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(rafe), but gravity, it pulls me into you.

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MessageSujet: Re: (rafe), but gravity, it pulls me into you. Mar 23 Jan - 12:46

cause we're just a couple of kids.
take me back to the night, we met in the yard Climbing up to the roof, hidden in the dark With a bottle of wine for two, though I'm already drunk off you. Then we both fell asleep, underneath the stars. We're young and naive, and you're tellin' me That someday, we'll run off together. I'm startin' to think, I'm stuck in a dream, Cause we're young and we don't know better.
rafe hollins et asteria drake

Si y avait eu une époque à laquelle Asteria avait pu se dire qu’elle voudrait avoir un jour des enfants, ça avait été pendant son adolescence, quand elle avait été avec Rafe et que l’amour avait ressemblé à un truc vraiment idéal, capable de la combler de bonheur et qui la poussait à vouloir un beau mariage avec des enfants. Mais, après, quand elle s’était retrouvée en Australie, plus seule que jamais, enfermée dans un pensionnat tenu par des nones qui avaient diabolisé sa relation avec Rafe, tout comme ses parents avaient pu le faire, l’amour, c’était devenu moins beau. Là-bas, tout ce qu’elle avait eu, ça avait été des souvenirs heureux, presque complètement détruits par son cœur qui avait été réduit en miettes et qui lui faisait bien trop mal. Alors, son beau mariage et ses enfants, ils avaient fini par complètement disparaitre de ses projets. Elle en avait eu d’autres des rêves, toujours trop ambitieux pour elle. Elle en avait passé des heures à écrire des histoires qui lui plaisait à elle mais qui de toute évidence, ne plairaient jamais à personne d’autre. Fallait bien qu’elle se rende à l’évidence aujourd’hui, elle n’était pas plus faite pour être mère qu’elle n’était faite pour être écrivaine. Ses rêves, ils étaient comme ça, beau et idéaux à un moment dans sa vie, avant d’être complètement réduits à néant par la vie elle-même. Elle ne pouvait pas gérer cette histoire de bébé toute seule, parce que c’était comme le reste, elle allait tout foutre en l’air. Y avait bien que Billie, pour croire qu’elle en était capable, Asteria elle, dès qu’elle se retrouvait loin de la rousse, elle se laissait de nouveau assaillir par les doutes et les craintes, qui finissaient par la persuader que c’était comme le reste, elle n’y arriverait jamais. Ouais, elle était comme ça Asteria, si douée pour tout rater.

Ça n’avait pas été le cas de Shea, bien entendu. Sa sœur aînée, elle, elle avait toujours tout réussi. Même physiquement, elle avait été plus fine, plus grande, plus élégante qu’elle, ce genre de femme qui aurait facilement pu être mannequin, là où Asteria, elle était trop petite, avec des formes un peu trop marquées. Shea, elle avait eu de beaux cheveux blonds, une peau plus teintée que sa cadette, des grands yeux bleus. Elle avait été parfaite sous tous les aspects. Elle avait tout bien réussi, le lycée, les études, des ambitions qui correspondait à tout ce qu’on pouvait attendre d’elle chez les Drake. Shea, elle avait plu aux hommes autour d’elle et en plus, elle n’avait ramené que des hommes à la maison, toujours des types de bonne famille, bien éduqués, alors qu’Asteria elle, le premier homme avec qui elle était sortie, ça avait été Rafe, un type à la peau déjà trop basanée pour ses parents, pas forcément l’élève modèle de la grande université du coin. Plus vieux qu’elle, trop vieux d’après ses parents. Après ça, ses relations amoureuses n’avaient pas davantage plu à ses parents. Quand elle avait ramené une fille avec elle, on avait dit que c’était une lubie passagère, encore un bon moyen de se faire remarquer, mais que, comme toutes le reste, ça finirait par lui passer. Ouais, Asteria, comparée à sa sœur, elle n’avait jamais été grand-chose. Juste le deuxième enfant qui était là, pour donner un équilibre à la famille, parce qu’être quatre, ça faisait mieux qu’être seulement trois. Elle avait l’impression Asteria, qu’y avait rien qu’elle puisse faire pour remonter dans l’estime de ses parents, parce qu’ils avaient encore leur parfaite Shea en tête, celle qui avait représenté tous leurs espoirs, celle qu’ils avaient, malheureusement perdue. Alors c’était évident, que ce n’était pas vers ses parents qu’Asteria allait courir pour chercher un semblant d’aide avec ce bébé. Elle ne voulait même pas qu’ils le sachent, parce qu’évidemment, ils ne feraient que la juger un peu plus sévèrement qu’ils ne le faisaient déjà.

Si Rafe ne voulait pas l’aider non plus, alors en effet, elle n’avait pas d’autre choix de faire ‘comme elle voulait’. Elle ne savait même pas ce qu’elle voulait la blonde. Elle ne se sentait pas à la hauteur du rôle de mère, à force d’être rabaissée plus bas que terre par ses parents, elle ne se croyait plus à la hauteur de grand-chose de toute façon. Au moins elle avait Billie, et déjà, alors qu’elle s’apprêtait à quitter l’appartement du brun, se faisant violence pour retenir ses larmes, elle se disait qu’elle allait aller chercher refuge chez la rousse. Cette dernière lui avait dit de lui raconter comment ça s’était passé avec Rafe, alors voilà, elle avait une bonne excuse pour aller pleurer chez son amie. Elle fut surprise, alors d’entendre la voix de Rafe et de le voir réapparaitre devant elle, la main sur la porte. Est-ce qu’il voulait vraiment la retenir ? C’était ce qu’elle interprétait de ses mots, de son geste, mais pourquoi ? Elle était bien naïve Asteria, mais pour le coup, alors que son cœur se faisait douloureux dans sa poitrine, elle n’avait pas envie de se faire des films. Elle n’avait pas envie de prendre la fuite, comme si, peu importait ce qu’il pouvait dire Rafe, elle était quand même mieux quand il était à ses côtés. « Okay. » Qu’elle se contenta de répondre dans un premier temps, un peu comme une idiote, légèrement paumée, qui ne comprenait pas ce retournement de situation. « Pas d’alcool. » Qu’elle reprit après, comme si ça répondait à la question du brun. Non, pas d’alcool, parce qu’elle était enceinte et pourtant elle mourrait d’envie de se noyer sous des litres d’alcool en ce moment, comme si ça pouvait l’aider à régler tout ses problèmes. Après tout, quand ça n’allait pas, une bonne cuite ça ne faisait jamais de mal. « Pas de café non plus, ils disent sur internet, qu’il faut limiter les doses … » C’était le genre de phrase qui prouvait deux choses : au moins, elle s’était interrogée sur ce qui était bon de faire ou de ne pas faire pendant une grossesse, c’était probablement une bonne initiative. Mais en même temps, elle avait surtout regardé des conseils sur des sites médicaux un peu bidon auquel il ne fallait pas nécessairement faire confiance. Ce genre de site sur lesquels en plus, les mères racontent leur histoire, de quoi bien faire flipper alors qu’elle était à un mois et quelques de grossesse. Le mieux à faire, ça aurait été de lire des vrais bouquins, fait par des spécialistes et elle adorait lire, tout et n’importe quoi, elle travaillait dans une librairie et y avait bien un rayon là-dessus, mais elle n’osait même pas y mettre les pieds. Mieux encore, elle aurait pu prendre un rendez-vous chez le médecin, mais ça c’était pire encore, ça rendait tout trop réel et elle ne savait même pas ce qu’elle allait en faire de ce bébé, alors à quoi bon ? Elle pouvait bien se contenter des trucs bidons, tant qu’elle était paumée comme ça. Dans la liste de ses priorités de toute façon, en parler avec Rafe, avait été la première chose à faire, le reste, ça pouvait bien entendre encore un peu, aussi longtemps qu’elle serait en mesure de tout repousser, sans doute.

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in the dead of the night, i'll make it up to you.
Took your heart, took your hand, Promise you all that I have Hoping that you understand I'm far from a perfect man. 'Cause honey it's been a hard year It seemed like we're going nowhere. In our darkest hour, in the dead of the night I'll make it up to you. Your hands in mine I'll make it up to you.
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MessageSujet: Re: (rafe), but gravity, it pulls me into you. Mar 23 Jan - 13:13



i had you for that

north stars though, they are. by chance, you'll meet someone who encompasses the way home; someone who is home. and you'll love them as they are because they are yours, they exist beneath your skin in your veins, in your bones. (@tumblr)
rafe hollins &asteria drake

