sortir d’une quelconque façon. Et des années plus tard, la seule chose que le brun avait trouvé à faire pour relativiser, c’était prendre en compte c’dont il se souvenait vis à vis de sa mère, et s’dire qu’il aurait pu finir bien pire. Un peu comme elle. Il avait au moins un job décent, qui lui permettait d’avoir un toit sur la tête- et malgré les tentatives de beaucoup d’gens, fallait croire, il n’avait pas fini en prison. Il n’s’était jamais drogué non plus, question d’principe, parce qu’il n’avait que trop bien vu, enfant, l’effet destructeur de ce cercle-vicieux. Et s’il buvait quelques bières parfois, qu’il en avait besoin d’autres fois pour s’vider la tête, il était loin d’être un alcoolo, au sens drastique du terme. Son seul défaut, c’était de fumer, non? Quelque-chose d’pas si terrible que ça- autrement, lui, il voulait bien croire qu’il n’gérait pas trop mal sa vie. Et malgré tout, ouais, il n’avait aucune idée d’savoir ce qu’il en faisait: c’était le présent, le plus important, non? Une chose facile à s’dire quand on était tout seul, un célibataire sans attache et rien d’autre comme repère que la solitude et la possibilité d’vivre librement. Mais il avait une responsabilité vis à vis d’Asteria - un rôle qu’il avait été assez con pour vouloir endosser quand elle avait eu besoin d’son aide, comme s’il était un chevalier servant tout droit sorti d’ses rêves, et non pas l’erreur monumentale qui avait bouleversé sa vie.

