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(rafe), but gravity, it pulls me into you.

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arrivé(e) le : 19/06/2017
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MessageSujet: (rafe), but gravity, it pulls me into you. Dim 21 Jan - 23:19

cause we're just a couple of kids.
take me back to the night, we met in the yard Climbing up to the roof, hidden in the dark With a bottle of wine for two, though I'm already drunk off you. Then we both fell asleep, underneath the stars. We're young and naive, and you're tellin' me That someday, we'll run off together. I'm startin' to think, I'm stuck in a dream, Cause we're young and we don't know better.
rafe hollins et asteria drake

Il fallait qu’elle parle avec Rafe. C’était une évidence qui s’était imposé à elle dès qu’elle avait vu le résultat positif du test de grossesse. Au moins celui du dix-septième qu’elle avait passé. Parce que ouais, le premier, elle avait eu des doutes, elle s’était dit que peut-être, il déconnait. Mais elle avait passé dix-sept tests, de marques différentes achetés dans des pharmacies différentes. Ouais, elle était allée comme une conne dans dix-sept pharmacies à travers la ville. Ils avaient tous donné le même résultat. Est-ce qu’elle pouvait encore avoir des doutes ? C’était sans parlé de son retard dans ses règles et du fait qu’elle avait passé la matinée à gerber ses tripes dans les toilettes. Est-ce qu’elle devait vraiment aller passer un examen sanguin avant d’en parler avec Rafe ? Au moins, elle aurait eu des papiers à lui présenter pour lui prouver qu’elle n’inventait rien. Au lieu de ça, elle avait dix-sept tests sur lesquels elle avait pissé – heureusement qu’elle avait une petite vessie, la condamnant à aller aux toilettes toutes les demi-heures. Mais évidemment, elle n’allait pas lui ramener ça, de toute façon, ils étaient à la poubelle maintenant. Elle avait poussé le vice jusqu’à éplucher ses tickets de caisse, parce qu’elle s’était souvenue que la dernière fois qu’elle avait eu ses règles, ça lui était arrivé en plein milieu de la journée et qu’elle n’avait rien eu dans son sac pour éviter les fuites, alors elle avait couru jusque dans la boutique la plus proche pour acheter quelque chose. Maintenant, elle connaissait le premier jour de ses dernières règles, en plus de connaitre la date de son dernier rapport sexuel. Elle avait toutes les infos nécessaires à donner au médecin et sans bilan sanguin elle était certaine d’être enceinte, parce que ça faisait vraiment longtemps qu’elle n’avait pas eu ses règles. Franchement, ça ne lui manquait pas, mais elle aurait préféré ne pas être enceinte.

Il fallait qu’elle le dise à Rafe et si elle pouvait éviter de le faire en lui parlant d’abord de ses ragnagna, ce serait pas mal quand même. Elle avait hésité à lui envoyer un sms, elle aurait eu l’air très intelligente encore, à lui parler de ses règles, par sms après un message sur une série auquel il n’avait même pas répondu. Le pire, c’était qu’elle en était capable, tellement elle était débile. Non, elle allait aller le voir. Est-ce qu’il était chez lui ce soir ? Est-ce qu’il fallait qu’elle lui envoie un sms pour lui demander s’il était chez lui ? Est-ce qu’il avait envie de la voir ? Est-ce qu’il fallait qu’elle lui demander s’il avait envie de la voir ? Est-ce que, plein de trucs, plein de questions débiles qui ne cessaient de tourner dans sa tête de parfaite idiote. Il n’avait jamais eu l’air de vouloir la revoir après la nuit qu’ils avaient passé ensemble. Normal, elle avait foutu sa vie en l’air, c’était bien le souvenir qu’il devait avoir, d’elle et de sa famille. Dix ans plus tôt, il aurait pu aller en prison et elle ne savait toujours pas ce qui avait empêché ses parents de porter plainte pour détournement de mineur. Elle leur avait dit de ne pas le faire, évidemment, mais ce n’était pas comme s’ils avaient l’habitude de l’écouter, sinon, ils auraient entendu aussi, quand elle avait dit que Rafe n’avait rien à voir avec la disparition de Shea. Mais Asteria, elle n’était que la petite voix abrutissante dans leurs oreilles et dont ils étaient lassés. Asteria, c’était leur plus grosse erreur, leur plus grande déception, alors, non, ils ne l’avaient jamais écouté et brisé la vie de Rafe, n’avait probablement été qu’un prétexte pour eux pour la voir crouler sous la culpabilité, parce qu’elle l’avait entendu ça aussi, que c’était elle qui était responsable de ce que ce pauvre garçon avait pu subir. Comme si ça avait été un plan minutieusement travaillé de la part de ses parents, s’en prendre à Rafe, la culpabiliser, attendre qu’elle cherche à se repentir et être là pour lui donner les clés nécessaire à sa réussite. Ça n’avait jamais marché comme ils l’avaient voulu. Elle s’en voulait pour ce qu’ils avaient fait à Rafe, ouais, ça c’était gagné, elle était persuadé d’avoir foutu sa vie en l’air, mais elle n’avait jamais écouté les bons conseils de ses parents, alors elle était resté une déception pour eux et jamais ils ne se remettraient de la disparition de Shea, elle qui avait été tellement mieux que sa cadette.

Shea, elle ne serait pas tombée enceinte comme ça. Evidemment que non, parce que Shea avait été une foutue sainte. Shea avait été parfaite, brillante, intelligente, sage, obéissante, ambitieuse. Shea avait été tout ce que les parents Drake avaient toujours voulu et puis elle avait disparu et il ne leur restait plus que leur fille ratée, celle sur qui ils n’avaient même jamais compté, parce qu’ils avaient eu Shea pour honorer la famille, alors Asteria c’était juste … la deuxième fille, celle qui avait été conçue histoire de dire sans doute, parce qu’un seul enfant dans un couple aussi soudé que les Drake, ça faisait bizarre. Ou peut-être qu’elle avait été un accident dont ils n’avaient jamais voulu, une plaie pour eux, une erreur de parcours, un bébé qu’ils avaient gardé bien malgré eux. C’était ce qu’elle se demandait maintenant, alors qu’il lui semblait bien que le mépris qu’ils avaient pour elle existait depuis toujours, pas seulement depuis l’affaire Shea. Ce n’était pas à eux qu’elle allait dire qu’elle était enceinte. Bien que catholiques jusqu’au bout des ongles, ils seraient fichus de lui conseiller l’avortement, parce que même Dieu n’était pas assez fou pour vouloir confier un bébé à une fille comme elle, là, c’était le petit Jésus en personne qui voudrait qu’elle avorte, pour le bien de cet enfant, mieux valait ne pas exister, qu’être élevé par une femme pareille. Est-ce qu’elle devait avorter alors ? L’idée était bien là, dans un coin de son esprit et ce n’était pas parce qu’elle avait passé de nombreux dimanche à la messe, qu’elle était baptisée, qu’elle avait fait ses communions et qu’elle était restée enfermée de ses dix-sept à vingt-et-un ans chez les bonnes sœurs, qu’elle n’était pas déjà allée dans une clinique pour avorter. Elle avait perdu foi en Dieu depuis bien longtemps de toute façon. Mais là, ce n’était pas la question. Elle voulait en parler à Rafe avant tout de chose et peut-être que c’était un excellent prétexte pour pas se poser la question de quoi faire de ce bébé. Mais Rafe, est-ce qu’il allait lui demander ce qu’elle avait l’intention de faire de cet enfant comme si elle avait déjà la réponse ? Est-ce qu’il lui dirait qu’il s’en fichait, qu’elle n’avait qu’à se débrouiller tout de seule, qu’il ne voulait pas d’un enfant et encore moins d’un mini Drake ? Trop de questions auxquelles elle n’aurait pas de réponse avant d’être allée le voir. Alors, elle avait enfilé ses chaussures récupéré son sac à main et celui dans lequel elle avait mis un gâteau qu’elle avait fait elle-même, un beau gâteau, cuisiné avec tout le talent qu’elle avait, décoré avec toute la patience du monde, parce que c’était ce qu’elle faisait pour se vider la tête, elle cuisinait. Au moins, il aurait un beau gâteau, ce serait déjà ça. Elle avait attrapé le premier taxi avant d’atterrir devant son appartement. Elle hésita avait de finalement frappé à la porte, maintenant qu’elle était là, c’était pas le moment de faire marche arrière. Il avait finalement ouvert la porte. « Salut. » Elle lui adressa un large sourire, ceux qu’elle avait appris à servir à ses parents, comme pour dissimuler chacune des blessures qu’ils lui infligeaient, peut-être sans jamais s’en rendre compte. Elle savait offrir de radieux sourire comme ça, pour dissimuler toute la misère du monde. C’était aussi facile pour elle que de se mettre à pleurer comme une fontaine. Qu’il profite du sourire alors, parce qu’il aurait probablement le droit aux larmes aussi. « T’as un peu de temps ? J’ai besoin de te parler. J’peux repasser plus tard sinon. » Parce qu’elle ne s’imposait pas Asteria et elle était très douée pour prendre la fuite, alors bon. Elle ne l’avait pourtant jamais fait avec lui, c’était les autres, qu’elle avait fui, pour le retrouver lui et c’était lui, qui en avait payé les conséquences. « Je t’ai fait un gâteau. » Cette fois, peut-être que c’était sa façon de le convaincre de la laissé entrer, ou il pouvait toujours prendre le gâteau et lui dire qu’il n’avait pas le temps de lui parler. Pourquoi est-ce qu’il lui fermerait la porte au nez ? Elle n’avait rien fait de mal depuis la dernière fois non ? Elle n’avait pas l’impression, mais c’était comme si elle avait l’impression qu’il savait ce qu’elle avait à lui dire et que ça justifierait qu’il l’envoie chier. Mais il ne savait rien et il pouvait difficilement deviner, avec juste un grand sourire et un gâteau.