La ‘vie normale’ si évidente aux autres, Rafe avait toujours su que c’n’était pas fait pour lui. Déjà avant que sa mère biologique ne l’abandonne, il avait été le gamin sans père, fils d’une junkie sur laquelle on racontait plein d’conneries. Si jeune déjà, le brun avait entendu dire qu’il était le môme d’une pute et d’un de ses clients - peut-être un bourgeois, qui sait. Rafe, fils de riche; ouais, ce serait clairement ironique. Ça n’avait pas été faute de s’poser des questions et de poser ces questions à sa mère avant tout: aujourd’hui adulte, il n’se souvenait même plus du son de la voix de sa génitrice, mais il s’rappelait encore des façons dont elle avait soit écarté, soit simplement ignoré ses interrogations d’enfant. C’était légitime, pourtant, non? D’vouloir savoir d’où on venait, d’vouloir connaître celui qui avait participé à vous amener en c’monde. Rafe, il avait toujours su, au moins souvent, que devenir parent, ce n’serait pas fait pour lui. Ouais, même avec Terry, au sommet du bonheur, il n’y avait pas pensé: souvent, la blonde elle-même avait obnubilé son esprit et son coeur, présente dans le précieux des instants qu’ils avaient eus ensemble, sur le là, et sur le maintenant. A cette époque, il avait beau avoir été plus vieux qu’elle, le Hollins s’était focalisé sur leur présent, bien plus que sur un avenir quelconque. L’histoire lui prouvait, dix ans plus tard, qu’il avait bien eu raison. Y’avait déjà eu assez de lui qui était tombé en miettes, quand il avait perdu Asteria. Qu’est-c’que ç’aurait été, avec des espoirs en plus, des envies en plus, des rêves en plus? Ils avaient été très loin, encore à l’époque, d’sortir des lourds secrets qui avaient entouré leur relation, ou même de quitter le quartier chic dans lequel ils s’étaient connus. Quoiqu’ils aient pu imaginer, dans un coin de cerveau un peu trop idéaliste, ils étaient sans aucun doute loin de la vérité qu’était l’aujourd’hui - à agir comme des inconnus, le poids de dix ans pesant sur leurs coeurs et dans l’air qui planait entre eux deux. C’était une réalité à laquelle le brun avait été bien content d’avoir pu échapper, quand ils s’étaient retrouvés comme ça, échoués à nouveau dans la vie l’un de l’autre, ce soir-là où ils avaient fini dans le même lit. Dans leurs baisers, les touchés laissés par leur peau, leurs regards qui s’étaient consumés l’un l’autre, ç’avait été comme si le temps n’avait pas eu la moindre importance. Fallait croire qu’ils avaient juste besoin d’ouvrir la bouche pour remettre les pendules à l’heure, et s’rappeler de la vérité. Asteria avait vingt-sept ans désormais; il en avait trente-deux, et s’étaient empilées avec le temps, des expériences qui les avaient changés. C’était un peu comme s’il s’retrouvait face à sa génitrice là maintenant; peu importait le sang en commun coulant dans leurs veines, l’fait qu’elle l’ait amené au monde plus de trois décennies plus tôt, ils seraient toujours des inconnus l’un pour l’autre. Et ça f’rait un mal de chien. L’fait était, pitoyable fait, que ça faisait encore plus mal aujourd’hui avec la Drake, que ça n’le ferait avec n’importe qui. Il était habitué à l’abandon, hein, mais dix ans plus tard, c’était d’celui de la blonde qu’il n’s’était pas remis encore. Cette façon répétitive dont s’déroulait son existence, ç’avait le don de le rendre amer et acerbe, Rafe; combien d’gens allait-il encore devoir perdre, hein? Y’avait pas de bonne raison, pas d’bon prétexte pour la façon dont tout le monde sortait d’sa vie, au bout d’un moment. Alors pourquoi rajouter quelqu’un hein?! Pourquoi risquer d’se lier encore plus aux Drake? Aujourd’hui, c’était pas pour rien qu’il enchainait les coups d’un soir, qu’il n’se retournait pas sur les partenaires qu’il laissait derrière - c’était carrément plus simple comme ça et comme un con, il avait été du genre à croire que ç’aurait pu réduire Asteria à c’genre de simplicité, d’juste se la taper, plutôt que de chercher plus loin.

Peut-être que les sms étaient une trahison de plus, qu’ils n’avaient pas besoin du bébé pour en rajouter une couche. Et si tout recommençait, hein? Des pensées qui n’avaient eu de cesse de bourdonner à l’esprit du brun, dès qu’il avait attrapé son téléphone pour voir que c’était Terry qui lui avait envoyé un message, l’air de rien. Comme s’ils pouvaient être juste confortables à parler de Game of Thrones, à prétendre que le temps n’était pas passé, que c’n’était pas quelque-chose dont ils avaient b’soin de parler - bordel, il était bien à n’pas en parler, à n’pas savoir, lui. Il était bien à n’pas vouloir savoir non plus. Qu’est-c’qui se passerait, si tout recommençait, hein? Y’avait plus de Shea pour disparaitre comme ça au milieu d’un jour tout à fait normal, ouais. Mais à en croire la blonde - et il la croyait, au moins pour ça - y’avait un bébé qui allait bientôt leur tomber sur les bras, non pas qu’ils l’aient mérité ou particulièrement cherché, non pas qu’ils aient été imprudents comme deux cons incapables de s’protéger. C’était juste une putain d’histoire de hasard, de laquelle ils n’pouvaient rien faire désormais, impuissants comme ils l’avaient si souvent été, quand il était question d’leurs vies, d’leur couple, ou de leurs conditions. Et s’il s’attachait à c’bébé, hein? Et si les Drake débarquaient de leur Australie lointaine, sachant tout d’l’histoire, pour mieux lui prendre Asteria à nouveau, l’emporter à l’autre bout du monde pour quelque raison que ce soit, embarquant ce bébé tout juste créé avec eux? Qu’est-c’qu’il pourrait faire? Peut-être qu’il demanderait à Rebekah avant tout l’reste; mais c’était un peu comme toutes les batailles contre les Drake - jusque-là, on lui avait déjà fait comprendre qu’il avait été chanceux de n’pas finir en prison par erreur, à cause d’sa gueule, ou à cause de l’insistance de ses adversaires. Ils avaient essayé, hein, encore et encore de l’enterrer, et s’ils recommençaient? Si son bébé, fille ou garçon, finissait par un jour être élevé en pensant que son père n’en avait rien à foutre de lui? Est-c’qu’il en avait quoique ce soit à foutre? Avec orgueil maintenant, il voulait dire oui; n’était-ce pas pour ça qu’il était là, entre Asteria et la porte, à la dévisager comme s’ils étaient tous les deux au bord d’un précipice, sur le point d’faire un grand saut dans le vide? Quand elle avait eu dix-sept ans, il avait été particulièrement précautionneux, toujours; il n’avait pas voulu qu’elle tombe enceinte - pour la protéger elle avant tout le reste. La protéger d’devoir dire à ses parents ce qu’ils faisaient, la protéger aussi des choix difficiles qui étaient offerts aux femmes qui ne voulaient pas d’enfant. Pour la protéger de devoir élever un enfant quand elle était elle-même trop jeune encore. Aussi, à l’opposé, pour la protéger d’la peine de devoir confier cet enfant à quelqu’un d’autre, ou même plus encore, d’s’en débarrasser avec une opération médicale qui laisserait une marque indélébile à sa vie et à son esprit. Et même si elle avait dix ans d’plus dans la tronche désormais, il s’retrouvait à nouveau à s’en préoccuper d’tout ça; ouais, non, il n’avait pas envie d’la laisser toute seule - c’était pas pour autant qu’elle pouvait s’imaginer qu’il savait quoique ce soit de c’qu’il faisait. Pour l’heure, il venait juste de coller sa main sur sa porte, dans une vague tentative faussement désintéressée, de la retenir. Peut-être saisit-elle sa supplication sans mot, Asteria: de prime abord, Rafe se sentait sûr de pouvoir regarder les yeux de la jeune femme, et d’y reconnaitre tout ce qui avait été familier entre eux deux, quand ils avaient été plus jeunes. Et puis, il suffisait de quelques secondes à peine avant qu’il n’remette tout en question: c’était pas possible qu’il connaisse Asteria comme autrefois, alors que dix longues années étaient passées, et les avaient changés tous les deux. Y’avait sans aucun doute, des découvertes sur lui que Terry n’avait pas spécialement envie de faire non plus, d’son côté à elle - l’évidence était qu’ils n’avaient pas tenus à s’poser des questions, le premier soir où ils s’étaient retrouvés, et c’n’était pas pour rien.