Ils n’en avaient pas parlé, hein - bien sûr qu’ils n’en avaient pas parlé, comment pouvaient-ils le faire, dix ans plus tard? - mais le Hollins s’doutait bien, de son côté, que la blonde avait dû finir par se persuader que leur passé commun était une erreur. Que c’était la source de tout ce qui avait été bouleversé dans sa vie: la disparition de Shea, et même le déménagement de sa famille en Australie, la coupant nette du moindre contact avec ses amis, ou avec tout ce qu’elle avait pu connaître depuis sa plus tendre enfance. Lui, il essayait d’rester concentré sur ça; l’évidence qu’entre Asteria et lui, c’était fini depuis plus d’une décennie, et qu’il fallait croire que l’monde entier avait semblé s’imaginer que ça n’aurait jamais dû exister tout court. Et que d’toute manière, quand ils essayaient quelque-chose à nouveau, adultes et responsables, sans aucune limite d’âge, sans aucun jugement, ils arrivaient quand même à tout foirer. Ouais, il avait lui-même dit à Terry qu’il fallait être deux pour faire un bébé; alors l’évidence, c’était de s’rendre compte que c’était eux deux le problème. Non? Assis sur cette chaise, à quelques minutes à peine d’un rendez-vous bien décisif, Rafe n’avait pas posé la question, et il n’osait pas la poser- à quoi bon, bordel? Ça n’changeait rien au fait qu’Asteria n’se sentait pas prête à vouloir un bébé grandissant dans son ventre pour venir au monde et bouleverser sa vie dans moins de neuf mois. Et lui, lui, il n’pouvait clairement pas garantir pouvoir assurer d’une quelconque façon, d’l’autre côté: il pouvait toujours prétendre croire assez en lui-même pour essayer, mais sa propre histoire, sa propre construction génétique, lui prouvaient surtout qu’il n’était pas taillé pour ça. Il avait été aux premières loges pour voir c’que ça faisait, quand une fille s’forçait à avoir un enfant dont elle n’voulait pas, au fond, et pour lequel elle n’était pas prête à assumer sa vie: alors fallait croire qu’il était tout aussi peu partisan de forcer une femme à avoir un enfant, que ‘du système’ et du fonctionnement de l’adoption dans c’pays. Alors ouais, mine de rien, toute cette situation, c’était la décision d’Asteria plus que la sienne. Comment faire autrement? Lui, il vivrait avec. N’est-ce pas? Le coeur au bord des lèvres, hagard et nauséeux, le jeune homme n’avait pas l’courage de chercher des mots qu’il n’avait pas l’droit de dire. Il n’avait pas la prétention, d’toute manière, de répondre à toutes les demandes de la jeune femme, d’être là quoiqu’il advienne, et de trouver les mots ou faire les bonnes choses pour la défaire de ses peurs et de ses hésitations. Donc elle avait décidé d’avorter, et il était plus témoin et soutien émotionnel, qu’acteur de ce choix pour son avenir; il n’en avait fait que si peu, des vrais choix pour son futur, que d’toute manière, pourquoi désirer quoique ce soit? Rafe, il s’estimait déjà bien chanceux d’pas avoir mal tourné; d’avoir eu quelqu’un, quand il avait été gamin, qui avait pu croire qu’il valait mieux que c’qu’on lui avait toujours dit. Au final, l’simple fait d’être quelqu’un de décent et d’avoir un job normal, ça devait bien s’suffire à soi-même. Les délires de famille, les espoirs de bonheur- très peu pour lui. Il y avait renoncé quand on avait fait consumer c’genre de naïveté débile et aveugle qui venait avec l’amour, à cette époque où il avait encore été jeune. Il subissait, alors, pas mal d’choses; comme le fait que c’soit la St Valentin et que la date tombe à point. Ça le fit sourire d’un air sardonique, un énième sarcasme coincé entre ses dents: il s’était au moins quand même rendu compte que la nervosité d’Asteria n’l’ouvrait pas franchement à l’humour noir. Pensif, songeur - silencieux, Rafe s’attendit à ce que le silence retombe entre eux deux, un mur invisible qui semblait lui prouver que c’était trop même pour eux, et que lentement mais sûrement, ils s’éloignaient et s’éloignaient de plus en plus à chaque seconde. Lui, il avait arrêté de penser aux ‘et si’ qu’il n’pouvait pas formuler à haute voix, alors quand la blonde en lâcha un, il ne put que lui lancer un regard en coin, suspicieux, prudent. Une question qu’elle n’posa qu’à peine- juste avant de se lever, de le laisser là, pantois, sonné; ça lui rappelait un peu le même vide qu’il avait ressenti quand Asteria était partie tout court. Qu’elle était sortie de sa vie, et qu’il avait été tout seul tout d’un coup, à juste devoir combler les trous. Là, il dût en combler d’autres, les mots manquants de la jeune femme- les idées qu’il pouvait s’en faire en tout cas. Il tint de longues secondes ainsi, avant de ne plus tenir, de s’lever. Il s’arrêta sur son chemin vers la secrétaire, lui signalant qu’ils avaient des affaires ici, qu’il faudrait les surveiller. Et tant pis si l’inconnue sembla vouloir lui répondre qu’elle ne pouvait pas s’en occuper, Rafe était déjà parti, cherchant l’extérieur - l’air - cherchant Asteria. « Hey, qu’est-c’qu’y s’passe, hein? » et si l’incompréhension le fit paraître en colère de prime abord, le visage du jeune homme s’affaissa quand il se retrouva face à elle, ses yeux noirs plongés dans ses prunelles claires à elle; « Est-c’que ça va? » demanda-t-il sur un ton plus calme, plus concerné- moins noyé d’incompréhension. Peut-être que pendant tout c’temps depuis qu’ils s’étaient retrouvés, il ne s’était que trop peu intéressé à comment elle allait, vraiment. Il n’avait pas eu envie d’s’y frotter, au-delà des formules de politesse, trop conscient que ça pourrait bien assez vite devenir la conversation la plus réelle et douloureuse qu’il ait pu avoir, de toute sa vie.

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MessageSujet: Re: (rafe/stv), dancing in the dark with you between my arms. Jeu 15 Mar - 12:22

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Elle avait cru qu’elle pourrait aller jusqu’au bout de toute cette histoire, Asteria, qu’elle en était capable, parce que c’était la meilleure chose à faire. Elle était restée des nuits entières éveillée au fond de son lit à réfléchir à toute cette histoire. Elle avait pesé le pour et le contre et elle avait fini par se dire qu’avorter, ce serait mieux pour tout le monde. Pour elle, pour Rafe, mais aussi pour ce bébé au fond de ses entrailles qui aurait forcément une vie bien bancale s’il venait au monde. Ce n’était pas une décision qu’elle avait prise à la légère, sur un coup de tête. Elle y avait vraiment beaucoup réfléchi et elle n’avait pas l’impression d’avoir imposé sa décision à Rafe. Elle lui avait dit que c’était d’après elle, la meilleure chose à faire et il avait été évident, qu’elle lui avait dit ça en s’attendant à ce qu’il donne son avis sur la question. Il avait eu l’air plutôt d’accord avec elle, ou peut-être qu’il n’avait juste pas eu envie de la contredire. Elle ne savait pas trop, mais maintenant, la blonde, elle se disait qu’elle lui devait ça à Rafe, le fait d’aller jusqu’au bout de toute cette histoire. Si c’était ce qu’il voulait lui aussi, ça voulait dire qu’elle avait aussi une responsabilité envers lui et qu’elle ne pouvait pas le laisser tomber. Elle était convaincue que c’était la meilleure chose à faire et pourtant, les doutes revenaient au galop, alors que les minutes s’écoulaient, lentement mais surement dans cette salle d’attente. Elle avait peur Asteria, elle n’avait pas la réputation d’être une femme particulièrement forte. Elle se disait déterminée, pas du genre à baisser les bras si facilement et pourtant, c’était toujours ce qu’elle faisait. Elle ne se battait pas tant que ça pour ses rêves, elle ne s’était jamais beaucoup battue contre les volontés de ses parents, alors au final, elle était moins brave qu’elle voulait bien l’admettre et aujourd’hui n’en était qu’une preuve de plus.