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in the dead of the night, i'll make it up to you.
Took your heart, took your hand, Promise you all that I have Hoping that you understand I'm far from a perfect man. 'Cause honey it's been a hard year It seemed like we're going nowhere. In our darkest hour, in the dead of the night I'll make it up to you. Your hands in mine I'll make it up to you.
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MessageSujet: Re: (rafe), but gravity, it pulls me into you. Dim 21 Jan - 23:31



i had you for that

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rafe hollins &asteria drake

Au bout d’un moment, après un certain temps passé dans le même bordel, ça faisait franchement bizarre, de ranger. C’était la conclusion à laquelle était arrivé Rafe, en s’posant sur son canapé, pour ce qui lui semblait presque être du vide. Il y était pourtant habitué, depuis l’temps; ce soir, il n’y avait pas de fille devant qui prétendre avoir le contrôle sur quoique ce soit dans sa vie, pas de personne à ‘amuser’ d’une quelconque façon - parce que fallait en faire, des efforts, hein, pour s’en foutre une au pieu. Non, ce soir, il n’y avait que Rafe, et son gros chien. Celui-ci était resté affalé dans son panier pendant tout l’temps qu’avait duré toute cette mascarade, lançant des regards circonspects et nonchalants à son maître qui s’était vaguement démené. Parce qu’au bout d’un moment, mettre de l’ordre dans la paperasse, ça l’avait gavé, le brun, et il avait fini par fourrer ce qui lui restait à faire, dans un tiroir qui n’s’était fermé que par l’opération du St Esprit. Au moins, s’il devait chercher un truc de c’genre-là, il saurait que c’était dans c’tiroir-là, ou dans les classeurs qui pouvaient avaient été, eux, bien rangés. En éternel insatisfait, critique ou cynique qu’il était, le Hollins n’était pour autant, pas forcément satisfait de tout c’qu’il avait accompli, depuis qu’il était rentré du boulot; et dire que malgré tout ça, il n’avait toujours pas regardé le nouvel épisode de Game of Thrones, abandonnant le message d’Asteria dans un coin de son téléphone, comme s’il ne signifiait rien. Si seulement il pouvait s’blaser aussi vite de certaines autres choses si chères à son coeur, qu’il ne l’faisait pour une série télé, sa vie serait beaucoup plus facile. Peut-être même, pas que la sienne. Revoir le visage de Terry, s’dire qu’elle n’avait pas beaucoup changé depuis des années mine de rien, ça n’avait fait que rouvrir des plaies dont il n’avait pas eu besoin. Et un mois plus tard, ou quelque-chose comme ça, c’était comme si elle venait tout juste de quitter son appartement, laissant derrière elle l’arôme de son parfum, l’empreinte de sa présence, et tant de regrets qu’il n’pouvait les nommer. Y’avait bien que les parents Drake pour réussir à transformer c’qu’ils avaient eu, si jeunes, en quelque-chose de l’ordre du ‘regret’; et ça le gavait, Rafe. Pourtant, ce serait inhumain qu’il pense différemment - à trier ses papiers, le jeune homme avait eu l’occasion de les revoir, tous les morceaux de paperasse qui avaient concerné la disparition de Shea, et les procédures par lesquelles il avait dû passer pour essayer d’un tant soit peu sauver sa peau. Rebekah avait beaucoup aidé, elle avait toujours été, s’battant comme une lionne contre des adversaires qui avaient toujours semblé plus grands qu’elle. Juste pour lui. Quelle connerie. Il n’méritait probablement pas tout ça, qu’il s’disait, Rafe, les prunelles noires ayant inscrit récemment les mots à sa mémoire; et dire qu’il avait été suspecté d’avoir enlevé cette fille, d’avoir causé sa disparition, ou il n’savait quoi. On n’avait jamais retrouvé de corps, de piste concrète ou quoique ce soit, après tout, alors comment est-ce que les flics auraient nommé son cas, s’ils avaient dû aller plus loin que des spéculations, et un harcèlement constant? Ça, c’était un putain de gros classeur, conservé dans ses affaires, et rangé avec une précision maniaque; il n’savait pas, après tout, quand est-c’qu’il en aurait encore besoin - avec Shea, vivante ou morte, toujours dans la nature, c’était constamment sur lui que les ‘soupçons’, les ‘spéculations’ et les possibilités revenaient. Malgré son alibi, ses témoins, et tout ce que son avocat avait appelé être des ‘preuves circonstancielles’ qui n’seraient jamais passées devant quelque cour que ce soit. Ouais, il s’était engueulé avec Shea, le dernier soir qu’elle avait été vue; c’n’était pas pour autant qu’il lui avait fait quoique ce soit - c’n’était pas pour autant qu’il était innocent de tout; est-c’que c’n’était pas terriblement dégueulasse, d’retrouver Asteria dix ans plus tard, et d’faire comme si de rien n’était?

Elle pouvait au moins croire la blonde, qu’il n’retenait pas quelque rancoeur tenace que ce soit - pas à son égard à elle, du moins. Mais l’apparition de Terry, comme ça, dans son champ de vision, un beau jour où tout aurait dû être normal et habituel, à force, ç’avait été un choc. Presque un choc duquel il n’s’était pas remis, malgré les constants sms de la jeune femme, malgré son omniprésence dans son répertoire - c’était des sms, pas même des appels, ni quelque contact réel, comme si la seule nuit qu’ils avaient passée ensemble était tout ce qu’ils pouvaient s’permettre. Ou peut-être tout ce dont ils pouvaient avoir envie, après tout ce temps, à s’perdre de cette façon. A trente-deux ans, toujours, le brun était incapable de savoir si un jour, son histoire avec Asteria avait eu une fin claire et nette. Le silence radio aurait dû être assez net et indéniable; pourtant, beaucoup de choses étroitement liées aux Drake, faisaient qu’il était là aujourd’hui, dans cet appart’ à broyer du noir, avec ses pensées en solitaire, et ce foutu gros classeur bouffant de la place dans ses affaires. De toute manière, elle n’était pas revenue pour lui, Terry; dix ans plus tard, malgré c’qu’ils s’étaient dit, malgré les plaies qu’ils avaient laissée bien ouverte quand elle était partie, elle était revenue pour ses rêves, ses envies, son futur, et non pas pour quoique ce soit les concernant eux. Au moins, peut-être qu’elle ne l’détestait pas, peut-être que là-bas, en Australie, juste avec sa famille, elle n’avait en tout cas pas été lobotomisée par leurs croyances à eux; celles qui le clouaient aux piloris comme le coupable idéal, celles contre lesquelles il n’avait jamais rien pu faire. Il n’avait jamais eu, lui, vraiment de trêve dans tout ça; à Los Angeles, les parents Drake avaient toujours trouvé la plus petite opportunité qui soit pour encore et encore relancer l’affaire de leur fille - et où qu’il aille, dans quelque quartier de la ville qui soit, cette histoire sordide avait toujours suivi Rafe. Il avait fini par complètement baisser les armes, abdiquer; il n’avait pas envie d’fuir, pas envie de s’casser à l’autre bout du pays, en coupant les ponts avec la seule et unique personne qui importait encore dans ce Los Angeles pourri jusqu’à la moelle. Rebekah méritait mieux qu’ça. Il méritait mieux qu’ça. Depuis l’autre bout du monde, il avait eu envie d’croire que les Drake, de toute manière, ils n’pourraient pas le faire chier bien longtemps. Pourtant, il en tenait une belle là, de Drake, qui n’avait jamais quitté sa tête, ni son coeur, ni ses souvenirs, ni ses rêves; ç’avait pourtant été supposé être une ‘amourette de jeunesse’; et Asteria avait été censée n’jamais revenir dans le pays, et encore moins dans cette ville-là. Et si à vingt-et-un, vingt-deux ans, Rafe aurait pu trouver quelque justification que ce soit, à la niaiserie qui le paralysait, aujourd’hui, il faisait partie d’ceux qui trouvaient ça complètement débile. Mais c’était plus fort que lui; c’genre de sentiment qu’il n’avait jamais réussi à combattre, une hydre à trois têtes qui gouvernait sa vie. Frôler la taule, ç’aurait dû être une bonne façon d’éveiller assez de haine dans le gamin qu’il avait été, défavorisé, abandonné et maltraité, poussé sans cesse au bord du précipice par des gens ‘plus grands’ que lui. Il n’avait jamais détesté Asteria pour ça; elle n’avait pas eu besoin de partir à l’autre bout des océans pour que ce soit quelque-chose de clair chez lui. Non, il avait été assez con pour plus souvent penser à elle qu’à lui, pour s’demander si elle, elle le détestait, si elle, elle le blâmait pour ce qui était arrivé. Si elle, elle souffrait. A l’époque, ils n’auraient pas pu faire grand-chose de plus; alors pourquoi est-c’que ça restait, tout ça, si profondément inscrit chez le Hollins, comme une succession de mauvais choix, d’échecs, de coups de pute, de véhémence et d’incompréhension, le tout balancé droit dans sa tronche, rien qu’à lui, le coupable idéal?