Encore maintenant, elle était venue pour lui parler de sa grossesse, pas pour ‘parler’ tout court; à croire qu’ils pourraient juste vivre, chacun de leur côté, en s’contentant d’avoir pour point-commun Game of Thrones, et quelque appréciation qu’ils pourraient avoir sur le sujet. Techniquement, Terry savait déjà, même de l’époque, bien plus d’choses sur lui que personne ne l’savait encore aujourd’hui; c’était pathétique, non? D’pas tourner la page d’une ‘amourette d’adolescence’, et de n’pas pouvoir se résoudre, même dix ans plus tard, à aimer quelqu’un d’la même façon qu’il l’avait aimée elle? « Okay. » se retrouva-t-il à répondre, yeux accrochés à la Drake, le soulagement coulant sur son visage et jusque dans son intérieur, quand il laissa enfin retomber son bras le long de son corps. Elle restait, maintenant. Et il n’savait subitement pas quoi en faire, de toute cette situation. C’était comme quand elle venait tout juste de passer la porte, et qu’il lui avait vaguement proposé quelque-chose à boire, nonchalant et mal à l’aise - ouais, il était de nouveau mal à l’aise, mais voilà que s’rajoutait en plus toute cette histoire de bébé, qui ne manqua pas de lui faire baisser les yeux, au brun, jusqu’au ventre de la blonde, comme s’il espérait déjà y voir quelque-chose. Y’avait rien, ils n’avaient couché ensemble qu’un mois plus tôt - évidemment alors, qu’y’avait rien. « Si tu l’as lu sur internet, ça doit être forcément vrai. » ironisa-t-il pour retrouver contenance, défiant Asteria d’un regard amusé, quand elle parla d’alcool, de café, d’ces choses qu’il lui avait proposées un peu plus tôt, avant qu’il n’sache qu’elle était enceinte. L’histoire de l’alcool quand même, ça n’venait pas que d’internet: il connaissait le p’tit logo en bas de la bouteille avec la femme enceinte. M’enfin, il avait grandi dans le ventre d’une junkie, droguée aux antidépresseurs et un brin alcoolique selon les mauvais jours: il s’en sortait bien, non? Alors peut-être que même si scientifiquement l’alcool était mauvais pour le foetus, leur bébé pourrait se targuer d’avoir des gênes en béton, hyper résistants à toutes ces conneries. C’était pas pour autant qu’il avait envie de tester, hein. « Du coup... y reste de l’eau. » options limitées; le Hollins haussa les épaules, ses mains rejoignant les poches de son jean; « Peut-être que j’ai encore un soda, quelque-part... » ou peut-être qu’Asteria avait aussi lu quelque-chose à ce sujet; au pire, elle pourrait toujours couper alcool, café ou n’importe quoi d’autre avec un peu de son fameux gâteau que le brun n’pourrait jamais manger tout seul. Et pour mieux concrétiser sa proposition - et peut-être pour ne pas que les mots bien vrais et inquiets ne montent jusqu’au bord de ses lèvres, Rafe quitta l’entrée et la porte pour retourner vers la cuisine. Qu’est-c’qu’il pouvait faire, maintenant? Dans le brouhaha des questions/réponses qui bataillaient dans son crâne, il se retrouva tantôt à se détester d’l’avoir retenue, à être persuadé qu’elle détestait, elle, être là; et aussi à s’dire qu’en plus du reste, il n’avait rien à dire, rien à demander, rien dans la tête tout court.  Heureusement que ses mains, son corps, eux, continuaient d’savoir ce qu’ils faisaient, au moins un peu. Il trouva ses verres, son frigo sans aucune difficulté; il n’en était pas encore à avoir besoin d’une boussole pour se repérer chez lui malgré le bordel dans son cerveau. « Ouais, j’ai-... une limonade, j’crois... » il revint bien assez vite avec une bouteille, la montrant à Asteria, content d’avoir pu se perdre dans son frigo pour quelques secondes. Et lui, est-c’qu’il pouvait se boire une bière si elle était là, ou est-c’qu’elle le prendrait mal? Parce qu’il en avait bien besoin, là, d’alcool. Il en aurait besoin pour un p’tit bout de temps - y’avait plus qu’à espérer que ce soit pas aussi dans génétique, de finir alcoolo, hein.

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MessageSujet: Re: (rafe), but gravity, it pulls me into you. Mar 23 Jan - 13:20

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rafe hollins et asteria drake

Asteria, elle était née dans cette famille qui semblait parfaite, aimante et idéale au premier abord. Ses parents ils faisaient toujours bonne figure face au reste du monde, ils étaient souriants et agréables et dès que la porte de la maison se fermait, c’était une autre histoire. Ils ne passaient pas leur temps à se disputer, à se tromper et à enfouir des cadavres dans le sol de leur jardin. Mais la perfection, c’était une façade qu’on montrait aux autres et sans doute qu’à force de jouer le jeu, ses parents, ils étaient persuadés de l’être. Asteria elle, elle avait cessé de voir la belle famille, parfaite et idéale depuis longtemps. Elle n’était pas la plus à plaindre, évidemment. On ne l’avait jamais battue, maltraitée, elle n’avait jamais été obligée d’inventer des excuses pour justifier des bleus ou des blessures. Elle n’avait manqué de rien, pourrait-on dire. Elle ne connaissait pas la misère, ses parents avaient eu assez d’argent pour lui payer une voiture le jour de ses seize ans, comme si ce n’était rien qu’une petite dépense de rien du tout. Mais elle avait appris, Asteria que les mots et l’indifférence, ça faisait parfois plus de mal qu’un coup de poing dans la tronche. C’était qu’elle subissait, depuis des années et des années et pendant tout ce temps, même majeure et vaccinée, ses parents, ils avaient réussi à la garder presque captive, chez eux, avec l’espoir de réussir enfin à la changer. Son départ à Los Angeles, une poignée de mois plus tôt, avait marqué son départ de la maison familiale. Ils avaient eu cette emprise sur elle, avec des mots parfois plus tranchants qu’une lame de couteau. On pourrait lui dire qu’elle n’avait pas à se plaindre, parce qu’elle était née avec une petite cuillère en argent dans la bouche, mais elle avait vraiment souffert, auprès des siens, encore plus après la disparition de son aînée, avant ça, on s’était contenté de l’oublier, seule dans son coin, mais au moins, elle avait été libre de faire ce qu’elle voulait.

Elle ne pouvait pas se résoudre alors, de demander de l’aide à ses parents pour cette histoire de bébé. Elle avait déjà plein de scénarios en tête qui la poussait à ne surtout pas vouloir les mettre au courant. On lui rapprochement son imprudence, on la comparerait à sa sœur, on lui dirait qu’elle ne pourrait jamais être mère, qu’elle ferait mieux d’avorter, même si c’était contre les principes religieux de la famille, mais qu’il fallait bien parfois enfreindre un peu ses propres croyances pour sauver la réputation de la famille. Peut-être qu’on lui dirait d’accoucher sous X, histoire que cet enfant puisse avoir une chance d’être élevé par quelqu’un qui ne foutrait pas sa vie en l’air. Elle imaginait très bien aussi un subterfuge de la part de ses parents, pour lui prendre ce bébé, l’élever eux même pour s’assurer qu’il soit bien ancré dans les valeurs de la famille. Après tout, puisqu’ils n’avaient plus vraiment d’héritiers – elle ne comptait pas, elle évidemment – c’était une occasion sur laquelle ils seraient prêts à sauter. Elle ne savait pas ce qu’elle voulait elle. Garder l’enfant ou non, ce n’était pas une question à laquelle elle avait encore répondu et de toute façon, elle s’était convaincu qu’avant de décider de quoi que ce soit, elle avait besoin d’en parler à Rafe. Pourtant, s’il lui disait d’avorter, elle lui dirait qu’elle ne pouvait pas, s’il lui disait de garder le bébé, elle lui dirait qu’elle ne pouvait pas être mère. C’était ce qui ce jouait dans sa tête, comme si aucun des choix qui pouvait s’offrir à elle ne lui convenait. C’était une décision qui était vraiment difficile à prendre et elle savait que pour l’avortement, elle avait un temps limité. Mais elle ne savait pas ce qu’elle voulait et elle avait bien compris que Rafe, n’avait pas la solution miracle pour l’aider à se sortir de cette affaire. Tout ce qu’elle savait maintenant, c’était que si Rafe ne pouvait pas l’aider, elle préférait se débrouiller toute seule, plutôt que d’aller demander de l’aide à ses parents. Alors, quand il les avait évoqués Rafe,  elle avait voulu s’enfuir bien vite, peu désireuse de sentir leur ombre planer entre elle et lui, parce qu’elle en avait marre que tout dans sa vie soit influencé par ses parents. Au moins, ce bébé, ils n’y toucheraient pas, elle avait beau être paumée et ne pas savoir quoi en faire de cet enfant, ça s’était une chose dont elle était certaine.

Finalement, alors que Rafe était venu s’interposé entre elle et la porte, elle avait renoncé à partir. De toute façon, si elle avait vraiment dû quitter son appartement, elle n’aurait pas vraiment su où aller, elle se serait contentée de pleurer et d’appeler Billie à la rescousse. Elle avait besoin d’aide et c’était celle de Rafe qu’elle voulait avant tout. Peut-être était-elle égoïste de vouloir lui imposer ça, alors qu’il n’avait rien demandé lui, mais c’était de lui dont elle avait besoin, parce que c’était le père, évidemment, mais aussi parce que ça faisait dix longues années, qu’elle avait besoin de lui et que tout le monde autour d’elle avait toujours tout fait pour la garder éloigné de lui. C’était dix ans de sa vie qu’elle avait l’impression d’avoir complètement perdu. On lui avait dit que c’était idiot de resté accroché à un garçon comme ça pendant dix ans. On l’avait convaincue que lui, il avait fait sa vie, qu’il était heureux sans elle et qu’elle n’avait pas le droit de gâcher ça. Alors, elle l’avait imaginé, marié, avec de magnifiques enfants et que de mauvais souvenirs, de la pauvre fille dont il était, malheureusement, tombé amoureux, dix ans plus tôt. La réalité avait été différente alors quand elle était revenue à Los Angeles, quand enfin elle l’avait retrouvé. Mais ça n’avait pas été comme dix ans plus tôt pour autant. Pourtant, elle sentait son cœur qui tambourinait comme un fou dans sa poitrine, parce qu’il l’avait retenue, parce qu’il était là, tout proche d’elle. Elle esquissa un sourire alors, alors qu’en face de lui, elle avait bien du mal à baisser les yeux, comme si elle était hypnotisée par son regard. Elle avait l’impression de raconter des conneries, en plus à parler d’internet comme une idiote, comme si c’était l’endroit idéal pour aller voir comment gérer une grossesse, ironique pour une fille qui travaillait dans une librairie, là où y avait des bouquins, écrits par des professionnels. « Ouais, qui ne ferait pas conscience à internet hein ? » Elle en lâcha un léger rire, au moins pour ce qui était de l’alcool, elle savait que c’était vrai, ce n’était pas comme si elle avait découvert ça sur internet. Le café, on disait que les adultes ne devaient pas en abuser, déjà à la base, et personne ne donnait de café à ses enfants, ce n’était pas pour rien après tout. Alors ça semblait évident que ce soit déconseillé en forte dose, pour les femmes enceintes. Dans le fond, elle n’avait peut-être pas besoin d’internet, ni même d’un bouquin, bien rédigé par un spécialiste, pour faire des déductions logiques, mais, elle préférait quand même l’avis des autres plutôt que le sien à elle, comme si elle était incapable de se faire confiance. « Ça ira, t’en fais pas. » Qu’elle lui répondit, alors qu’il était déjà parti dans son frigo rechercher ce qu’il pouvait bien avoir dedans, au pire, s’il n’avait que de l’eau, elle survivrait avec ça. Finalement, il était revenu avec limonade, ça lui suffirait largement à Asteria. « C’est parfait, merci. » Elle avait attrapé la limonade entre ses mains et maintenant, elle ne savait plus franchement quoi dire. Y avait bien un tas de trucs qu’elle avait envie de dire, mais est-ce que c’était le moment ? « Je suis désolée, à chaque fois que je débarque dans ta vie, c’est pour t’attirer des ennuis. » La première fois, il avait risqué la prison à cause d’elle et maintenant il se retrouvait avec un potentiel bébé non désiré. Peut-être qu’ils avaient eu raison alors tout ceux qui avaient dit qu’il serait forcément mieux sans elle dans sa vie.  