Elle s’était enfuie de cette salle d’attente presque en courant tant elle n’en supporter plus l’ambiance. Elle n’était plus sûre de pouvoir aller jusqu’au bout, d’un coup, ça lui semblait trop difficile comme si ce qu’elle avait passé ces dernières semaines à qualifier de ‘ce bébé’ était soudainement devenu ‘son bébé’. Elle se demandait si y avait pas un genre d’instinct maternel naturel chez certaines femmes et que même si elle aurait été prête à parier qu’elle n’aurait pas ça elle, elle en était finalement dotée. Ce n’était pourtant pas ça qui ferait d’elle une bonne mère. S’enfuir comme ça, ça faisait surtout d’elle une lâche et une égoïste, elle allait à l’encontre de ce qui était le plus juste pour le bébé comme pour Rafe, tout ça parce qu’elle, elle n’était pas assez forte pour aller jusqu’au bout. Si elle le gardait cet enfant, est-ce qu’il n’allait pas finir par la détester, juste parce qu’à un moment, elle avait vraiment voulu s’en débarrasser ? Ou juste parce qu’elle serait la pire mère du monde ? Rafe était contre l’adoption et elle pouvait évidemment comprendre ça, de toute façon, si elle devait être réaliste, si elle n’avait pas le courage d’aller au premier rendez-vous médical pour l’avortement, y avait peu de chance pour qu’elle soit capable de laisser son bébé à quelqu’un d’autre après avoir accouché. Fallait croire que si elle ne ressassait pas, ce bébé était condamné à l’avoir elle comme mère et à première vue, c’était loin d’être un cadeau. Elle releva les yeux vers Rafe en entendant sa voix, hésitante tremblante, elle ne savait pas trop ce qui se passait en elle, dans le fond, alors c’était difficile de répondre à sa question. Tout ce qu’elle pu faire alors, ce fut de pleurer comme une idiote, incapable de retenir ses larmes plus longtemps. « Non, ça va pas … » Qu’elle parvint à articuler d’une voix faible, honteuse, alors qu’elle baissait les yeux vers le sol. « J’peux pas faire ça, je suis vraiment désolée. » Elle fut bien vite rattrapée par les sanglots. Elle ne pouvait pas faire ça, elle ne voulait même pas remettre les pieds à l’intérieur, peu importait ce qu’elle avait pu laisser là-dedans. Elle était vraiment désolée pour Rafe, d’être là à lui imposer ça. Souvent, elle se disait qu’elle était revenue à New-York pour lui, parce qu’après dix ans, elle n’avait pas réussi à l’oublier, qu’elle avait cru qu’elle pourrait de nouveau être avec lui. Mais sans doute que lui, il devait regretter amèrement qu’elle soit revenue après tout ce temps, pour encore compliquer sa vie. Elle était une malédiction dans on existence et y avait fort à parier qu’il puisse en arriver à souhaiter ne jamais l’avoir connue et elle pourrait le comprendre si ça devait être le cas, alors qu’elle avait bien conscience que dès le début elle n’avait fait que foutre la merde dans sa vie.