C’était du passé, c’était du passé. Du passé au passé. Et il avait beau s’répéter ça encore et encore, devant Game of Thrones, en pensant à regarder l’épisode de Game of Thrones, ou pendant n’importe quel autre moment de son quotidien, que c’en était frustrant, rien que n’bouge pour autant, en lui. Pourquoi est-c’qu’Asteria était à Los Angeles, si ‘cool’ avec le fait de lui parler d’une série débile, quand ils avaient dix ans d’un passé douloureux et chaotique à retracer? Qu’est-c’qu’elle avait fait, qu’est-c’qu’elle était devenue, qu’est-ce qui lui était arrivé? Peut-être aurait-il dû pousser dans ces questions avant d’la foutre dans son lit, avant de s’perdre dans les envies brûlant dans ses tripes. Ç’aurait été inhumain. Mais c’était totalement hypocrite, qu’il s’pose toutes ces questions, comme si elle était une voie de communication à sens unique, Asteria; mais si elle n’voulait pas lui dire, pas lui parler, est-c’qu’il était censé la harceler jusqu’à c’qu’elle craque? Le truc, c’était qu’aussi limpide et évidente la situation était-elle dans son crâne à lui, dès qu’elle s’échappait d’ses pensées, tout était beaucoup plus compliqué; est-c’qu’il voulait vraiment savoir c’qu’elle avait fait, pendant toutes ces années, si loin de lui, sans lui, sans lui donner le moindre contact? Est-c’qu’il voulait vraiment savoir, c’qu’elle ressentait pour lui, malgré la nuit qu’ils avaient passée ensemble? Evidemment des sentiments qui avaient bien changé de la dernière fois qu’elle avait été jusqu’à son chez lui, un autre appartement dans un autre quartier, qu’il avait laissé derrière lui depuis bien longtemps. Le passé au passé, et Terry semblait plus apte à décrire cette expression, qu’il ne l’serait jamais. Pendant des années entières, après tout, on l’avait bien forcé à l’garder bien en mémoire, ce jadis précis. Peut-être que maintenant qu’il avait tout son temps pour ce soir, il allait le regarder, ce fameux épisode de Game of Thrones. Et peut-être qu’il allait même faire un genre d’effort, pour formuler une réponse au sms, désormais bien vieux, de la Drake. En faisant tourner son téléphone entre ses doigts, Rafe en vint à cette conclusion, comme un genre d’épiphanie, accompagnée d’un vague sourire caressant le coin de ses lèvres, qu’il n’put absolument pas contrôler. Non, il n’pouvait rien contrôler quand il était question d’Asteria; ni les questions qu’il n’posait pas sur le moment, parce qu’il était pris de court dans ses mots, ni les questions qu’il brûlait d’envie de poser une fois qu’elle n’était plus là. Ni c’qui se passait ‘pendant’, quand elle était si près de lui, que tout c’qu’il voulait faire, c’était la serrer dans ses bras, persuadé que dix ans, c’était rien, en comparaison de c’qu’ils avaient partagé, dans leur ‘amourette de jeunesse’. Il avait à peine allumé Netflix pourtant, et plus ou moins arrangé tout autour de lui pour une bonne heure à glander devant sa télévision, attrapé ses lunettes de vue qui avaient été sur la table du salon, qu’on frappa à la porte. Il n’recevait pas masse de visite, techniquement, le jeune homme; parfois, c’était même un voisin qui venait le faire chier, ou le facteur - qui ne passait pas à cette heure-ci - ou quelqu’un qui s’était trompé d’porte. Mais ses amis, Rebekah, les gens qu’il côtoyait au jour le jour, ils n’se pointaient pas juste comme ça, chez lui, probablement trop sûrs qu’ils pourraient tomber en plein dans une situation compromettante, s’ils faisaient ça. Et dans toutes les hypothèses de ‘peut-être’ et de visages bien connus à sa vie, quand il remarqua qu’Asteria était celle devant sa porte, Rafe en fut juste-... soufflé. Pris de court, dans sa respiration et dans la chaine de ses pensées. « Hey... » il réussit à lui balbutier, quand même, mi-figue-mi-raisin comme l’expression ancrée dans les traits de son visage; un genre de sourire incontrôlable et naturel quand il était question de Terry, entrecoupé de la nette incompréhension à ce qu’elle soit là, devant sa porte, comme ça. Il en vint même à la sonder de la tête aux pieds, et des pieds à la tête, pour s’assurer que ce soit elle; pour s’foutre une gifle mentale, alors que la blonde en face de lui était bien réelle, et semblait croire qu’il serait capable de suivre c’qu’elle disait. « Non. Ça va... j’ai du temps. » c’est tout ce qu’il put triller dans le brouhaha de ses pensées, une main nonchalante grimpant jusqu’à ses cheveux pour s’emmêler dans ses boucles noires, comme s’il faisait mine de réfléchir. « Bah-... vas-y, entre. » malgré ses volontés, le ton ne put paraître autre chose, que mi-circonspect, mi-forcé. Elle se pointait devant chez lui, pour parler, et apparemment, elle avait même fait un gâteau pour l’occasion, quand bien même c’n’était pas son anniversaire à lui. Et à ses souvenirs, c’n’était pas son anniversaire à elle non plus. « Qu’est-c’qu’y me vaut un gâteau, franchement? » demanda-t-il franco, un sourire cette fois, plus sympathique, et plus cynique à la fois, détendant l’atmosphère alors qu’il refermait la porte derrière eux. C’était soit ça, soit il lui demandait pourquoi elle était là, ou pourquoi est-c’qu’elle avait besoin de parler; somme toute, trois modèles de questions bien différents, qui amenaient au même endroit. Et à voir la tronche de la blonde en face de lui, il n’était pas sûr d’vouloir entendre quoique ce soit; même si elle devait repartir en Australie, comme ça, demain, y’avait pas besoin d’y mettre des formes aussi faussement polies et dramatiques - le symbole même de tous les Drake - elle n’avait qu’à embarquer dans son avion et s’casser, c’n’était pas nouveau pour lui.

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MessageSujet: Re: (rafe), but gravity, it pulls me into you. Dim 21 Jan - 23:40

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rafe hollins et asteria drake

Elle n’avait jamais envisagé d’avoir d’enfants, Asteria. Pas qu’elle déteste les enfants, non, elle les trouvait mignon et elle avait un bon feeling avec eux, mais elle n’avait jamais songé à être mère un jour. Fallait dire que ça nécessité quand même la présence d’un homme dans sa vie et que jamais elle ne s’était dit qu’elle tomberait enceinte d’une histoire d’un soir, après tout, elle connaissait les capotes. Pourquoi elle était tombée enceinte alors ? Elle ne savait même plus s’ils avaient pris le temps qu’en utiliser une de capote, c’était pas le détail qu’elle avait retenu de la soirée. Elle avait été avec Rafe et ça ressemblait à un rêve qu’elle avait en tête depuis dix longues années, alors franchement la contraception, ça avait été le cadet de ses soucis et maintenant elle était bien incapable de dire si elle était enceinte parce qu’ils avaient été trop cons pour utiliser une fichue capote ou s’ils en avaient utilisé une et que par le plus grands des hasards, elle avait craqué ou une connerie de ce genre. C’était probablement un risque à prendre quand on faisait l’amour avec Asteria Drake de toute façon. Elle avait tellement la poisse que dans le 1% de capotes défectueuses de tout un stock, fallait que ça tombe sur elle. Si elle avait pris la pilule, elle n’en serait pas là et là, c’était pas la pilule qui était défectueuse, mais bien la nana qui l’oubliait trois fois sur quatre. Un mec lui dirait sans doute alors que c’était de sa faute, qu’elle avait qu’à prendre cette maudite pilule, c’était facile à dire pour eux, puisqu’ils n’étaient pas ceux censés prendre un cachet par soir comme si c’était vital. Rafe ne dirait pas ça non ? Rafe, c’était un mec bien. C’était ce qu’elle se disait pour se rassurer, mais qu’est-ce qu’elle en savait dans le fond ? Tout ce qu’elle avait en tête, c’était un Rafe de vingt-deux ans qui l’avait aimée. Il l’avait payé bien cher, alors peut-être qu’il aurait bien raison de la blâmer pour ce bébé ou pour tout ce qu’elle n’avait de cesse de compliquer dans son existence.

Elle n’avait jamais voulu ça Asteria. Elle était tombée amoureuse de lui et qu’est-ce qu’elle y pouvait franchement ? Qu’est-ce qu’il y avait pu, lui, s’il l’avait aimé en retour ? C’était quelque chose qu’elle n’avait jamais compris, la blonde, comment on avait pu leur dire qu’ils n’avaient pas le droit de s’aimer, comment une histoire qui les avait rendus heureux tous les deux avaient pu se transformer en un genre de crime. Ça n’avait jamais eu de sens à ses yeux. Elle avait été mineur, il avait été majeur, mais qu’est-ce que ça pouvait bien faire, elle avait eu seize ans quand ils avaient commencé à se fréquenter et il ne lui avait jamais fait de mal, il ne l’avait jamais forcé à rien du tout. Franchement, qu’il est eu vingt-et-un an ou vingt, elle était où la différence ? Leur relation aurait été plus acceptable s’il avait eu un an de mois ? C’était complètement ridicule. Maintenant au moins, elle était majeure et vaccinée, elle n’était pas loin de fêter ses trente ans, alors y avait – logiquement – plus personne pour l’emmerder. Elle pouvait faire ce qu’elle voulait, coucher avec qui elle voulait et sans doute qu’elle ne pouvait s’en vouloir qu’à elle-même pour les conséquences de ses actes. Elle aurait voulu que ce soit différent avec Rafe. Elle avait voulu le retrouver beaucoup plus tôt, mais on ne l’avait pas autorisé à lui écrire, quand elle avait été chez les bonnes sœur et c’était pas comme si elle avait eu le droit à son portable, là-bas. Quand elle était sortie, on l’avait tellement convaincue qu’elle avait ruiné la vie de Rafe qu’elle n’avait pas pu se résoudre à le contacter de nouveau. Après quatre ans, de toute façon, elle s’était dit qu’il avait dû refaire sa vie, qu’il devait être heureux, maintenant, sans elle et le malheur qu’elle lui avait apporté, alors autant ne pas remuer le couteau dans la plaie. Mais, quand elle était revenue à Los Angeles, elle n’avait pas tenu longtemps avant de commencer à le rechercher et une fois qu’elle avait retrouvé sa piste, elle n’avait pas pu résister à l’envie de le revoir. Elle n’avait pas pu lui résister à lui non plus. Pendant une soirée, ça avait été comme si les dix dernières années n’avaient jamais existé. Est-ce qu’ils auraient dû en parler, pourtant, avant de se retrouver dans le même lit ? Elle n’en savait rien Asteria, ce qu’elle avait su ce soir-là, c’était que pour la première fois depuis dix ans, elle s’était sentie vraiment heureuse.