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MessageSujet: Re: (rafe), but gravity, it pulls me into you. Mer 31 Jan - 16:54



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rafe hollins &asteria drake

Avec l’enfance qu’il avait eue, les expériences durement acquises au fil des déceptions et des trahisons, Rafe, il avait assez tôt appris à devoir avancer. Ou trouver un moyen de l’faire, tant bien que mal : le but pendant longtemps dans son existence, ç’avait été de n’pas se noyer, de n’pas se laisser consumer par la colère qui brûlait en lui, et aussi de n’pas complètement tourner en boucle sur toutes ces choses qui avaient déterminé son passé. Qu’est-c’qu’il serait devenu, s’il avait dû être complètement obnubilé, pour le restant de ses jours, sur la date précise où sa mère l’avait abandonné sur le banc d’un commissariat en plein cœur de New York ? A trente-deux ans révolus, ça faisait maintenant presque vingt-quatre piges qu’il n’avait pas vu sa génitrice, et presque aussi longtemps qu’il avait dû tourner la page. Rebekah le lui avait fait comprendre, après avoir réussi à créer un lien avec lui : l’important, ç’avait été qu’il s’concentre sur lui-même et qu’il s’donne toutes les possibilités pour cela. Et bon gré mal gré, il avait fait cet effort. Et pourtant, ça n’avait pas été faute d’rencontrer des gens prêts à s’plier en quatre pour lui pourrir la vie, alors même qu’ils n’étaient même plus à New York, et qu’ils avaient techniquement gagné. Rafe, il aurait pu espérer avoir au moins ça, en perdant Asteria et en s’laissant complètement piétiner par les circonstances – un genre de paix qui lui permettrait d’continuer. Mais combien d’fois encore, après le départ des Drake, avait-il entendu leur nom à ses oreilles ? Combien d’fois lui avait-on ramené sous le nez, leurs accusations, les photos de Shea ? Combien d’fois l’avait-on forcé, à encore et encore, revivre ces mois, ces années en compagnie des deux petites têtes blondes qu’il avait connues, assez jeune déjà ? Peut-être même qu’à force, les flics eux-mêmes n’y avaient même plus cru, ils s’étaient forcés à faire leur job dans l’vent, parce que ç’avait été ce qu’un tel ou un tel avocat avait exigé, parce que leurs clients avaient assez de fric pour le dépenser dans l’vide, plutôt que de vraiment rechercher leur fille. La rancœur l’avait porté jusque-là, le brun – presque à croire que si les Drake n’avaient pas été tant concentrés sur leur haine de lui, ils auraient peut-être déjà retrouvé leur fille, et ces dix dernières années n’auraient alors, au moins pas servi à rien. Mais non, tout ça avait été vain, et Shea était toujours portée disparue, sans que personne n’sache ce qui avait bien pu lui arriver : avait-elle été enlevée, avait-elle été assassinée, ou s’était-elle tout simplement cassée, volontairement, sur un coup d’tête ? Lui, pour c’qu’il avait essuyé déjà de pertes et d’abandon, il s’disait qu’il préférerait s’concentrer sur la vérité plutôt que sur le gamin un peu trop mexicain qu’on avait jamais trop aimé, d’l’autre côté de la rue, dans la belle petite banlieue qu’on avait voulu blanche à souhait. C’était New York, bordel – et depuis, depuis, Rafe s’était fait un plaisir d’lâcher les bourgeois et leurs quartiers élitistes ; le Queens, ça lui collait mieux, et en plein cœur de New York, au moins, personne n’l’emmerdait pour l’allure qu’il avait, les teintes un peu plus foncées d’sa peau, ou ses origines, desquelles il n’aimait pas tant qu’ça parler.

Pendant longtemps, hein, il avait été défini par sa mère. La junkie, prostituée disaient certains, salope disaient d’autres. Les bienveillants la plaignaient avec pitié, et lui avaient offert à lui des fringues, comme s’il n’avait eu que des lambeaux à s’mettre sur le dos. Et finalement, quand il s’était retrouvé tout seul, pris dans ‘le système’, personne n’s’était trop donné la peine de la chercher, sa mère. Rafe, il n’savait pas à quoi ça pouvait ressembler, ‘le système’, pour une fille comme Asteria par exemple ; un bébé aux yeux bleus et aux cheveux blonds, à la peau blanche et aux allures bien nationalistes. Alors si leur môme devait ressembler à ça, par un quelconque miracle, qui sait, si ça s’trouve il trouverait une famille, bien mieux que tout c’qu’ils pourraient offrir à eux deux : ils n’étaient pas une famille d’toute manière, hein ? Et puis, leur passé n’aidait pas. L’omniprésence du nom de Shea, mêlé à leur amourette, n’aidait pas non plus. Après tout, les derniers mots que Shea lui avaient adressés à lui, avaient été par rapport à Asteria ; sur à quel point il la dégoûtait, sur la trahison qu’il avait commise et les menaces qu’elle avait pu lui faire. C’est vrai ouais, qu’vu comme ça, il avait bien la gueule d’un coupable idéal – il n’lui avait pourtant jamais fait d’mal, mais face à Terry là maintenant, il n’pouvait s’empêcher de s’demander si la pauvre, elle, elle n’se retrouvait pas enceinte d’un type qu’elle croyait capable d’avoir blessé – ou pire – sa sœur. Il pourrait bien poser la question, non, franchement, simplement ? C’était son truc, d’aller droit au but, à Rafe ; il n’cachait pas ses intentions, ni derrière des politesses ni derrière des gâteaux cuisinés avec soin. Mais c’était l’courage qui lui manquait plus qu’autre chose – même maintenant qu’il avait eu assez de volonté pour arrêter Asteria dans sa fuite, y’avait une part de lui qui n’pouvait s’empêcher de le regretter. Pour quoi faire ? Prolonger ce supplice insidieux qui flottait entre eux deux ? Qu’est-c’qu’elle était venue chercher jusque-là, elle ? Pour le peu d’assurances qu’il avait pu avoir quand ils avaient été en couple, il en avait encore moins désormais : c’que les Drake lui avaient appris surtout, c’était de n’pas espérer en l’avenir, de n’pas rêver, de n’pas avoir envie, parce que tout pouvait s’envoler du jour au lendemain, d’la façon la plus catastrophique qui soit. Alors il passait l’plus clair de son temps à vivre au jour le jour, comme l’existence venait – et c’était déjà assez pénible comme ça. Assez pour qu’il ait b’soin, souvent, de tout lâcher le temps d’un week end, d’partir avec son chien aussi loin qu’il le pourrait, comme si c’était une course contre la montre et les évidences qu’y’avait ici, à New York. Définitivement pas la bonne compagnie pour avoir un môme, hein ? Mais même vingt ans plus tard, même avec toute la chance qu’on pouvait lui dire qu’il avait eu, Rafe, il n’faisait toujours pas confiance au système quel qu’il soit pour s’occuper d’un enfant, pour lui apporter c’dont il avait besoin ou pour même s’en préoccuper d’une quelconque façon. Ouais, il n’voulait pas être père – mais il n’voulait encore moins, abandonner son enfant, et répéter l’cercle-vicieux qui avait construit la base d’son histoire à lui. Il n’avait jamais voulu être c’genre de personne ; et ça, ça n’avait rien à voir avec Asteria, avec les Drake ou avec le quartier bien blanc et recommandable dans lequel il avait atterri, un beau jour.