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MessageSujet: Re: (rafe/stv), dancing in the dark with you between my arms. Jeu 15 Mar - 14:44

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Il avait bien semblé à Rafe que pendant des années, la ligne conductrice de sa vie, ç’avait été ça: des gens partout autour de lui, et des événements explosant dans sa tronche, lui faisant comprendre que quelles que soient ses attentes et quels que soient ses espoirs, il n’arriverait jamais à atteindre c’genre de bonheur idéal qu’il aurait pu envier à d’autres. Il n’était pas né dans les beaux quartiers d’une ville particulièrement jolie - ouais, New York attirait les touristes, et il voulait bien croire que c’n’était pas la pire ville du monde. Mais quand on grandissait comme lui, en n’en voyant uniquement les quartiers les plus moches et les plus défavorisés, il était bien difficile d’relativiser. Et dans le monde qu’il avait côtoyé, les galères n’avaient eu de cesse de s’amasser: il avait vu sa mère compter ses sous plus qu’elle n’avait compté ses verres d’alcool ou sa prise de médicaments. Il avait été bercé, le soir, par le son de ses voisins s’disputant comme des hystériques. Presque tous les clichés qu’on pouvait trouver dans les séries policières dans les coins craignos, ces images qu’aucun temps passé dans une belle banlieue, n’avait pu effacer. Gamin, alors, il n’avait pas spécialement été éduqué à rêver, à avoir la tête ailleurs et à s’dire que son univers serait complètement bouleversé du jour au lendemain, au point qu’il puisse finir dans une belle maison à barrière blanche, avec des mômes et un clébard. Rien que d’un point de vue personnel, il n’s’était jamais imaginé faire un grand métier, accomplir des années d’études dans une Université hors de prix pour devenir médecin ou ingénieur ou n’importe quoi d’autre. Le brun avait toujours dû avoir une pointe de réalisme dans tous les projets qu’il avait pu s’construire dans un coin de crâne - et ça, même toute la période qu’il avait passée auprès de Rebekah, n’avait pu y changer quoique ce soit. Elle lui avait bien fait comprendre qu’ils pourraient s'en sortir s’il décidait de faire des études, quelle que soit la durée de celles-ci. Bien sûr, il avait bien compris également que ce n’serait jamais à Berkeley ou à UCLA qu’il irait faire celles-ci, mais il se serait bien contenté d’quelque-chose de moyen, au mieux, fut un temps. Alors ouais, si on devait lui reconnaître une qualité, à Rafe, c’était l’évidence qu’il avait au moins les pieds sur terre- qu’il était un réaliste dans l’âme, virant trop souvent au cynisme quand il était question d’sa vie: peu importait le nombre de fois où on lui demandait, aux fêtes de famille, quand est-ce qu’il comptait ramener une petite copine à ces occasions, ça n’venait pas. Rafe avait appris la solitude avec la pauvreté, la galère, et les déceptions. Pas d’quoi faire de lui un bon parent, hein? Son rythme de vie non plus, n’garantissait pas qu’il avait l’étoffe d’un père idéal- il gagnait sa vie, assez pour pouvoir vivre tout seul, dans son coin, sans s’poser de question. Mais qu’est-c’que ce serait, avec un môme à entretenir? Et d’toute façon, même s’il présentait aisément tout ça comme argument, même s’il pouvait se mettre à lister tous ceux-ci pour n’pas avoir à chercher plus loin, le Hollins s’disait aussi que dans sa génétique, dans la construction si misérable de sa propre existence, y’avait rien en lui, lui permettant d’être un bon parent.