Un bonheur de courte durée de toute évidence, puisque ça n’avait été qu’une histoire d’un soir. Est-ce qu’elle était en droit de lui en demander plus de toute façon ? Elle avait voulu parfois, lui demander s’ils pouvaient parler, d’eux deux, comme si y avait encore un ‘eux deux’ qui était possible et puis, elle s’était réfugiée dans ses sms débiles, légers et qui les éloignait de tout ce qui pouvait être trop sérieux, trop compliqué, trop douloureux. Y aurait pas d’eux deux au futur, tant qu’ils n’auraient pas pris le temps de parler d’eux au passé. De toute façon, y avait bien qu’elle pour ressentir la même chose aujourd’hui que dix ans plus tôt, parce qu’elle était comme ça Asteria, naïve et complètement idiote. Maintenant, ils allaient avoir un bébé ensemble, alors y avait bien un futur qui se profilait à l’horizon, certainement ce dont elle pouvait rêver, toute seule sans son coin depuis dix longues années. Elle ne savait pas comment ça allait se passer, elle n’y réfléchissait pas vraiment, comme si examiner les options qui s’offraient à elle était trop douloureux, trop compliqué et qu’elle préférait d’abord en parler avec Rafe. Peut-être que lui, il saurait quoi faire. Peut-être qu’il voudrait simplement qu’elle se débarrasse du bébé et est-ce qu’elle le ferait ? Elle n’en savait vraiment rien. Elle s’était contentée de passer une bonne partie de la journée à faire un gâteau, un beau gâteau comme si ça pouvait l’aider à oublier tout le reste et maintenant, elle était là, devant Rafe, avec son beau gâteau et sa nouvelle qui ressemblait à une bombe qu’elle tenait entre les mains. « Okay, super. » Qu’elle lui répondit en entrant dans son appartement, comme si c’était vraiment cool qu’il ait du temps à lui accorder. Ça l’était sans doute, vu comme ça, si y avait pas eu d’histoire de bébé à ajouter à tout ça. C’était pas cool ce soir. « Oh, j’aime bien faire des gâteaux, ça m’occupe et je me suis toujours dis que c’était mieux de venir chez les gens avec quelqu’un plutôt qu’avec les mains vides, alors … » Elle haussa les épaules. Peut-être qu’aussi, offrir des gâteaux comme ça, c’était un moyen de se faire apprécier, elle en apportait à ses voisins, à ses collègues et maintenant même à Rafe. Est-ce qu’elle avait besoin de ça pour qu’il l’apprécie ? Est-ce que ça marchait avec quelqu’un ou est-ce qu’elle passait juste pour la pauvre fille désespérée qui apportait des gâteaux aux autres pour se convaincre elle-même qu’elle avait une vie sociale bien remplie ? Ça lui vidait la tête ai moins, de faire la cuisine. « Je te le pose ici. » Qu’elle précisa comme si c’était nécessaire alors qu’elle s’était avancée dans l’appartement pour poser le gâteau sur la première table qui rencontra son chemin. « Ça va toi ? » Elle ne pouvait s’empêcher de poser la question, pas juste parce que ça faisait partie des règles de politesse, mais surtout parce que c’était Rafe et qu’elle était soucieuse de savoir si tout allait bien pour lui, en plus il n’avait pas répondu à son sms depuis quelques jours et elle avait tendance à s’angoisser bêtement, quand lui, il ne lui répondait pas et à sourire niaisement, dès que son nom s’affichait sur son téléphone. Alors évidemment, qu’elle avait besoin de savoir comment il allait, pas par politesse, pas pour un sms, mais parce que c’était lui.  

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MessageSujet: Re: (rafe), but gravity, it pulls me into you. Lun 22 Jan - 0:11



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Dix ans; dix ans qu’il avait vécu sans un seul Drake dans sa vie. On avait essayé de lui faire gober que c’était tant mieux comme ça, qu’il n’en était que mieux: au moins il n’y avait plus personne pour sous-entendre quoique ce soit sur lui, plus de voisin bien chiant pour faire tourner des rumeurs à son sujet, le transformant en tueur, en violeur, en n’importe quoi qu’il n’était pas. Dans les souvenirs inscrits au plus profond de sa mémoire, Rafe était persuadé de les avoir côtoyés, les types qu’on avait essayé d’le faire passer pour; des violeurs, des tueurs, des trafiquants de drogue, de dangereux criminels qui n’avaient eu de cesse de venir et revenir dans la vie de sa génitrice. Il se souvenait des cris dans la nuit, des mains baladeuses, des gifles que sa mère avait envoyées dans la gueule d’autres, avant de s’en prendre une elle aussi, sonnée au point d’en tomber par terre. Il avait détesté, Rafe, qu’on l’associe à des êtres humains pareils, des gens qui avaient pendant des années, hanté ses cauchemars, et rythmé la petite existence qu’il avait eue, enfant. Pourtant, le brun n’avait jamais eu assez de rancoeur en lui pour complètement enterrer ses voisins- ses voisines surtout; évidemment qu’il s’était demandé c’qu’y avait pu arriver à Shea. Il s’était imaginé des scénarios bien différents, où il n’lui disait pas toutes ces horreurs, et où elle ne balançait pas les siennes avec tant de haine; ils avaient été amis pendant des années, après tout. Et peut-être que si la jeune femme était restée avec lui, plutôt que tracer son chemin, ils n’en seraient pas là, ni les uns, ni les autres. Trop de remords pour des gens comme ça, dirait Rebekah, qui finalement, se révélait être plus rancunière que le gamin qu’elle avait éduqué. Lui-même, il s’estimait plutôt tenace dans ses vieilles colères, mais c’n’était pas grand-chose, comparé à tout ce que sa mère adoptive avait pu dire, au sujet des Drake, encore et encore, retournant son amertume vis à vis de gens qui n’avaient eu pour seul objectif, que celui de le torpiller, Rafe, dès le premier jour où il avait fait tâche dans leur quartier de blancs riches. Et toute une décennie plus tard, il s’retrouvait face aux contradictions qui s’étaient lentement mais sûrement érigées dans son crâne: il avait tourné la page - plutôt, ouais. Dans l’genre désespéré qui n’se posait pas, qui n’se posait plus, et qui traitait toutes ses relations avec une superficialité ingrate. Y’avait plein de gens autour de lui qui n’cherchaient pas plus loin: tout un océan avait fini par séparer Rafe d’Asteria, et il avait fallu que ce soit suffisant à c’qu’il passe à autre chose, de la meilleure façon qui soit. A trente-deux ans, il devait bien prouver qu’ils avaient tous échoué; mais ils s’en foutaient. Malheureusement pour lui, ironiquement, cruellement même, il avait plus souvent pensé aux Drake pendant ces dix ans, qu’ils n’avaient pensé à lui. Quoiqu’ils en disent, quoiqu’ils aient essayé d’lui faire porter comme blâme, ils avaient pourri sa vie plus qu’il n’avait pourri la leur. Le gros classeur, si soigneusement conservé dans son placard, en était la preuve indéniable. Mais malgré leurs affaires, l’amoureux qu’il avait été, avait été incapable d’regretter quoique ce soit, de ce qui l’avait lié avec Terry - ç’avait été trop bon, trop reposant, trop évident pour que qui que ce soit leur prenne ça. Même en taule, même poursuivi encore et encore pour des faits qui perdaient toujours plus en crédibilité, ils n’avaient pas ruiné ça - ni les parents de la jeune femme, ni le reste du monde. Tant bien que mal, il avait toujours gardé Asteria dans ses bons souvenirs - peut-être à tort, mais dix ans plus tard, il avait suffi d’une soirée à peine pour qu’elle remette en question toutes les lois physiques qu’il s’était lui-même créées, par sécurité, avec le temps.

Quel con. Il n’aurait jamais pu passer son chemin, faire comme si de rien n’était, pas même pour prendre la fuite, ce soir-là, dès qu’il avait posé son regard sur l’Asteria adulte qu’il n’avait pu construire que dans ses songes jusque-là. Aucun brin d’imagination qu’il avait pu développer avec le temps, n’avait eu quoique ce soit à voir avec la réalité pure et dure, bien concrète, qui s’était présentée devant lui, en la personne de cette blonde, pétillante, vivante, vraie comme autrefois. Mais peut-être bien qu’au-delà de cette soirée, et d’cette nuit qu’ils avaient passées ensemble, à s’dévorer des yeux comme pour s’prouver qu’ils étaient bel et bien enfin face l’un à l’autre à nouveau, le temps avait finalement passé. Dix ans avaient passés. Rafe n’était plus le jeune homme qu’elle avait laissé ce jour-là, quand dans le quartier où ils avaient grandi, elle avait grimpé dans la voiture de ses parents, direction l’aéroport, pour fuir à l’autre bout du monde. Il n’saurait même pas comment remonter à ce type qu’il avait été, l’abruti qui s’était laissé donner des coups par la vie, persuadé que ça en valait la peine, pour quelque raison que ce soit. De toute manière, pour Asteria ou pour une autre, il n’s’donnerait pas la peine de changer qui il était devenu aujourd’hui; qui il avait été obligé d’devenir, au bout d’un moment, à force d’être balloté de mésaventure en déception. Et pourtant, s’estimer dur comme le fer, totalement prêt à affronter vents et marées était une illusion qu’il n’avait pas en lui, le brun. C’était plus compliqué que ça - lui, il dirait peut-être qu’il était surtout usé. Usé, déjà à son âge, déjà en de telles circonstances; c’était pas tout le monde qui pouvait prétendre avoir autant fait d’passes injustes dans un poste de police, merde. Alors ouais, en fin d’compte, quand leurs chemins s’étaient retrouvés à Terry et lui, il avait couché avec elle; de la façon la plus impulsive et imprudente qui soit, impétueux et capricieux, après tout c’temps passé à la fantasmer dans son crâne. Peut-être qu’elle en sortirait, enfin, maintenant qu’il l’avait eue sous les yeux et dans les bras; comme si après tout ça, il était finalement capable de s’défaire de la jeune femme, en s’envoyant en l’air avec elle, comme s’il s’était agi d’un mauvais sort lové sous sa peau. Il n’pourrait jamais conjurer le sort qu’Asteria lui avait balancé sur le coeur, dès le premier moment où il l’avait rencontrée, dès les premières fois qu’ils s’étaient véritablement côtoyés. Ç’avait été elle, peu importaient l’âge, les lois du monde des autres, les filles de son âge, et leurs soi-disant cercles sociaux supposés être différents. C’n’était pas faute d’avoir essayé; d’s’être haï lui-même et peut-être même d’l’avoir haïe elle, à l’autre bout de la planète, inatteignable et perdue à jamais. C’était injuste, tout c’qu’il avait connu dans cette histoire; même le pourquoi du comment ils avaient été séparés. Il n’avait rien fait à Shea. Et même au-delà de cette histoire ridicule d’enlèvement, il n’avait jamais rien fait d’mal à Asteria non plus. Il n’l’avait jamais forcée, jamais manipulée, il n’lui avait jamais menti - et au bout d’un moment, à force de dresser la liste des torts qu’on aurait pu lui faire porter, chez les Drake, il avait baissé les bras. Probablement que du point de vue des parents de la jeune fille, il lui avait fait toutes les choses les plus horribles, à la blonde, et elle n’avait eu qu’à ramer pour s’rattraper un tant soit peu, des terribles ‘crimes’ qu’elle avait commis, en s’pensant amoureuse de lui. Maintenant, quelque-chose comme un mois après avoir passé une nuit avec Asteria, il s’demandait c’qu’elle pouvait bien se dire; est-c’qu’elle avait juste cédé pour une nuit, en souvenir du bon vieux temps, ou juste par envie? Est-c’qu’elle était torturée par le remord, occupée à s’répéter les mots qu’il avait entendus lui-même, de la part des parents Drake?