Mais ouais, quand même, il n’voulait pas qu’elle parte comme ça. Il n’voulait pas, au fond, qu’elle fasse c’qu’elle voulait en pensant qu’il s’en foutait complètement. Il n’pouvait pas, tout simplement s’en foutre ; est-c’qu’elle pouvait seulement croire le contraire, elle ? Asteria l’avait connu pendant des années, intimement, dans toutes ces confessions qu’il lui avait faites à elle, sans les offrir à qui que ce soit d’autre. Et même si ça faisait dix piges déjà, qu’ils n’s’étaient plus côtoyés d’cette façon-là, personne n’avait pris sa place, personne n’lui était arrivé la cheville – et est-c’qu’elle pouvait seulement le savoir ou le soupçonner, ça ? Le voulait-elle seulement ? Y’avait bien un moment, où lui-même, il avait fini par s’dire que si les Drake s’acharnaient tant contre lui, s’ils avaient une foi si solide en sa culpabilité, c’était parce qu’y’avait quelque-chose en lui, qui leur donnait raison, d’une quelconque façon. Alors pourquoi est-ce qu’Asteria, depuis l’autre bout du monde, avec ses géniteurs pour seule compagnie, aurait-elle toujours été inflexible, convaincue d’son innocence et de l’authenticité de tout ce qu’ils avaient connu, plus jeunes ? Bizarrement, il n’avait pas la force d’en parler, et pas la force aussi, d’tourner la page comme il avait dû si souvent le faire, déjà. De toute manière, y’avait pas d’page à tourner, hein ? Ils avaient désormais un présent et un futur ensemble, et ça s’annonçait assez compliqué comme ça. D’son côté à lui, le brun n’arrivait pas encore à savoir si tout n’allait pas s’envoler à nouveau, un beau jour, pour des crimes qu’il n’avait pas commis. Et quand il observait Asteria désormais, c’était sans la prétention d’savoir ce qu’elle pouvait bien penser. Les mots étaient tout c’qui leur restait, mais là où, jadis, ils avaient coulé naturellement, maintenant, c’était plus compliqué : ç’avait définitivement été plus facile de s’envoyer en l’air. Si seulement ç’avait pu être sans conséquence. « Tout l’monde sait qu’internet, c’est rempli d’gens très intelligents et matures, ouais… » ils se retrouvaient à blaguer sur des inconnus sur le net, esquissant de vagues sourires qui n’osaient pas aller plus loin, plutôt que d’adresser l’éléphant dans la pièce. Rafe, pour le coup, il aurait presque préféré qu’la blonde l’interrompe pendant une de ses escapades dans la nature, histoire d’avoir un peu d’air frais à avaler – il s’sentirait définitivement moins coincé qu’ici, entre les quatre murs de son appartement. Il ne penserait pas déjà à au combien il n’avait absolument pas la place ici d’accueillir un bébé, ou d’au combien rien dans cet endroit n’était même sûr pour un bébé. C’était un appart’ de mec célibataire, qui n’voulait de toute manière pas passer beaucoup de temps dans celui-ci : quand il n’bossait pas pendant de longues heures dans ses journées, il partait tout simplement. Ce soir, où il aurait pu regarder Game of Thrones, avait été censé être un des seuls jours où il prenait l’temps de faire ça, assis sur son canapé, coincé dans les rues de New York. Ici, il n’avait pas la prétention d’grand-chose, peut-être même pas d’pouvoir accueillir Terry plus que là, à lui proposer un verre – il n’avait pas mangé, mais il n’savait même pas s’il avait quelque-chose de mieux que des vieux plats cuisinés dégueulasses à proposer. Au moins, il avait assez d’verres propres pour pouvoir en proposer un à la jeune femme, quand bien même il n’avait pas fait la vaisselle encore. Des préoccupations insignifiantes, auxquelles il ne put laisser plus de place que ça, confronté aux paroles – enfin vraies, sans doute – de sa vis-à-vis. Et si elle l’observait, lui, il ne put soutenir son regard bien longtemps : qu’est-ce qu’elle savait, hein, de ce qu’il avait vécu ici, tout seul, pendant les premières années après son départ ? « J’ai jamais été très doué en sciences, mais j’suppose qu’il faut quand même être deux, pour faire un bébé… » préféra-t-il donc admettre, en se concentrant sur ce dont elle pouvait parler maintenant. Mais tout autant qu’il essayait de la rassurer, Rafe ne tint pas bien longtemps, et dès que son regard se posa sur le paquet de clopes juste là, il l’attrapa, pour en tirer une de celui-ci et mieux s’interrompre au milieu de son geste ; « Désolé… j’parie que sur internet aussi ils disent que la cigarette, c’est déconseillé. » il marmonna, donc, parce qu’il aurait bien eu besoin de fumer autant que de boire, là tout de suite. Il n’gardait pas beaucoup contenance, il n’gérait pas grand-chose depuis que la nouvelle avait explosé comme une bombe entre eux deux. « J’suppose que j’devrais m’excuser aussi. Pour-… peu importe c’qui s’est passé, avant. Et pour ça. » avant, peut-être qu’il voulait dire eux deux, quand bien même il n’serait jamais capable d’imaginer qu’ils avaient été une erreur. Ouais, qu’la société l’considère comme un criminel pour c’qu’il avait fait – il savait que c’qu’il avait eu avec Asteria, ç’avait été vrai et honnête, et précieux. Mais elle avait quand même subi les choses comme lui, d’une certaine façon ; s’retrouver dans un pays isolé comme l’Australie avec ses deux cons d’parents, ça devait pas être facile. Et puis ‘ça’ c’était ce bébé, qu’ils n’arrivaient pas encore à nommer tous les deux parce qu’ils n’arrivaient pas à gérer ; et il devait échouer lamentablement, le Hollins, à remplir ce besoin que Terry avait pu venir chercher auprès d’lui, ce soir. « Tu tiens l’coup, toi ? » sincèrement, au moins, enfin, le brun lâcha cette question en observant la jeune femme face à lui : peut-être qu’avec les résidus de c’qu’il avait connu d’elle à vingt-deux ans, il savait déjà la réponse à cette question.

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MessageSujet: Re: (rafe), but gravity, it pulls me into you. Jeu 1 Fév - 18:39

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take me back to the night, we met in the yard Climbing up to the roof, hidden in the dark With a bottle of wine for two, though I'm already drunk off you. Then we both fell asleep, underneath the stars. We're young and naive, and you're tellin' me That someday, we'll run off together. I'm startin' to think, I'm stuck in a dream, Cause we're young and we don't know better.
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Elle avait depuis longtemps renoncé à une vie amoureuse tellement bien ordonnée qu’elle pourrait avoir des enfants. Asteria, elle n’avait jamais été très douée en amour. Elle n’avait pas été capable de maintenir une relation pendant bien longtemps, si bien qu’elle avait fini par se désintéresser de tout ça, pour se contenter des histoires courtes, voir très courtes. Elle ne courrait pourtant pas après les histoires de cul, mais elle avait trop de mal à construire des histoires sérieuses pour avoir vraiment envie de s’engager là-dedans. Son problème, c’était peut-être que depuis dix ans maintenant, elle n’arrivait pas à oublier Rafe. Elle se demandait si ça faisait d’elle une pauvre fille complètement débile. Elle avait eu seize ans à l’époque alors, on aurait facilement pu lui demander ce qu’elle connaissait de l’amour à cet âge là. Au final, il n’y avait que de Rafe, dont elle avait été vraiment amoureuse, malgré les ex qu’elle avait pu avoir après lui. Rafe, il avait été son premier baiser, sa première fois, son premier amour et sa première rupture douloureuse. La seule sans doute, parce que les autres, ça n’avait pas été pareil, ça n’avait pas été aussi douloureux, ça avait été presque comme si elle s’en foutait. Peut-être que ça avait été le cas, que les autres ils n’avaient vraiment pas compté à ses yeux. Il n’y avait toujours eu que Rafe, même quand les kilomètres les avaient séparés, même après dix ans passés à l’autre bout du monde. Elle se demandait si lui, il avait pensé à elle pendant tout ce temps, ou s’il s’était contenté de tout faire pour l’oublier, elle et les problèmes que les Drake avaient pu amener dans sa vie. Sans doute qu’il avait dû en avoir la volonté, après ce qu’ils lui avaient fait vivre. Elle le comprendrait dans le fond, ses parents n’avaient pas été tendre avec lui, ils avaient été ignobles même.

Elle ne savait même pas s’ils m’avaient vraiment cru coupable de la disparition de Shea ou s’ils avaient décidé de s’en prendre à lui juste parce qu’ils ne l’aimaient pas, à cause de ses origines et de la relation qu’il entretenait avec elle. Il n’y avait après tout jamais eu la moindre preuve concrète pour l’incriminer. Il avait été la dernière personne à avoir vu Shea, ouais, mais il avait dit qu’elle était partie de son côté et lui du sien, alors ça s’arrêtait elle. Elle le croyait elle quand il disait qu’il n’avait pas fait de mal à sa sœur et qu’il n’avait aucune idée d’où elle pouvait se trouver et ce qui avait pu lui arriver. Elle se disait aussi que ça avait été idiot de passer autant de temps à incriminer Rafe pour un crime qu’il n’avait pas commis au lieu de vraiment chercher Shea, à croire que ses parents avaient été plus déterminé à l’idée de réduire la réputation de Rafe qu’à celle de retrouver leur fille. Asteria n’avait jamais compris leur acharnement et elle se disait que ce n’était pas juste parce qu’elle, elle avait été amoureuse de Rafe qu’elle pensait ça, mais juste parce que ce n’était pas logique. S’ils avaient vraiment voulu retrouvé Shea, ils se seraient donnés un peu plus de mal non ? Au lieu de ça, ils avaient décidé, bien trop rapidement de retourner en Australie. C’était à se demander si ce n’était pas eux, qui avaient quelque chose à se reprocher. C’était une question qu’elle avait fini par se poser quand elle avait été enfermée dans cet internat en Australie, après tout, peut-être qu’ils avaient voulu se débarrasser d’elle de régler quelques détails de leurs vies. Elle ne savait pas trop Asteria, mais il fallait bien admettre qu’elle avait eu le temps de se faire toutes les hypothèses possibles et imaginables pendant toutes ces années.