Malheureusement, ouais, il continuait d’croire qu’il avait bien plus pris de ses propres géniteurs, que de Rebekah - c’était ça, la famille, après tout, nan? Rebekah l’avait sauvé d’la noyade, elle l’avait empêché de mal virer, mais ça n’changeait rien au fait qu’il les avait là, coincées dans sa tête, les images d’sa mère, les souvenirs rattachés à celle-ci et à l’absence du moindre père dans son monde. Et d’l’autre côté de l’histoire, hein? Y’avait Asteria, qui elle non plus, n’avait pas eu la vie toute rose - il le savait. Elle avait eu des parents d’merde, malgré les apparences, malgré le beau quartier dans lequel elle avait vécu; à croire qu’ils étaient surtout maudits, que c’n’était pas une question de finances ou de quartier dans lequel ils vivaient. Et si elle n’voulait pas de ce bébé, si elle n’voulait pas s’y risquer, qui était-il pour la contredire? Qui était-il pour essayer d’la convaincre du contraire? Il n’était pas un modèle d’bonne conduite et de choix irréprochables - il n’était pas l'homme à la vie idéale, celui qui avait tout compris et qui savait tout. Alors ouais, jusque-là, il s’était tu ; il était resté silencieux vis à vis de ses propres ressentiments, même alors qu’ils attendaient dans cette salle d’attente, et que le temps avait semblé se rallonger de façon considérable. Qu’aurait-il à dire? Il avait répondu ‘okay’ au choix de Terry, parce que lui, dans son coin, il avait été incapable d’en faire un. Peu importait la culpabilité et l’appréhension qui nouaient ses entrailles, qu’est-ce qu’il avait à offrir, d’l’autre côté, s’il s’mettait à exiger qu’Asteria mène cette grossesse à terme? Rien, rien du tout - certainement pas la garantie d’être un bon père. Et même, était-ce son choix, vraiment, d’espérer qu’elle garde ce bébé, que les mois restants passent, et qu’ils se retrouvent tous les deux avec un enfant sur les bras? Comme disait l’autre, c’était ‘dix-huit ans de leurs vies’ au minimum, rattachés à cette nouvelle existence qui n’avait rien demandé, et qui serait totalement dépendante d’eux. Un autre pauvre gosse qui n’pourrait pas rêver grand, ni penser à aller dans une grande Université, ni s’voir devenir médecin ou astronaute - parce que ses parents n’auraient carrément pas les moyens, d’toute façon. Et pourtant, ce fut un « Okay... » qu’il répondit à Asteria en premier lieu; comme si elle soulevait de sa poitrine une pression et qu’elle le soulageait, plus qu’autre chose. C’était-... trop compliqué, cette histoire. Il aurait bien pu le dire, là maintenant, l’admettre, baisser sa garde, mais il pinça les lèvres; « On peut-... » mais il s’interrompit, peu désireux de finir sa phrase; ‘on peut faire ça un autre jour’, parce que peut-être que c’n’était qu’une question de date, d’hésitation là maintenant, qui lui passerait bien assez vite, les ramenant dans ces mêmes circonstances. Était-ce ce qu’elle voulait vraiment, au fond du fond? « Hey... c’est pas grave, okay? Ça va aller. » peut-être bien que tout ce qui importait là maintenant, c’était qu’il soit là pour elle. Qu’il franchisse cette distance entre eux, pour venir la prendre dans ses bras, parce que la voir pleurer lui faisait - encore, dix ans plus tard - mal au coeur. Ce qu’il fit, tant bien que mal, son coeur tambourinant contre son poitrail, hésitant et pourtant. Pourtant, en attirant la blonde jusqu’à lui pour venir passer ses bras autour de sa taille, ce fut comme revenir à la maison, réappartenir à quelque-chose, à quelqu’un, après s’être perdu pendant trop longtemps.

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MessageSujet: Re: (rafe/stv), dancing in the dark with you between my arms. Jeu 15 Mar - 20:52

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Etre mère, c’était effrayant aux yeux d’Asteria. Elle savait bien que si elle mettait cet enfant au monde, toute sa vie en dépendrait. Est-ce qu’elle était prête à consacrer toute sa vie à un autre être qui ne s’en sortirait jamais sans elle ? Elle n’en était pas convaincue Asteria. Ça lui faisait vraiment peur la perspective de devenir mère. Et si elle allait jusqu’au bout et qu’elle se rendait compte qu’elle n’était pas faite pour ça ? Est-ce qu’elle finirait par abandonner son enfant quelque part, dans un commissariat ou dans un hôpital, comme la mère de Rafe avait pu le faire ? C’était un comportement qui l’avait toujours dégoutée, Asteria. Elle connaissait son histoire à Rafe, évidemment. Avant même de le connaitre, elle avait entendu ses parents faire une réflexion sur Rafe et Rebekah en signalant qu’elle était trop blanche pout être la mère d’un enfant pareil. Quand elle avait appris à le connaitre, il lui avait dit pourquoi elle n’était pas sa mère, il lui avait parlé un peu de la sienne et elle n’avait jamais compris comment une mère pouvait abandonner son enfant comme ça, sans un commissariat avant de se barrer et ne jamais revenir. Elle n’avait pas les meilleurs parents du monde, au contraire, elle avait tendance à les détester pour tout ce qu’ils lui avaient fait subir, mais au moins, ils n’en avaient jamais eu assez marre d’elle pour se barrer sans elle. Ils l’avaient oublié dans son coin à leur façon, mais c’était différent. Elle ne voulait pas être comme ses parents, mais elle ne voulait pas non plus être comme la mère de Rafe. Devant les doutes, les craintes, l’avortement avait été le meilleur choix possible. Si elle en arrivait à se poser toutes ces questions sur la mère de Rafe, sur ce qu’elle avait pu ressentir pour en arriver là, c’était forcément qu’il ne fallait pas qu’elle garde cet enfant non ? Elle ne voulait pas risquer de lui imposer une vie comme celle que Rafe avait dû connaitre, c’était beaucoup trop injuste pour un enfant.