Pourquoi est-c’qu’elle se pointerait devant sa porte, si ça devait être le cas? Pour un peu plus alourdir le fardeau qu’il avait toujours pris sur lui d’porter? Qu’est-c’qu’elle allait bien pouvoir dire? Qu’c’était sa faute? La génétique était quelque-chose de bien dur à combattre, et la famille de la jeune femme elle-même, n’avait eu de cesse à rappeler à Rafe, de quoi elle était faite, sa génétique à lui. Si seulement il en avait la force, l’envie, la volonté; d’être aussi cruel avec eux qu’ils n’l’avaient été avec lui. Asteria serait sans doute la dernière personne à mériter quoique ce soit, du courroux qu’il avait, logé dans ses tripes depuis tant d’années, comme un cancer meurtrier. Mais elle aurait été la victime idéale, juste sous son nez, accessible et atteignable, probablement encore douce et sensible, et idéaliste dans sa façon d’voir les choses et les autres. Il en serait éternellement incapable; peut-être était-ce triste, peut-être était-ce noble. Peut-être même que ça faisait d’lui une meilleure personne que les Drake ne l’seraient jamais. Pour cette fois, encore, il s’était contenté de laisser Asteria rentrer dans sa vie; dans son monde, son appartement - beaucoup de filles y défilaient, beaucoup de filles y avaient défilé depuis qu’il y vivait. C’n’était même pas la première fois qu’elle se retrouvait là, mais les allures de ce tête-à-tête n’avaient rien à voir avec ce qu’ils avaient eu jusque-là. Avec son gâteau, peut-être que la blonde croyait avoir l’air sympathique, particulièrement engageante, parce qu’un peu de sucrerie ferait passer l’amertume plus facilement. Mais il n’était pas berné, lui; au contraire, il ne put retenir un ricanement critique et cynique, alors qu’il refermait la porte, en l’entendant annoncer qu’elle faisait toujours un gâteau quand elle allait chez les gens. Ça lui rappelait la fois où, au diner, Rebekah avait servi une tourte qu’elle avait littéralement charcutée, et balancé dans l’assiette, lui disant de la déguster, parce qu’elle venait de chez la voisine. La même fameuse Ms Drake qui était venue, avec un bon petit plat, pour demander à sa voisine pourquoi est-c’qu’elle se mettait à abriter des latinos. Tout c’qu’il se souvenait, de cette putain de tourte, c’était qu’elle avait eu un goût dégueulasse dans sa bouche; peu importait le soin que cette connasse avait mise à la faire, ça n’avait rien changé. Pour le bien d’Asteria, il n’avait jamais raconté cette histoire; et il ne le fit pas ce soir non plus, se contentant de hausser les épaules, comme s’il acceptait volontiers le ‘cadeau’ empoisonné. « Ouais, ça va. J’bosse tôt demain, alors-... » et Rafe s’interrompit trop tard, sans doute, pinçant légèrement les lèvres; le message était clair, somme toute. Au pire, pour une fille qui avait grandi parmi les experts de la langue de bois et des fausses excuses, impossible que le sous-entendu lui échappe. Il en eut même le regard qui se défila un instant, le temps que, mâchoires serrées, il reprenne contenance; « Et toi, ça va? » de toute manière, qu’y avait-il à rallonger? Ils avaient l’air cons, comme ça, à s’lancer des questions qui sortaient des conversations que tous les autres avaient. Dix ans, voilà c’que ça faisait. Voilà où était l’avantage de l’imagination et du fantasme, en comparaison de la réalité. Asteria n’était plus l’Asteria qu’il avait connue; et il n’savait pas franchement s’il voulait s’asseoir autour d’un gâteau et de verres d’il n’savait quoi, pour refaire le monde et ‘rattraper le temps perdu’. A quoi bon? Elle était partie, point barre. Normalement, baiser comme ils l’avaient fait, après dix ans d’absence, aurait dû mettre assez d’froid entre eux, assez d’choses bizarres dans leur histoire, pour qu’ils n’aient plus jamais envie d’parler, mais fallait croire qu’il s’était planté. « J’te sers quelque-chose? J’dois avoir-... de l’eau, de la bière, ou du café. » ce fut l’opportunité parfaite pour fuir du regard encore une fois; et puis, ça devait faire partie des règles de politesse qu’elle avait toujours apprises elle. Toujours servir un invité, ou il n’savait quelle connerie, pour prétendre être plus sympa qu’on n’l’était en profondeur. Lui, il n’aimait pas ça, il n’aimait pas prétendre - sans doute était-ce pour ça qu’il était si nul à ça.

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MessageSujet: Re: (rafe), but gravity, it pulls me into you. Lun 22 Jan - 10:10

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take me back to the night, we met in the yard Climbing up to the roof, hidden in the dark With a bottle of wine for two, though I'm already drunk off you. Then we both fell asleep, underneath the stars. We're young and naive, and you're tellin' me That someday, we'll run off together. I'm startin' to think, I'm stuck in a dream, Cause we're young and we don't know better.
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Asteria, elle n’avait jamais voulu blesser Rafe. Elle n’avait jamais voulu blesser personne. Rafe, elle l’avait aimé, elle en avait été folle et peu importait la distance et le temps qui s’était écoulé, il n’avait jamais quitté son cœur. Il était tout ce qu’elle avait connu de l’amour, depuis ses seize ans jusqu’à ses vingt-sept ans, ça avait toujours été Rafe, le seul qu’elle avait vraiment aimé. Pourtant, elle y avait cru avec d’autres, avec des hommes, avec des femmes, avec qui elle avait eu quelques histoires, plus ou moins longues, qui s’étaient toujours terminées et qu’elle n’avait pas essayé de sauver, comme si elle savait que c’était perdu d’avance alors que ses pensées revenaient toujours vers le même homme, celui qu’elle avait abandonné, bien malgré elle, de l’autre côté de l’océan. Elle avait espéré en silence qu’il soit heureux lui, qu’il ait rencontré une femme qui l’aimerait et qu’il aimerait, qu’il ait eu de beaux bébés et tout ce dont il pouvait avoir envie ou besoin pour être heureux dans sa vie. En le retrouvant, elle avait bien remarqué qu’il n’était ni marié, ni père de famille et qu’il semblait porter sur lui toutes les séquelles d’une histoire complètement injuste. Est-ce que les Drake l’avaient complètement détruit ? Est-ce que c’était comme ça qu’il se souvenait d’elle ? Comme la fille qui avait détruit sa vie, juste parce qu’il avait commis l’erreur impardonnable de tomber amoureux d’elle. Depuis ce soir où ils s’étaient retrouvés, elle avait tellement de questions au bord des lèvres et pas le courage de les prononcer. Elle était lâche comme ça, Asteria, apeurée par les conséquences de ses mots, de ses actes, peut-être que c’était normal, alors qu’on l’avait persuadée qu’elle avait détruit la vie d’un homme et que, toute sa vie durant, elle n’avait pas qu’enchainer les erreurs, elle qui était si différente de sa parfaite sœur.

Elle avait appris à se taire, Asteria, pour s’éviter les regards noirs, les jugements et les yeux qu’on levait au ciel comme si elle disait les plus grosses conneries possibles et imaginables. Il n’y avait que dans ses écrits qu’elle pouvait s’exprimer sans avoir peur des conséquences. S’il avait reçu ses lettres, Rafe aurait su tout ce qu’elle avait sur le cœur. Mais ses lettres, celles qu’elle avait pu écrire quasiment chaque jour quand elle avait été enfermée dans ce pensionnat religieux qui avait eu l’air d’un véritable couvent, elles n’avaient jamais été envoyées, on les lui avait rendues le jour où elle en était sortie en lui disant que comme ça, Rafe n’en serait que moins blessé. Rafe avait pu avancer sans qu’elle ne continue à tout gâcher pour lui. On lui en avait fait rentrer des tonnes, de phrases comme ça au fond du crâne et au fil des années, elle avait fini par y croire. Elle n’en était pas assez stupide pour croire que ses parents étaient les gentils de l’histoire et elle la coupable de tout. Elle connaissait leurs torts dans cette histoire et elle les détestait pour ça, parmi toutes les bonnes raisons qu’elle avait de les haïr. Mais elle était convaincue que la vie de Rafe avait été plus saine, dans qu’elle ne soit dedans alors est-ce qu’il était heureux comme ça ? C’était encore une question qu’elle se posait depuis qu’elle l’avait retrouvé et encore plus depuis qu’elle avait fait ce test de grossesse. Elle ne pouvait s’empêcher de dire, qu’on avait vraiment eu raison de lui dire de rester loin de Rafe si elle ne voulait pas gâcher encore plus sa vie, parce qu’à peine elle l’avait retrouvé qu’elle tombait enceinte de lui. Peut-être qu’elle n’était qu’une fichue malédiction dans la vie du jeune homme et elle aurait voulu être tellement plus que ça, elle aurait voulu être mieux que ça pour lui.