Cela dit, dans aucune des idées qu’elle avait pu avoir en tête concernant la disparition de sa sœur aînée, Rafe était coupable. Peu importait ce que ses parents pouvaient penser ou dire, elle avait encore foi en Rafe. Aujourd’hui encore, si elle s’était pointée jusqu’à chez lui, c’était parce qu’elle pensait qu’il pouvait l’aider, qu’elle pouvait lui faire confiance et qu’il n’allait pas juste l’envoyer balader. Elle avait raison non ? Malgré sa réaction, il lui avait quand même demandé de rester, ça devait vouloir dire quelque chose. Elle avait envie de croire en lui, parce qu’elle ne voulait pas avoir à se retrouver toute seule à devoir assumer cette histoire de bébé et qu’elle ne pouvait pas imaginer Rafe comme un sale type qui ne serait pas prêt à assumer les conséquences de ses actes. « Ouais, c’est clair. » Elle laissa échapper un léger rire, consciente que la communauté des gens d’internet était parfois loin d’être la plus intelligente qu’on puisse croiser. Cela-dit, elle n’avait pas pu s’empêcher de regarder elle, ce qu’on pouvait trouver sur la grossesse et les bébés, comme si elle avait eu besoin de se rassurer et ça avait été tout l’inverse, en vérité, elle n’avait fait que s’inquiéter d’avantage. Elle était certaine de ne pas être à la hauteur Asteria. « Je crois aussi … » Elle esquissa un léger sourire, c’était bien pour ça qu’elle était là, parce que ce bébé, c’était une responsabilité qu’ils devaient partager. Elle avait l’impression d’imposer ça à Rafe alors qu’il n’avait rien demandé, mais elle non plus, elle n’avait rien demandé et pourtant elle, elle était enceinte, point barre. Un problème qu’au moins les hommes n’avaient pas à connaitre. Elle en payait déjà le prix elle, avec les nausées et tout ce qui pouvait aller avec. « T’es chez toi, t’as le droit de fumer si tu veux, je suppose que ça passe, tant que c’est pas la mère qui fume. » Et qu’il ne lui crachait pas la fumée à la figure. C’était un peu comme tout de toute façon, c’était à la femme de faire attention, pas au mec. Elle, elle n’allait certainement pas lui interdire de fumer chez lui. » Tu l’as dis, faut être deux pour faire un bébé. » Elle haussa les épaules, il n’était alors pas plus responsable qu’elle de la présence de ce bébé dans son utérus. Ils l’avaient fait ensemble, quand bien même ils ne l’avaient pas forcément voulu. « Pour avant, c’est moi qui suis désolée, pour tout ce qu’ils t’ont fait. J’aurais aimé pouvoir les arrêter … » Mais elle avait été adolescente, une gamine que personne n’écoutait. Elle avait essayé, mais en vain, ses parents ne l’écoutaient jamais de toute façon. Elle était désolée pour ce qu’il avait vécu à cause d’eux, à cause d’elle, de la façon dont tout ça avait pu se terminer. Rester avec lui, elle l’aurait fait aussi, si ses parents l’avait laissée faire. A sa question, elle haussa les épaules, presque trop concentrée sur la limonade qu’elle versait dans le verre qu’il lui avait donné. Elle savait même pas si elle tenait le coup, elle ne savait pas quoi faire, elle ne savait rien du tout. Sans doute qu’elle était vraiment nulle et pitoyable, pas de quoi faire d’elle une bonne mère. « J’en sais rien. J’en suis encore au stade où j’essaie de me convaincre que c’est pas vrai et pourtant j’ai pissé sur dix-sept tests. » C’était pas très glamour dit comme ça sans doute. Ou ce n’était juste pas très glamour de faire un test de grossesse. « Je suis pas prête à avoir un bébé et j’sais qu’y a d’autres options, mais elles me font aussi peur que le fait d’avoir un enfant. » A bien y réfléchir, elle avait trois option : garder le bébé, avorter, placer le bébé à l’adoption et y en avait aucune qui lui semblait mieux qu’une autre. Alors ouais, ça lui faisait peur, assez pour qu’elle préfère le déni, comme une idiote. Maintenant Rafe savait, ça rendait tout ça beaucoup plus réel alors dans le fond, son déni, il n’allait pas tarder à s’envoler pour laisser place à une trouille incontrôlable.

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MessageSujet: Re: (rafe), but gravity, it pulls me into you. Lun 19 Fév - 20:42



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Quand on naissait et grandissait dans un monde comme le sien, Rafe s’disait forcément qu’y’avait, à un détour, des idées sur lesquelles on s’arrêtait, en pensant à l’avenir. Il s’était dit que vu sa mère, vu l’absence de son père, fonder une famille, c’n’était probablement pas dans ses prérogatives. Pas dans son sang. Il devait bien y avoir une part de compassion, d’amour filial et de sens des responsabilités qui était héréditaire- et puisque ses parents eux-mêmes n’en avaient jamais eu, comment était-il censé en avoir lui-même ? Un constat bien amer, qui avait grandi en lui et s’était affirmé avec le temps : si les hommes en général étaient rattachés au cliché de la peur de l’engagement et d’un désir minimum d’avoir un jour des enfants dans les pattes, le Hollins, lui, il avait ajouté à ça toute son expérience personnelle. Alors adolescent ou jeune homme, même, il avait été à mille lieues d’rêver de s’marier, d’ambitionner de fonder une famille comme celles qu’on pourrait voir dans les séries télé débiles ou dans les pubs. Des images parfaites qu’il n’avait pu s’empêcher d’envie tantôt, et de haïr après, quand des gens comme les Drake avaient semblé en être la parfaite représentation. C’était donc ça, les familles américaines typiques que tout le monde enviait ? Des gens confortables dans leurs vies, bien jolis à regarder à l’extérieur, mais médisants et racistes ? Pour sûr, comparé à ça, Rebekah n’avait jamais eu l’allure de la femme la plus heureuse qui soit – et Rafe lui-même avait souvent entendu des gens faire tourner des rumeurs à son sujet, l’appelant ‘vieille fille’ ou ‘frustrée’ dès qu’ils en avaient eu l’occasion. Pour autant, sa mère adoptive pour ce qui était de la morale, de l’estime des autres, du courage, de la volonté et de l’intégrité, elle n’avait rien à envier à ses imbéciles de voisins. Ou à qui que ce soit. Le gamin qu’il avait été, pourtant, il avait eu du mal à s’y faire, du mal à accepter, c’genre de famille-foyer dans lequel il s’était retrouvé, dès qu’elle l’avait pris sous son aile. Il s’était demandé s’il était un genre d’cas de pitié, qu’on essayait de sauver de la misère. Il s’était demandé aussi si, à la première difficulté ou au premier faux pas, on n’allait pas l’foutre à la porte comme une merde. Mais Rebekah, c’était devenu sa famille – un foyer loin des conventions avec des beaux parents recommandables et des photos toutes belles à placarder sur les murs : leur histoire était faite de prises de tête, de conflits, de refus et d’acceptation tout à la fois. Ç’avait été long, ouais, il le savait bien et parfois, il s’reprochait d’avoir mis autant de temps à croire en une chance d’avoir mieux ; et lui-même, il avait été injuste vis-à-vis de la femme qui lui avait tendu la main. Avec elle, il avait appris à désirer plus de choses, à croire en ses chances, à accepter les épreuves et les échecs mais à avancer- il avait presque eu l’air mature, hein, quand il avait commencé à sortir avec Asteria, n’est-ce pas ? Pour autant, il avait été bien content qu’elle soit trop jeune pour qu’ils commencent à penser mariage ou gosses, parce que même avec elle, même là, amoureux qu’il avait été, il n’aurait pas été capable d’donner les réponses idéales.