Pourtant, dans cette salle d’attente, la blonde avait été obligée de se confronter à l’évidence qu’elle n’était pas prête non plus pour l’avortement et que si elle avait encore besoin de temps pour réfléchir, elle allait finir par dépasser la date butoir. Peut-être qu’y avait une partie d’elle qui voulait ça, qu’on lui annonce que c’était trop tard, comme si ça pouvait la soulager d’un poids. Elle se disait que c’était ce qu’elle devait faire, mais si elle n’en avait pas la possibilité, au moins, ça rendrait sa lâcheté un peu plus facile à supporter. Elle ne savait plus ce qu’elle voulait pour le moment Asteria. Elle était complètement perdue, si bien qu’elle en arrivait à se demander si le fait d’avoir son bébé dans les bras ne pourrait pas tout changer. Elle avait un cœur après Asteria, elle était une personne aimante, qui s’attachait facilement aux autres, alors pourquoi pas à ce bébé hein ? Peut-être qu’être mère, ça pouvait s’apprendre et qu’elle aurait des débuts difficiles, mais qu’elle finirait par y arriver. Est-ce que c’était si impensable que ça ? Pour se rassurer, elle avait envie de dire que non et pourtant, y avait toujours la voix de sa mère dans un coin de son crane pour lui répéter qu’elle n’était qu’une incapable et qu’elle n’y arriverait, évidemment jamais. Elle avait toujours tout raté, pourquoi est-ce qu’elle réussirait ça hein ? Elle était venu à New-York, avec des rêves plein la tête et qu’est-ce qu’elle avait accompli depuis qu’elle était là ? Rien du tout. Tout ce qu’elle pouvait faire maintenant alors, c’était pleurer comme une idiote, comme si c’était ça qui allait résoudre tout ses problèmes. Elle les avait retenues pendant trop longtemps ses larmes. Depuis qu’elle se savait enceinte, elle luttait comme elle pouvait pour ne pas éclater en sanglot, pour au moins nourrir l’illusion qu’elle était assez forte pour gérer toute cette histoire. Elle n’y arrivait plus à présent. Fallait croire que cette trop longue attente dans cette salle d’attente, ça avait été la goutte d’eau faisait déborder le vase et maintenant, elle craquait comme une gamine. Au moins elle n’était pas toute seule. Elle se sentit quand même soulagée en se retrouvant dans les bras de Rafe, comme si d’un coup, elle se sentait protéger de toutes les choses horribles de la vie, de tous les sales coups que le destin ou elle ne savait trop quoi semblait décidé à lui infliger. Elle passa ses mains dans le dos de Rafe, pour l’étreindre à son tour, maintenant qu’il était la seule chose à quoi elle pouvait encore se raccrocher. « Je sais pas quoi faire, Rafe. » Elle était perdue, plus que jamais. Avant de venir jusqu’ici, elle avait cru être assez sûre d’elle pour aller jusqu’au bout, elle avait décidé d’avorter et avant de venir ici, elle avait été plutôt au clair avec sa décision, elle avait cru que ce serait vite réglé et que sa vie redeviendrait ce qu’elle avait été et qu’au passage, elle libérerait aussi Rafe de toute cette histoire. Maintenant, elle était juste perdue, apeurée aussi en plus de se sentir complètement abattue. Elle avait la désagréable impression que sa mère avait eu raison sur toute la ligne, qu’elle était incapable de faire quoi que ce soit dans sa vie, que tout ce qu’elle entreprenait, elle le laissait tomber en cours de route pour passer à autre chose, ou qu’elle échouait tout simplement. Elle avait lutté pendant des années pour ne pas se laisser démoraliser par les paroles de ses parents, elle avait quitté le pays pour les fuir et ils lui revenaient en pleine face aujourd’hui. S’ils avaient bien un truc en commun Rafe et elle, c’était qu’ils savaient bien ce que ça faisait, des parents qui regrettaient de les avoir eus comme enfants. Est-ce que ça pouvait faire d’eux des bons parents ça ? Des gens à peu près motivés à ne pas devenir comme ça ? Ou bien est-ce qu’ils étaient programmés à reproduire les erreurs de leurs parents ? C’était compliqué, effrayant et Asteria elle n’était vraiment pas taillée pour supporter ça.