S’il ne la détestait pas déjà, peut-être qu’il allait le faire ce soir, parce qu’elle se ramenait avec un sourire et un gâteau pour lui annoncer ce genre de trucs. Qui est-ce qui pouvait bien faire ça alors, à part les débiles ? Elle en était une belle elle de débile. Naïve comme pas deux, pas assez pour croire les mots de Rafe, mais bien assez pour prétendre le faire. « Okay, j’vais pas t’embêter longtemps alors … » S’il voulait la mettre à la porte dès qu’elle aurait dit ce qu’elle avait à dire en décrétant qu’il ne voulait plus jamais entendre parler d’elle, alors très bien, ce serait son droit après tout. « Oui, ça va, merci. » Elle lui adressa un sourire, encore une fichue politesse qui devait être insupportable pour ceux qui se tenaient en face d’elle. Des fois, elle se demandait si elle ressemblait à sa mère quand elle faisait ça. Tout ce qu’elle pouvait se dire c’était qu’au moins ses sourires à elle, ils transpiraient la gentillesse et na niaiserie, là où ceux de sa mère étaient sévère et faux. Elle ne voulait pas être comme sa mère, cette femme avait beau lui avoir donné la vie, elle la dégoutait et son silence, alors qu’elle lui avait demandé si elle aurait préféré qu’elle disparaisse et que Shea soit encore là, avait brisé le reste d’amour qu’elle pouvait avoir à son égard. Ça l’avait poussé à fuir jusqu’à Los Angeles, loin de l’Australie. Evidemment, que ses parents auraient préféré que Shea soit toujours là et qu’Asteria soit l’enfant disparue, elle l’avait toujours su la blonde, mais le silence de sa mère l’avait confirmé et ça avait été plus douloureux que tous les songes qu’elle pouvait avoir. Ils étaient comme ça ses parents, ils brisaient les autres probablement sans même s’en rendre compte. « Nan, merci, ça va aller. » Elle n’avait pas envie d’un café à cet heure-là, l’alcool était proscrit maintenant qu’elle était enceinte et puis le nœud qu’elle avait dans l’estomac suffisait à lui indiquer qu’elle ne pourrait rien avaler de toute façon. « Euh, tu sais, l’autre nuit … » Elle ne savait pas comment s’y prendre, elle n’était pas douée pour ça Asteria, elle cherchait le meilleur moyen d’annoncer le truc, pour faciliter les choses. Elle savait être directe, habituellement, quand c’était nécessaire, quand elle n’avait pas l’impression de compliquer les choses pour quelqu’un et là, elle avait vraiment l’impression qu’elle était à deux doigts de lancer une bombe sur Rafe et elle n’en avait vraiment pas la moindre idée. « C’était … C’était vraiment une superbe nuit. » Qu’est-ce qu’elle était en train de raconter là ? Ouais, ça avait été une superbe nuit, ça elle ne pouvait pas le nier. « Mais c’était pas la bonne nuit pour mes ovaires. » Sérieusement, y avait des moments où elle se demandait pourquoi est-ce qu’elle était si conne. Y avait bien qu’elle pour dire des trucs pareils, heureusement, elle fut assez vite rattrapée par un élan de conscience. « Je suis enceinte. » C’était quand même plus simple et plus efficace que ça, pourquoi est-ce qu’elle avait parlé de ses ovaires ? Mais qui est-ce qui parlait de ses ovaires, franchement ? « Et … et … et comme j’ai pas … avec personne après … ça peut pas être quelqu’un d’autre le père. » Et ça, c’était obligé ? Qu’est-ce qu’il allait penser d’elle maintenant ? Voilà, maintenant elle était la nana qui baisait une fois tous les un mois et quelques et qui en plus causait de ses ovaires comme si c’était normal. Evidemment que personne ne voulait coucher avec elle, elle était trop bizarre. De toute façon, c’était pas ce qu’il allait retenir de tout ça nan ? Elle était enceinte de lui et dans le fond, elle espérait qu’il n’ait entendu et compris que ça.  

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MessageSujet: Re: (rafe), but gravity, it pulls me into you. Lun 22 Jan - 14:59



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Il n’savait pas, Rafe, comment on s’remettait de dix ans. Dix ans de séparation, dix ans d’silence, dix ans à s’persuader qu’on n’reverrait jamais la personne qu’on avait laissé derrière – ou celle qui nous avait laissé derrière. Il n’était pas un expert des relations, pour commencer ; amoureuses ou autres, il n’les comptait que sur les doigts d’une main, à tout casser. L’Hollins n’était pas un amateur des bandes de potes, des groupes complets d’gens qui gravitaient dans une vie similaire, et ne s’perdaient jamais de vue. Les histoires comme dans Friends ou comme dans les grands films romantiques, ça n’existait pas. Il avait tracé un trait sur Asteria d’puis belle lurette. Il aurait dû en tout cas. Pourtant, peut-être qu’cette nuit qu’ils avaient passée ensemble, et leur stupide correspondance sur Game of Thrones, devaient bien prouver l’contraire. Qu’est-c’que ça aurait pu lui foutre, que la blonde soit de retour à Los Angeles, s’il avait vraiment passé l’éponge ? C’n’était pas comme si les Drake avaient rendu la tâche facile, d’toute façon ; même depuis l’autre bout du monde, ils avaient continué d’lui pourrir la vie, ils avaient continué d’ouvrir encore et encore le cas de leur fille. Peut-être bien parce qu’ils avaient vraiment envie d’la retrouver, vraiment envie d’avoir des réponses. Mais quand les flics venaient encore et toujours taper contre sa porte à lui, à ce sujet-là, le brun n’pouvait s’empêcher de s’demander si le seul plaisir qu’ils tiraient dans tout ça, c’était l’assurance qu’au moins, ils continuaient d’lui ruiner l’existence. Des années de conséquences alignées en chaine, pour une histoire qui n’avait pas duré aussi longtemps qu’ça. Une histoire qui n’en avait pas voulu la peine. Il l’avait sans doute dit, ça, Rafe, dans ses excès de rage et de rancœur ; pourtant, c’était sans doute vrai. Aucune histoire n’valait la peine de s’trainer un boulet aussi lourd, pendant aussi longtemps – il n’avait rien fait à Shea, il s’était même ramassé une gifle de sa part dans la gueule, et ses seules fautes s’résumaient à l’avoir laissée partir d’elle-même, furieuse contre lui, ce soir-là. Et sauter sa sœur cadette. Être amoureux d’elle, dirait-il, même adulte aujourd’hui, s’il n’était pas devenu froidement cynique face à la ‘beauté de l’amour’. Quelle beauté ? Il n’voulait pas que les bons moments qui résistaient encore dans sa tête, entre Terry et lui, soient un jour pourris par le visage des parents Drake, par les interrogatoires des flics, ou par quelque nouvelle péripétie l’poussant au fond du gouffre. Mais c’n’était pas facile d’assurer pour avoir c’qu’on voulait, parfois ; Rafe, il s’était découvert avoir du mal à lutter contre les ressentiments qui s’étaient empilés en lui-même avec le temps. Il en avait déjà tellement à gérer ; depuis tout gamin, il se souvenait vaguement du visage de sa mère, uniquement pour que ce faciès soit associé à une colère qu’il n’avait jamais pu lui exprimer, droit dans la tronche. Le truc, c’était qu’au bout de dix ans à s’construire ses propres assurances, ses idées bien à lui, le brun avait juste découvert, face au visage passé d’Asteria, qu’il était incapable d’la haïr elle. Qu’il était incapable d’lui cracher sa haine vénéneuse comme il pourrait en avoir tant besoin, après tout ce temps trainé dans la boue, même par des bourreaux qui s’étaient barrés, infiniment loin d’sa portée. Ils avaient vraiment réussi leur coup, les parents d’la blonde, à c’t’époque. Ils avaient réussi à lui prendre Asteria, à empoisonner son cœur d’tellement de rancœur et de remords, qu’il n’avait pas été capable d’construire quoique ce soit, pendant un temps fou. Certes, il n’pourrait jamais dire qu’il haïssait son job, il n’pourrait jamais dire qu’il n’avait pas eu les moyens, au moins là, d’pouvoir faire plus ; mais les Drake, ils avaient quand même buté une bonne part de lui, pendant des années et des années, s’assurant qu’elle demeurait crevée, avec tout ce qui l’avait lié à leur fille, à une époque.