Là maintenant, il n’en avait pas non plus. Il avait sa vie bien nouée ensemble, dans un genre d’harmonie qui lui permettait de n’pas chercher plus loin ou de n’pas galérer. Mais il n’était pas le gars qui avait la tête sur les épaules et toutes ses responsabilités bien accordées. Alors ouais, même s’ils avaient fait une connerie, même si un bébé ça s’faisait un deux, il n’savait pas bien ce qu’Asteria pouvait attendre de lui. C’était une belle connerie qu’ils avaient faite, là ; pourtant, il n’avait pas pris moins de précautions que ce qu’ils avaient connu quand ils avaient été ensemble. Putain, heureusement qu’il ne l’avait pas foutue en cloque quand elle avait eu dix-sept ans ; rien que pour lui-même, ça aurait été terrible, et pour elle également. Mais jusqu’où les Drake seraient allés encore pour lui ruiner la vie, si ç’avait été le cas ? Et pourtant, sa rancœur, il n’avait jamais voulu la laisser détendre jusque sur Terry ; Terry, il l’avait aimée, il avait tenu à elle et à son bonheur. Et dix ans n’avaient rien changé à ça – peut-être un peu. Peut-être pas assez. Pas autant qu’il n’pouvait le dire à haute voix, parce que son cœur était une pierre alourdie par les épreuves, qui s’attachait difficilement. Alors il avançait difficilement également- et il s’était dit, que même s’il n’la revoyait jamais, y’aurait personne dans sa vie qui pourrait prendre la place que la blonde avait eue. C’était pas pour autant qu’il voulait qu’elle soit enceinte ; égoïstement, s’il devait s’mettre à construire un monde idéal, peut-être qu’ils auraient continué d’parler de Game of Thrones pendant une certaine période, et peut-être même qu’ils se seraient revus. Peut-être que l’espoir, le vrai, rien qu’à eux deux, aurait pu reprendre sa place peu à peu dans leur histoire. Là, ça n’avait rien à voir ; soudainement, il savait que si Asteria était venue ce soir, c’était par nécessité, par devoir, pour pas être toute seule dans cette histoire – et si elle lui avait amené un gâteau, c’était pour faire passer la pilule, typiquement l’genre de choses qu’avait eu l’habitude de faire sa génitrice. Et il s’disait aussi que s’ils devaient rester encore dans la vie l’un d’l’autre même après cette nuit-là, c’était à cause des conséquences de celle-ci, plus que parce qu’ils semblaient en avoir envie. Est-c’qu’elle serait revenue, sans ça ? C’était hypocrite de n’pouvoir s’empêcher de s’poser la question, le cœur serré, alors même que le brun savait bien qu’il n’aurait pas eu l’courage, les nerfs d’faire quelque-chose lui-même, si elle n’avait pas été sur le pas de sa porte ce soir. Mais ouais, fallait vraiment être deux pour faire un bébé ; et peut-être bien qu’après une putain de décennie, c’était tout ce qui pouvait les lier l’un à l’autre. Pourquoi pas, au fond ? Leur histoire était trop pleine de vide, de trahisons, de peines, de mots non-dits, pour qu’ils puissent inverser la tendance. Fallait juste accepter parfois, tourner la page comme disait tout le monde, ou prétendre réussir à le faire. Il vivait avec ce masque d’assurance depuis quelques années maintenant, jurant que c’était derrière lui – alors pourquoi n’pas le faire avec elle, hein ? Il n’lui avait jamais menti pourtant, à Asteria ; mais force était d’admettre que si ça pouvait lui sauvegarder c’qui restait d’son cœur, il n’dirait pas non. Les épreuves l’avaient assez lessivé comme ça, à un âge où on aurait dû lui permettre de rêver et d’vouloir des choses.

Il était épuisé, par tous les parasites gravitant dans son crâne. Et dire qu’il avait été censé passer une soirée pépère. Alors ouais, histoire de déjà pas être un si bon futur père, Rafe ne put résister bien longtemps ; avec l’autorisation ‘officielle’ d’Asteria, il s’retrouva à reprendre son paquet de cigarettes, pour en coincer une entre ses lèvres et l’allumer avec le briquet qu’il avait eu dans la poche de son jean. C’était une mauvaise habitude qu’il avait prise à cause d’sa famille à elle, hein – comme si ça voulait dire qu’elle lui devait bien ça, pour le trouble. Et même malgré les pointes de rancœur qui ne cessaient de le harceler comme ça, à intervalles réguliers quand il pensait à cette putain de famille et à toutes les merdes qu’ils avaient envoyées sur sa route, Terry avait toujours été à part. Mais en dix ans sans elle, fallait croire qu’il l’avait quand même laissée à l’extérieur des épaisses frontières invisibles qu’il s’était construites ; « Bah ma mère fumait et j’suis pas mort, hein… » elle fumait ouais, parmi tant d’autres choses. Et pas forcément du tabac. C’était d’là qu’il venait ; d’un foyer si pourri d’l’intérieur qu’il n’pourrait pas avoir la prétention de dire quoique ce soit à Asteria si elle décidait de boire du whisky devant lui ce soir. Après tout, qu’est-c’qu’il avait à dire, sur cet embryon dans son ventre ? Est-c’qu’il devait décider quelque-chose ? Est-c’qu’elle se plierait à ses envies à lui ? Est-c’qu’ils allaient devoir avoir une bataille d’arguments ? Comme s’il avait quoique ce soit à dire, quand c’était elle qui porterait ce môme dans son ventre, elle qui en subirait les premières conséquences physiques, elle qui accoucherait, elle qui vivrait tous ces trucs avec les hormones, elle qui irait aux rendez-vous, s’ferait faire des prises de sang, des échographies, des il n’savait quoi d’autre. Fallait être deux pour faire un bébé, ouais ; mais il n’avait pas vraiment l’allure d’grand-chose d’autre que le type qui avait foiré la capote, hein ? Alors cette fois-ci, la phrase retournée pour le rassurer, le fit tiquer ; il s’contenta de coincer le coin de sa lèvre entre ses dents, le regard fixé dans le vide. Et heureusement qu’il regardait ailleurs, quand elle parla d’avant – parce que la façon dont il baissa les yeux, détourna complètement le visage laissa clairement sous-entendre qu’il s’refermait comme une huître à la moindre discussion à c’sujet. Parce qu’après tout, il semblait déjà que Terry n’avait pas tous les éléments dans l’histoire – surtout pas vis-à-vis de Shea. Et puis, à quoi bon ressasser, hein ? A moins qu’ça leur prenne à nouveau un beau matin, qu’ils reviennent à la charge, il en avait fini désormais, avec eux. Enfin. Il l’espérait en tout cas – ce bébé pourtant, ça pourrait bien être un pont définitif entre lui et cette maudite famille, peu importait ce qu’en disait la blonde. Toutes les gamines normales qui grandissaient avec leurs parents autour d’elles finissaient par avoir besoin d’eux quand c’était difficile – merde, même lui, malgré les merdes que sa mère lui avait balancées dessus, il n’pouvait s’empêcher, parfois, d’aspirer à ce que ce serait si elle était toujours dans sa vie. « Ça va… y’a plus grand-chose à dire sur cette histoire. C’est arrivé, point barre. » il préféra mettre fin à ces excuses avec un ton ferme, assez pour que soupirer n’le fasse pas vraiment passer pour un connard. Il avait arrêté de penser à ce qu’Asteria aurait dû faire depuis longtemps – pourquoi, hein ? Elle n’avait eu que dix-sept ans à l’époque, et elle était partie avec sa famille, pourquoi essayer d’refaire l’histoire, hein ? D’changer les faits ? Aucun coin d’imagination qu’ils pourraient avoir ne viendrait s’matérialiser pour devenir leur vie. Elle était partie, il était resté ; dix ans étaient passés. Ses parents avaient été des salopards tenaces. Et voilà. Il n’avait jamais eu envie d’être en colère contre elle ; et même si parfois ç’avait été incontrôlable, parce que la frustration et la peine avaient fait un mélange détonnant en lui, il avait essayé d’passer outre, au moins ça. Alors il n’avait pas envie d’avoir à exprimer ça à  haute voix – ni ce soir, ni jamais. C’était pas pour rien qu’ils avaient tous les deux préféré baiser que s’retrouver vraiment la dernière fois qu’ils s’étaient vus, non ? Pour faire redescendre la pression, il prit une longue bouffée à sa cigarette, et la garda longtemps dans ses poumons avant de la relâcher. Le passé était l’passé, et maintenant c’qu’ils avaient sur les bras, c’était le présent, rien d’autre. Alors ouais, il préféra demander comment elle tenait le coup, elle, plutôt que d’s’attarder sur des sentiments vieux d’dix ans. « J’peux déjà t’dire qu’y’a une des autres options qui est pas si cool que ça… » il parlait bien évidemment de l’adoption – soi-disant la solution miracle, qui réunissait les familles et faisait des enfants heureux partout. Lui, personne n’avait jamais voulu d’lui, il avait grandi dans des foyers de merde, gérés par des gens qui pensaient plus au fric- et au premier faux pas, on l’avait promis au centre de redressement. Sans Rebekah, il serait en taule aujourd’hui, et pas à cause des Drake. Et puis derrière l’amertume, le sarcasme, son visage s’affaissa, la responsabilité revenant au galop alors qu’il laissait sa cigarette se consumer par-dessus son cendrier ; « J’sais pas quoi t’dire… J’me sens pas non plus être père-… et même si j’l’étais, j’me dis que c’est à toi d’décider, c’est toi qui vas le porter, ce gosse… » la grande injustice d’la vie, hein ? « Mais tu sais où m’trouver, hein ? » ouais, c’était maladroit et gauche, une façon d’dire qu’il était là – vraiment là. Assez pour avoir le courage de la regarder avec une intensité désireuse de capter son attention – qu’ils se voient vraiment. Il n’était pas comme son père, il n’voulait pas être comme lui, alors il serait là pour elle, quoiqu’elle décide. Ouais, ça au moins.