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MessageSujet: Re: (rafe/stv), dancing in the dark with you between my arms. Mer 21 Mar - 17:01

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Il s’était toujours demandé comment on pouvait se retrouver dans une telle situation, Rafe. Comment sa mère, par exemple, avait pu s’retrouver à avoir un enfant, alors que ça n’avait clairement pas été ce dont elle avait eu envie : pour le peu de souvenirs qu’il conservait de celle-ci, il se souvenait aussi qu’elle avait été jeune, paumée et seule. Un vrai mauvais cocktail pour accueillir un bébé et l’assumer d’une quelconque façon. Et pourtant, ils avaient toujours eu un toit sur leur tête : parfois, plus grâce aux copains cons de sa mère plutôt que grâce à elle-même mais il y avait aussi eu de longues périodes pendant lesquelles le jeune Rafael avait vu sa mère subvenir à leurs besoins, à elle toute seule. Et d’aussi loin que sa mémoire remontait, le brun s’rappelait également s’être toujours dit qu’il n’vivrait pas comme ça, et qu’il n’laisserait pas ses enfants, s’il devait en avoir, vivre d’une telle façon également. Accident ou non, alors, c’n’était pas différent – c’était d’Asteria dont il était question, après tout, et non pas d’une nana qu’il aurait mise en cloque deux semaines après l’avoir rencontrée, comme ça, pendant une nuit qu’il aurait considérée sans importance. Il avait essayé, tant bien que mal, d’faire en son âme et conscience, c’qu’il jugeait être le mieux, pour Terry et pour lui-même ; peut-être bien que rester d’côté, rester en retrait dans toute cette histoire, avait aussi été une bonne chose pour lui, un moyen de n’porter que la moitié d’son fardeau, plutôt que de vraiment prendre son rôle, là où on avait besoin de lui. Rester dans cette salle d’attente et attendre comme un crétin en s’disant que la blonde allait revenir, ç’aurait été continuer dans cette lancée – s’accrocher au déni et n’surtout pas laisser à la jeune femme, la moindre porte ouverte pour exprimer c’qu’elle ressentait. Est-c’qu’il aurait été un tant soit peu capable de laisser Asteria pleurer dans son coin, comme ça, dans la rue, agissant comme si de rien n’était d’son côté à lui, juste parce qu’elle ne l’faisait pas sous son nez ? Il n’était pas stupide après tout, et l’atmosphère qui avait plané entre eux deux depuis l’instant où ils s’étaient retrouvés dans cette clinique froide et inconnue, ne lui avait certainement pas échappé. Et puis mine de rien, l’air frais lui fit du bien, une caresse doucereuse de vie, là où il avait cru qu’il pourrait bien étouffer dans l’espace confiné d’un endroit où il n’avait pas spécialement eu envie d’être. Peut-être qu’il aurait fini cette journée en ayant des regrets, s’il avait laissé la Drake faire, si Terry elle-même n’avait pas eu des hésitations si fortes, qu’elles lui avaient faites prendre la fuite : là maintenant, face à elle, dans le froid de l’hiver, Rafe n’savait pas quoi dire. Est-c’que ça servait à quelque-chose, encore maintenant, d’lui dire qu’il était ‘bien content’ d’une certaine façon, qu’elle ait été moins tenace que lui, qu’elle ait été la première à hésiter et à craquer ? Est-c’qu’il l’aurait fait, lui, à un moment, avant le rendez-vous décisif qui aurait dû tout changer ? Rafe n’avait rien d’autre à lui offrir qu’un genre de remerciements pour le sursit qu’elle mettait sur leurs têtes, face au tsunami d’hésitations avec lequel ils vivaient depuis de longues semaines déjà : parce que d’l’autre côté, il n’pouvait pas lui garantir bonheur et succès. Il n’pouvait pas lui jurer que tout irait bien, ou qu’il savait c’qu’il faisait, quand il était face à elle, si fort et si stable alors qu’elle avait fondu en larmes.