Est-c’qu’ils avaient gagné ? Rien qu’par orgueil, Rafe aimerait pouvoir dire que non, ils n’avaient pas gagné et ils n’gagneraient pas – c’était con pourtant, qu’son cœur batte si vite pour une femme qui n’était rien d’autre que l’écho d’la fille qu’il avait aimée, dix ans plus tôt, dans une petite banlieue chic de laquelle ils étaient bien loin, désormais. Son Asteria avait grandi, elle avait évolué, elle s’était émancipée et développée, sans doute, bien loin d’lui, bien loin de ses attentions ou de sa tendresse. Ils n’avaient pas eu l’choix. Ils n’s’étaient pas donné le choix, non plus. La seule assurance que Rafe pouvait conserver, c’était qu’au-delà des apparences, ils avaient trop changé, trop loin l’un d’l’autre. Dix ans, c’était putain d’long. C’était presque plus long qu’ils n’s’étaient connus. C’était plus long que l’temps qu’ils avaient passé à s’aimer, pour sûr. Et pour prouver cette théorie, ils auraient probablement dû finir avec quelqu’un d’autre, mariés avec des mômes et une vie idéale, où l’autre aurait été complètement oblitéré, oublié, rangé dans la boîte des mauvais souvenirs, dans un coin d’l’esprit. Rafe, rien qu’pour pouvoir balancer un gros ‘fuck you’ dans la tronche des Drake, où qu’ils soient, continuant d’suivre ses faits et gestes comme des stalkers, il en avait été incapable – son cœur hermétique, ses attentions critiques. Aucune fille n’avait été Asteria. Et lui il s’était trouvé con, encore plus con, d’plus en plus con, à obséder sur une nana qu’il n’pourrait plus jamais revoir : parce que d’toute manière, si elle avait vraiment eu envie de l’revoir, si elle avait vraiment voulu que leur histoire soit quelque-chose d’autre, qu’est-c’qui l’aurait retenue, Terry, d’faire au moins quelque-chose ? La seule assurance qui avait demeuré dans cette distance, c’était l’fait qu’elle avait eu son adresse à lui, son numéro d’téléphone à lui. Ou l’fait qu’un beau jour, elle aurait fini par avoir vingt-et-un ans, et normalement, toutes les libertés imaginables pour faire sa vie. Si elle était revenue à LA, c’était bien parce qu’elle en avait toujours eu la possibilité, non ? C’aurait été trop difficile et cruel, d’parler d’tout ça, quand ils s’étaient retrouvés, après une décennie, c’soir-là. C’aurait été stupide d’appréhender de tels sujets, par téléphone. Qui sait, s’il s’était bougé le cul, lui aussi, peut-être qu’ils auraient déjà eu cette conversation, comme les deux adultes qu’ils étaient devenus. C’avait été plus facile d’retrouver Asteria corps et âme, dans l’harmonie de ces baisers qu’ils avaient partagés, y’a si longtemps. Leur arôme n’avait pas changé, au moins ; contrairement à l’air qui planait autour d’eux, quand les deux amoureux d’autrefois, s’regardaient dans les yeux. Bordel, ç’avait des allures de film romantique bidon, contrairement à tout ce qu’il avait pu croire, à une époque : pourtant, il avait plutôt des allures tragiques, de deux personnes qui n’étaient plus celles que l’autre avait imaginé, désiré ou aimé dans un coin d’son cœur. Est-c’que ça valait la peine, qu’ils apprennent à s’connaître, maintenant ? Qu’ils réapprennent à le faire ? Visiblement, jusque-là, Asteria n’avait pas voulu partager grand-chose d’autre que Game of Thrones avec lui. S’était-il même préoccupé d’demander si elle était en couple ? Est-c’qu’il voulait savoir ? Imaginer dix ans d’Asteria, aimant d’autres hommes, embrassant d’autres hommes, espérant avec d’autres hommes, c’était déjà trop pour lui. La vérité était là ; la fin avait été trop douloureuse pour eux, et dix ans, ç’avait été trop long. En dix ans, elle avait eu mille Rafe, Asteria ; elle avait peut-être connu d’meilleurs coups, et partagé plus d’choses avec d’autres qu’elle n’en avait partagées avec lui. Est-c’que c’était égoïste, presque arrogant et orgueilleux, d’détester ça ? Il n’pouvait s’en empêcher – il avait cru pendant tellement longtemps, qu’Asteria et lui, ça s’était fini trop brusquement pour être la fin. Il s’était gouré, ç’avait été la fin, triste et dégueulasse qu’ils n’avaient pas méritée. Mais la fin quand même. Dix ans plus tard, ils avaient couché ensemble, et voilà. Mais c’n’était pas l’Asteria d’y’a dix ans, qu’il avait en face d’lui.

Et qui sait, pourtant, ce s’rait sûrement ambitieux de jauger qu’ils auraient duré ces dix ans, qu’ils auraient été c’genre de couple, si stable et fort. Comment deux gamins, pouvaient-ils vivre comme ça ? Peut-être que les adultes avaient eu raison, ils n’avaient été l’un pour l’autre qu’une ‘amourette de jeunesse. Alors pourquoi est-c’que ça faisait un mal de chien, d’la voir comme ça, Asteria ? Au moins à coucher ensemble, ils n’s’étaient pas regardés dans le blanc des yeux pendant trop longtemps, ils n’s’étaient pas laissés aller à sentir toute la lourdeur de plomb de l’atmosphère, gravitant autour d’eux, et glissant jusque dans leurs poumons, de par leurs lippes scellées. Est-c’qu’il était censé lui demander si elle avait passé une bonne journée, Asteria ? Qu’est-c’que c’était une bonne journée, pour elle, d’toute manière ? Qu’est-c’qu’il en avait à foutre ? Pourtant, le brun sut bien assez vite qu’sa simple petite phrase avait touché Terry au mauvais endroit ; il n’savait même pas s’il se levait tôt demain matin, et il n’en avait généralement rien à foutre. Certes, il avait prévu d’passer une soirée pénard, lui tout seul avec son clébard et Game of Thrones. Mais il n’était pas devenu un maniaque de l’ordre au point d’être dérangé par la moindre pointe de hasard dans sa vie. Dix ans plus tôt, putain, ç’aurait été si facile d’accueillir Asteria chez lui. Certains diraient que c’était con, d’s’accrocher comme ça au passé ; mais comment n’pas être nostalgique, quand il était question d’Asteria ? Ouais, Rafe le cynique, s’avérait être Rafe le mélancolique, au cœur faible et aux regards faiblissant, quand il s’retrouvait face à une image si douloureuse à regarder. Son Asteria, et en même temps, quelqu’un d’autre. Elle n’allait pas rester, et elle n’voulait rien boire. Peut-être même qu’après cet accueil bidon, et le silence radio qu’il avait laissé en suspens après son sms à elle, elle n’voudrait plus avoir le moindre contact avec lui – elle aussi, consciente que dix ans avaient passé. Dix ans qui n’avaient pas nécessairement réussi au brun. Peut-être que ce soit était un autre soir où il la perdait, la Drake ; alors il n’pouvait pas vraiment s’permettre d’ressentir quoique ce soit d’encombrant ou douloureux. A quoi bon ? A quoi bon, c’était devenu son mantra pour beaucoup d’choses, beaucoup de décisions qu’il n’avait jamais prises, beaucoup d’histoires dans lesquelles il n’s’était pas investi. Parce qu’à quoi bon, ouais, si tout finissait en ruines, après ? Ça n’avait jamais été d’leur faute, à Asteria et lui, à l’époque ; tout était arrivé injustement – alors il connaissait bien le hasard, qui pouvait frapper comme une pute, même quand on essayait d’faire les choses bien. A quoi bon, quand y’avait tant d’menaces au bonheur ? Par politesse, les bras croisés, Rafe se forçat alors à n’pas interrompre la jeune femme, en l’entendant parler de ‘l’autre nuit’ : une nuit qui était déjà loin, et pourtant omniprésente comme une mélodie enivrante, dans sa tête. Tout ce qu’il fit, c’est détourner le regard, persuadé que quoiqu’elle dise, il n’pourrait pas la regarder ; qu’elle lui dise que ç’avait été une erreur, que ç’avait été une terrible erreur même ou qu’elle lui dise que ç’avait été une révélation de leur amour jamais mort, rien n’pourrait être parfait, et tout ferait mal. Quels que soient les chocs auxquels il s’était préparé, les mots qui vinrent n’avaient pas été prévus ; Rafe se retrouva à brusquement la regarder à nouveau, serrant les mâchoires. « Quoi ? » un simple mot, qu’il parvint au moins à lâcher sans l’ombre d’un balbutiement ridicule. Il ne put pourtant contrôler le ton avec lequel il vint, ce mot, probablement circonspect et agressif, comme si elle lui faisait une blague cruelle et que c’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase. « De-de-de-… de quoi tu parles, merde? » est c’qu’il y avait une façon idéale de réagir à ça ? Le cœur tambourinant contre ses tempes, la gorge pâteuse, Rafe était incapable d’puiser dans son ‘registre du gentleman’ pour savoir comment faire les choses comme il fallait. « J’sais quand même utiliser un préservatif, et on en a utilisé cette nuit-là, alors-… » alors quoi ? Il savait comment il voulait finir sa phrase, avec ce même ton de guerrier, comme s’il contre-attaquait à une pique qui s’était lovée dans ses tripes, pour les remuer et les remuer douloureusement. Il allait finir par en avoir la nausée ; heureusement qu’il avait les lèvres si étroitement closes. « Qu-qu’est-c’que tu veux dire, t’es enceinte? Et de moi ? Et les autres types, avant, hein ? » il n’savait pas s’il essayait de s’défiler, d’taper une crise de jalousie, ou une crise de panique tout court. Il n’savait pas, il n’voulait pas savoir – peut-être même n’entendrait-il pas, tant il se sentait s’être pris un coup de massue sur la tronche. Un bon coup qui le faisait tourner d’l’œil maintenant. « Tu peux pas être… enceinte… » soupira-t-il en fin d’compte, conscient sans doute que rien de c’qu’il disait n’était la réponse idéale qu’Asteria pouvait attendre ; qu’est-c’qu’elle attendait, d’toute manière ? Elle avait changé, et il avait changé tout autant. Son héros, l’type qu’elle avait idéalisé ou l’type dont elle s’était éprise, si jeune, il n’était plus là, alors Asteria, elle ferait mieux d’être enceinte d’n’importe qui d’autre que lui.