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soulmates aren't rare

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MessageSujet: Re: (rafe), but gravity, it pulls me into you. Ven 2 Mar - 22:56

cause we're just a couple of kids.
take me back to the night, we met in the yard Climbing up to the roof, hidden in the dark With a bottle of wine for two, though I'm already drunk off you. Then we both fell asleep, underneath the stars. We're young and naive, and you're tellin' me That someday, we'll run off together. I'm startin' to think, I'm stuck in a dream, Cause we're young and we don't know better.
rafe hollins et asteria drake

Asteria, elle n’avait pas une très bonne estime d’elle-même. Ses parents ne l’avaient jamais beaucoup aidée avec ça, ils avaient passé plus de temps à la critiquer qu’à l’aider à s’accepter comme elle était. Après la disparition de Shea, ils n’avaient jamais arrêté de lui faire comprendre à quel point elle pouvait être une source de déception pour eux. Ils avaient eu tellement d’espoirs pour leur famille, ils avaient cru que leur héritage était entre de bonnes mains, parce qu’ils avaient Shea et qu’il s’agissait de l’enfant idéale. Celle qui réussissait toujours tout, celle qui était à la hauteur des attentes de tout le monde. Mais elle avait disparu et personne ne savait ce qui avait pu lui arriver, mais, une chose était sûre, pour les parents Drake : ils avaient perdu l’héritière de la famille. Il ne leur restait plus qu’Asteria, la gosse qu’ils avaient longtemps laissé de côté, parce qu’ils devaient se concentrer sur leur fille aînée. Quand ils avaient enfin daigné s’intéresser à elle, ça n’avait été que pour mieux ruiner tout ce qu’elle avait pu avoir, tout ce qui avait pu la rendre heureuse. Ce n’était pas juste, qu’elle n’ait commencé à avoir de l’importance à leurs yeux que lorsque sa sœur avait disparue. Ce n’était pas juste non plus qu’ils l’aient forcé à quitté New-York pour rejoindre l’Australie, tout ça pour la séparer de l’homme dont elle avait été amoureuse. Elle ne savait même pas s’ils pensaient vraiment que Rafe avait quelque chose à voir avec la disparition de Shea, ou s’ils avaient juste décidé de jouer les gros connards en s’en prenant à lui pour l’éloigner d’elle. Tout ce qu’elle savait Shea, c’était que jamais elle n’avait pu compter sur le soutien et l’aide de ses parents. Eux, ils n’avaient eu de cesse de toujours la faire passer pour une idiote, une incapable, alors, elle savait très bien que ce n’était pas eux qui l’aideraient avec ce bébé. Ils ne feraient que lui dire qu’elle serait la pire mère du monde et que ce ne serait qu’un truc de plus qu’elle allait foirer dans sa vie, après tout, fallait être sacrément empotée pour oublier la pilule, alors qu’est-ce que ça donnerait, une fille comme elle avec un bébé ?

Elle ne pouvait pas compter sur eux, elle ne savait pas sur qui elle pouvait compter, à part sur Rafe. Elle ne savait plus trop ce qu’ils étaient tous les deux. Ils avaient été ensemble pendant un moment, avant que les parents Drake ne décident de les séparer et puis, ils ne s’étaient pas revus pendant dix ans. Ils s’étaient retrouvés quand elle était revenu à New-York, elle avait vraiment tenu à le revoir, New-York, ça n’avait pas été un choix qu’elle avait fait au hasard après tout. Ils s’étaient revus, ils avaient couché ensemble et depuis, elle n’avait eu de cesse de se dire qu’elle voudrait le revoir et si elle avait envoyé des sms sur Game Of Thrones, ça n’avait pas été parce qu’elle avait eu une envie folle de parler de ça avec lui ou avec n’importe qui, ça avait été parce qu’elle avait voulu garder le contact avec lui. C’était Rafe et même après dix ans, elle n’avait pas tourné la page. Ça n’empêchait qu’officiellement, s’il fallait à tout prix leur coller une étiquette, ils ne seraient rien l’un pour l’autre, juste un coup des exs qui avaient couché ensemble un soir, récemment et puis point final. Pourtant elle aurait voulu plus que ça, Asteria. Cette sensation, au moins, c’était ce qui la rendait si sûre qu’elle pouvait compter sur lui. Elle n’avait que lui après tout, dans l’immensité de New-York, elle était bien seule, avec son petit job, son petit appartement et ses chats. Mais y avait Rafe et c’était bien la seule personne vers qui elle s’était précipité quand elle avait appris qu’elle était enceinte. Parce qu’il était le père et qu’il fallait bien qu’elle lui en parle, mais aussi parce qu’elle lui faisait confiance, plus qu’à n’importe qui dans cette ville. Est-ce que c’était complètement fou ? Peut-être bien ouais, mais y avait ce sentiment, ancré dans ses tripes, encore là, intact depuis dix ans. Elle faisait confiance à Rafe, parce que dès qu’elle s’était retrouvée en face de lui, son cœur avait recommencé à battre avec la même énergie que dix ans plus tôt et ça lui avait vraiment fait beaucoup de bien, comme si son cœur revenait soudainement à la vie.

Ça ne voulait pas dire qu’ils étaient prêts à avoir un bébé ensemble. Ils n’étaient pas ensemble et même s’ils l’avaient été, Asteria, elle savait qu’elle ne voulait pas de bébé. Pas maintenant, peut-être jamais, elle n’en savait rien, mais là, ce n’était pas le moment, c’était sûr. Ce n’était pas non plus les bonnes conditions. Ils avaient couché ensemble un soir et voilà qu’ils allaient être parents, c’était quand même loin d’être la situation idéale, pour eux comme pour le bébé. Elle ne savait même pas si ça faisait d’elle une mauvaise mère qu’elle s’en fiche qu’il fume, si proche d’elle et si proche du bébé, mais bon comme il le disait, sa mère à lui – aussi peu respectable soit elle – elle avait fumé et il allait bien lui. « Ouais, moi je fume pas de toute façon. » Alors la question ne se posait pas non ? Si elle, elle ne fumait pas, ce n’était pas la fumée de cigarette rejetée par Rafe qui allait contaminer ce bébé. Elle n’en savait rien, elle n’était pas médecin, mais si elle devait s’arrêter de vivre à cause d’un bébé dont elle ne voulait même pas, elle n’avait pas envie d’exiger que Rafe en fasse de même. Qu’il en profite lui, parce qu’au moins, il n’avait pas de bébé grandissant dans son ventre. Il avait de la chance, mais ce n’était pas pour ça qu’elle allait lui reprocher de l’avoir foutu enceinte. Rafe, il ne méritait pas tous les blâmes du monde, il ne méritait pas d’être le seul responsable de cette erreur, tout comme il n’avait pas mérité d’être injustement accusé de la disparition de Shea. Elle avait voulu s’excuser Asteria, comme si c’était quelque chose qu’elle devait faire, parce qu’elle était une Drake, qu’elle ait fuit sa famille ou non et que c’était de la faute des siens que Rafe avait rencontré tant de problèmes dans sa vie. Il n’avait pas mérité tout ça, Terry, elle, elle avait toujours su que Rafe était un type bien et que ni son passé, ni sa couleur de peau ne pourrait la convaincre du contraire. Face à la réponse du brun, elle pinça les lèvres, un peu gênée par tout ça. Ils n’étaient pas obligés de revenir là-dessus alors, s’il n’en avait pas l’envie. Au moins, il savait qu’elle était désolée pour ce qui lui était arrivé et qu’elle aurait vraiment aimé pouvoir changer les choses. Si elle n’avait pas eu dix-sept ans, encore à la charge de ses parents, si elle avait eu le choix, elle serait resté avec lui plutôt qu’avec eux et tant pis si elle avait dû se retrouver seul, sans les finances des siens pour l’aider, ça aurait forcément été mieux que là-bas, enfermée dans cette école religieuse dans laquelle on avait surtout essayé de lui laver le cerveau pour qu’elle ressemble un peu plus à sa sœur aînée. Ça avait été vain, elle était toujours Asteria, la même source de déception pour ses parents. Celle qui allait avoir un bébé, sans que ce soit prévu, sans y être prête, à moins qu’elle ne décide de faire les choses autrement. « Y en a pas une seule qui me semble cool de toute façon. » Entre l’adoption, l’avortement et garder le bébé, y avait aucune option qui lui semblait acceptable. Pourtant, il allait bien falloir qu’elle fasse un choix, rapidement, parce qu’y avait une option qui en plus était limitée dans le temps. « Ouais … Merci. » Elle esquissa un léger sourire, elle savait où le trouver ouais, la preuve elle était venue chez lui ce soir. Mais ce qu’elle comprenait surtout, c’était qu’il lui disait qu’elle pouvait compter sur lui. Elle n’en avait pas douté, mais l’entendre de sa bouche, ça avait quelque chose de rassurant. « Alors, tu l’as regardé cet épisode ? » Elle esquissa un sourire, ce n’était pas une volonté de changer de sujet de sa part, juste un moyen d’entretenir la conversation, le contact avec lui. Elle avait envie de renforcer ses liens avec lui, elle avait envie que leur histoire, quelle qu’elle soit ne dépende pas d’un bébé dont ils ne voulaient pas. Elle voulait apprendre à le connaitre à nouveau et elle espérait aussi qu’il pourrait s’intéresser à elle autrement qu’en pensant au bébé qui grandissait dans ses entrailles ou à ses hormones qui allaient devenir instables, elle n’avait pas envie d’être réduite à ça, certainement pas dans les yeux de Rafe.

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in the dead of the night, i'll make it up to you.
Took your heart, took your hand, Promise you all that I have Hoping that you understand I'm far from a perfect man. 'Cause honey it's been a hard year It seemed like we're going nowhere. In our darkest hour, in the dead of the night I'll make it up to you. Your hands in mine I'll make it up to you.
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(rafe), but gravity, it pulls me into you.

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