Elle n’savait pas quoi faire, et lui non plus, il n’savait pas quoi faire. C’était ça la réalité, la vérité qui faisait que, peut-être bien l’option que leur offrait cet hôpital, était la meilleure qui soit. Ce serait la plus facile sans conteste, comme balayer la poussière sous le tapis, et prétendre que tout irait bien après ça ; l’avortement était un acte commis sur un choix, sur une journée, avant que la vie n’suive son cours. Mais au fond, le Hollins n’savait même pas quelles répercussions ils auraient eu à porter sur leurs épaules encore après tout ça ; est-c’qu’ils auraient été poursuivis par le regret, par le dégoût, par l’incompréhension ? Est-ce qu’il aurait été capable d’regarder Asteria dans les yeux à nouveau, en sachant c’qu’ils avaient fait- ce qu’ils avaient décidé de faire ? Est-c’que ce serait un reproche latent entre eux deux, si fort qu’il aurait fini par tout gangréné dans leur histoire ? Pour sûr, c’genre de fin aurait été pire encore que celle dont ils avaient tant souffert, dix ans plus tôt, quand la blonde, elle, avait dû embarquer dans un avion avec sa famille, direction l’Australie, et la promesse qu’ils ne se reverraient plus jamais. A croire qu’il n’y avait pas d’bonne option, pas d’bon choix à faire ; c’était désarmant, non ? Assez pour que Rafe n’ait rien à répondre à Terry, quand elle fut lovée dans ses bras, encore en train de pleurer, et qu’il aurait eu envie d’trouver les paroles idéales pour la rassurer, chasser ses peines et ses doutes, et que tout devienne clair, pour l’un comme pour l’autre. Tout ce qu’il put faire, c’est caresser son dos, frotter celui-ci avec sa paume en ces gestes habituels qu’on faisait à ceux qui avaient besoin de réconfort : il s’demandait presque, au-delà des apparences, si c’genre de geste entre eux deux, avait quoique ce soit à voir avec ce qu’ils avaient connu, quand ils avaient été ouvertement si amoureux l’un de l’autre, et heureux. Ça remontait à si longtemps, et ç’avait été si unique dans l’existence du jeune homme que lui-même, quand il s’posait la question dans un coin de sa tête, il était incapable de trouver la réponse – incapable de savoir à quoi ça rimait ce qu’ils partageaient, Asteria et lui, désormais. « Ça va aller. » c’est tout c’qu’il put dire, ce qu’il réussit à répéter, avec ses gestes, avec son hésitation le prenant à la gorge. Il soupira pour lui-même, bien content d’échapper au regard clair de la jeune femme, là tout de suite, alors que fondaient sur lui tous les dilemmes du monde. Et si c’était vraiment mieux pour Asteria de faire cette procédure ? De s’débarrasser de toutes ces questions, de ces hésitations qui lui torturaient l’esprit ? Et s’il devait essayer de la convaincre de ça ? Etait-ce seulement possible ? Les mots lui manquaient, comme ils lui avaient manqué quelques minutes plus tôt, et qu’il n’avait pu rien lui promettre d’autre que d’lui trouver des chocolats de la St Valentin pour voir s’ils étaient vraiment meilleurs que les normaux. « J’suis là... t’es pas toute seule. » ça aussi, il savait qu’il l’avait déjà dit, avec la même honnêteté à vif, cette sûreté dans la voix qui se devait de n’pas faillir, pour elle tout autant que pour lui. « On devrait… aller à l’intérieur. J’ai vu, y’a de l’eau et-… » et il ne sut quoi dire d’autre, à l’intérieur, y’avait aussi le médecin qui était censé les voir d’ici quelques minutes, y’avait les affaires d’Asteria si elle avait besoin de les récupérer. Y’avait la secrétaire à qui ils pourraient dire qu’ils abandonnaient tout – ou cette fameuse salle d’attente où ils pourraient se rasseoir pour attendre leur fameux rendez-vous. « Si t’as besoin de temps… prends ton temps. » c’était bien ce que disaient les médecins, hein ? Tout c’qu’il savait, lui, c’était que si elle faisait cet avortement sans vraiment le vouloir, elle le regretterait toute sa vie, elle en serait malheureuse pour toujours et ça, il n’pouvait certainement pas le supporter. Et pourtant, qu’est-c’qu’ils avaient d’autre comme option, hein ? Devenir parents, tous les deux, dans ces conditions ? Eux deux, vraiment ? A croire que Rafe, s’il devait ouvrir la bouche pour dire c’qui lui pesait vraiment sur le cœur, c’qui lui filait la nausée à lui, il dirait également qu’il ne savait pas quoi faire – mais qu’est-c’qui leur resterait, franchement, s’ils devaient être tous les deux dans cette situation, paumés d’la même façon ? Pas d’quoi projeter un avenir bien glorieux.

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(rafe/stv), dancing in the dark with you between my arms.

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