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MessageSujet: Re: (rafe), but gravity, it pulls me into you. Lun 22 Jan - 15:23

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take me back to the night, we met in the yard Climbing up to the roof, hidden in the dark With a bottle of wine for two, though I'm already drunk off you. Then we both fell asleep, underneath the stars. We're young and naive, and you're tellin' me That someday, we'll run off together. I'm startin' to think, I'm stuck in a dream, Cause we're young and we don't know better.
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Elle avait l’impression d’avoir la poisse, Asteria, ce genre de grosse poisse qui semblait lui coller à la peau et contre laquelle elle ne pouvait pas franchement lutter. Quoi qu’elle fasse, elle se plantait en beauté et pourtant elle continuer de puiser la force de continuer à s’accrocher à des espoirs qui étaient voués à l’échec. Elle avait pourtant cette impression qu’elle avait tout raté dans sa vie et les paroles de ses parents n’avaient jamais eu pour effet de la faire penser différemment. Pourtant, elle continuer à croire en tout un tas de choses complètement ridicules, peut-être qu’un jour, elle sera reconnue pour son talent d’écrivain, qu’elle continuait à se dire alors que tout sembler prouver qu’elle n’avait pas le moindre talent, sinon, on lui aurait accordé ses chances, sans doute. Tout ce qu’elle entreprenait sans sa vie, ça se terminait pas un échec, alors elle ne savait pas si être mère, ce serait une bonne chose. Peut-être que ça ressemblerait juste à un de ces nouveaux caprices, un truc qu’elle foirerait comme tout le reste, mais il n’était plus question que d’elle-même maintenant, y avait la vie d’un bébé en jeu, d’un autre être humain e fallait bien qu’elle y pense à tout ça. Elle ne pouvait pas le faire toute seule, peu importait le choix final qu’elle ferait, elle ne pouvait rien faire toute seule. C’était Rafe le père et si cet enfant devait être une grosse connerie, alors ils l’avaient commise ensemble. Logiquement, ça lui donnait bien le droit d’exiger son aide, au brun non ? Peut-être bien ouais, dans un autre monde dans lequel elle n’aurait pas fait de sa vie un cauchemar. Avec tout ce qu’il avait subi à cause d’elle, il était bien en droit de lui dire d’aller se faire foutre si c’était ce qu’il voulait.

Elle espérait bien entendu que ce ne soit pas le cas. Le Rafe qu’elle avait connu et aimé dix ans plus tôt, elle était certaine qu’il ne l’aurait pas laissée tomber avec un bébé dont il était le père dans les bras. Mais le Rafe d’il y a dix ans, il avait connu l’enfer, parce qu’il l’avait aimé, qu’il avait été là pour elle et qu’il ne l’avait pas laissée tomber, alors forcément, il ne devait pas avoir l’envie de renter l’expérience. Mais ça restait Rafe et dix ans ne pouvaient pas l’avoir tant changé. Est-ce que dix ans, ça l’avait beaucoup changée elle ? Elle n’avait pas l’impression et certains diraient qu’elle voyait encore le monde comme une adolescente qui refusaient de grandir. Au moins, elle avait plus de liberté à présent et elle avait décidé d’en profiter, après être restée chez ses parents, après avoir fait plus d’études qu’elle n’en avait besoin le poste qu’elle occupait, elle avait décidé de quitter ses parents pour prendre son envol. Si elle devait leur annoncer sa grossesse, ils lui diraient que partir avait été une erreur et qu’évidemment, sans eux il avait fallu qu’elle fasse une connerie de plus. Parce qu’évidemment, ils étaient là pour veiller sur elle avec toute la bienveillance du monde. Y avait qu’eux qu’ils arrivaient à convaincre de ça. Elle était restée des années avec eux, parce qu’ils avaient déjà perdu une fille et qu’elle avait cru que sa présence les réconfortait, au moins un peu. Mais, c’était loin d’être le cas. Quand ils la voyaient, ils regrettaient encore plus d’avoir perdue leur fille prodige, celle qui était à la hauteur de leurs attentes. Celle qui avait été parfaite, alors même qu’elle, elle n’était qu’une catastrophe ambulante, elle qui foirait tout et qui en plus venait de tomber enceinte d’une histoire apparemment sans lendemain.

C’était pas qu’elle ne voulait pas que cette histoire soit plus que ça elle. Au contraire, quand elle pensait à Rafe elle souriait, quand elle le regardait, elle avait des papillons dans le ventre et quand il l’avait touchée ce soir-là, elle avait eu l’impression que tout avait été magique. Elle doutait qu’il ait pu ressentir la même chose, ça faisait dix ans après tout et y avait probablement qu’elle pour être encore amoureuse, comme la fille la plus naïve de la planète. Elle était enceinte maintenant et elle ne savait pas quoi faire. Est-ce qu’elle avait vraiment cru qu’elle n’aurait qu’à se pointer chez Rafe et qu’il lui apporterait toutes les réponses dont elle pourrait avoir besoin ? Non, heureusement, elle n’était pas encore naïve à ce point. Elle ne s’attendait à rien en venant ici. Tout ce qu’elle savait, c’était que c’était lui le père et qu’il fallait bien qu’elle le lui dise. Ça lui semblait logique, elle n’avait jamais eu l’intention de lui cacher cette information et d’après Billie, ce n’était pas la peine d’attendre d’avoir fait une prise de sang pour être sûre. Peut-être qu’elle aurait attendu plus longtemps sans Billie, parce qu’elle avait voulu que le doute continue de planer, comme si y avait encore une chance qu’elle ne soit pas enceinte. Est-ce qu’il fallait qu’elle répète ou c’était assez clair ? Vu la réaction du brun, elle se posa la question, mais bon, la panique prouvait d’elle-même qu’il avait très bien compris, elle savait, elle était passée par là, elle aussi et c’était même pas encore terminé comme état. « Faut croire qu’y a eu un problème avec le préservatif. C’est même pas surprenant, sur tout un lot de capotes, il faut que ce soit celle dont on se sert avec moi qui soit défectueuse. » Elle en lâcha un rire ironique, amer même, envers elle-même évidemment, parce qu’une fois de plus cette histoire venait appuyer sa poisse légendaire. Elle se sentit quand même un peu vexée à sa remarque sur ‘les autres types avant’. « Quoi, j’ai une tête à m’être tapé la moitié de Los Angeles pendant mes quelques jours d’ovulation ? » Elle en avait eu des relations sexuelles, entre Rafe il y a dix ans et Rafe il y a un mois, mais quand même, la façon dont il avait dit ça, ça donnait l’impression qu’elle écartait les cuisses face à tous les types qu’elle croisait. « T’façon, la dernière personne avec qui j’ai couché avant toi, c’était une fille. Et c’était y a un bout de temps. » Un bout de temps ou pas de toute façon, si ça avait été avec une fille, elle ne pouvait pas être tombée enceinte à ce moment-là, donc au moins, elle n’était pas assez conne pour ne pas savoir qui était le père. « Je me suis dit exactement la même chose. » Et elle l’avait répété tellement de fois qu’elle aurait presque pu finir par y croire. « Du coup, j’ai fait dix-sept tests de grossesse, tous positifs. Et puis j’ai pas eu mes règles depuis un moment et ça fait quelques jours que je gerbe toute la matinée. » Il avait probablement assez de détail pour en arrivait à la cruelle conclusion qu’elle était enceinte. « J’ai quand même pris rendez-vous pour une prise de sang, histoire de faire un bilan, mais bon. Je suis enceinte, Rafe. » Cette fois, elle n’avait pas bégayé, elle n’avait pas parlé de ses ovaires comme une grosse débile, non, elle avait juste dit ce qu’elle avait à dire. « Et je sais pas quoi faire. » Et il ne savait peut-être pas non plus, mais elle avait au moins besoin qu’il lui dise qu’ils étaient deux dans cette galère, peu importait qu’elle mérite son soutien ou non. « J’ai besoin de toi. » Au moins, cette fois, elle pouvait le lui dire. Des années plus tôt, enfermée dans ce pensionnat, elle avait eu besoin de lui et elle n’avait jamais pu lui dire. Elle avait fini par rêver qu’il vienne la libérer de là, comme si ça avait été possible. Ça faisait dix ans, qu’elle avait besoin de lui.

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MessageSujet: Re: (rafe), but gravity, it pulls me into you. Lun 22 Jan - 15:27



i had you for that

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rafe hollins &asteria drake

L’histoire dirait sans doute que Rafe, il n’était pas devenu grand-chose. Los Angeles était l’endroit où il était né, la zone misérable dans laquelle il avait grandi, celle-là même où il avait été abandonné par sa propre mère; soi-disant également, l’endroit d’sa renaissance. Il n’était pourtant pas l’histoire miracle d’un gosse qui s’en sortait à cent pour cent, grâce à un sauvetage inespéré. Il savait bien pourtant, qu’sans Rebekah, il ne serait qu’un déchet humain au fond du gouffre, qu’il serait en taule pour de vrai, qu’il serait un criminel sans aucun conteste. Probablement que d’bien des façons, alors, l’Hollins n’était pas l’genre de type avec qui on voulait construire un avenir tout court; il était relativement peu ambitieux, en rien visionnaire, rarement engagé avec volonté dans les choses. La seule activité qu’il faisait bien, c’était son job - un travail que beaucoup jugeraient minable et inutile. Ouais, le brun n’était pas devenu chef d’entreprise ou commercial après avoir fait des études mirobolantes, l’élève idéal bon à afficher un diplôme sur son mur, pour en mettre plein aux yeux d’tous les gens qui pourraient un jour s’intéresser à lui. Bordel, pourtant, rien qu’par rancoeur, il aurait presque eu envie de devenir avocat, histoire d’pouvoir se défendre lui-même, face à tous ceux qui avaient un jour essayé, et ceux qui essayaient encore, d’l’enfoncer. Plus qu’il n’pourrait vouloir l’admettre, plus qu’il n’devrait l’admettre, les Drake avaient façonné l’type qu’il était devenu aujourd’hui; y’avait une dose de cynisme noyant ses entrailles qui n’avait pas existé avant toute cette histoire - avant qu’il n’voie Asteria embarquer dans cette bagnole avec ses parents, destination l’Australie, et rien d’autre. Alors des études, bordel, ç’avait été le cadet de ses soucis; à quoi bon, d’toute manière? A vingt-et-un, vingt-deux, vingt-trois ans et jusqu’à ses vingt-cinq ans environ, on avait continué d’le harceler, le nom de Shea remontant des abîmes d’sa mémoire dans lesquelles il essayait d’l’enterrer. Il avait fini de s’préoccuper à la fin, d’savoir ce qui avait bien pu lui arriver - pourtant, la blonde avait été son amie; et au tout début, il aurait pu perdre la tête à s’demander s’il n’avait pas fait quelque-chose d’travers, si, s’ils n’s’étaient pas disputés, s’il n’avait pas envenimé les choses, les circonstances d’cette nuit-là auraient pu être différentes. L’amertume avait fait naître des scénarios dégueulasses dans son crâne; parfois, il s’était imaginé une Shea qui avait embarqué avec un connard d’une fratrie qu’elle aurait rencontré dans une fête étudiante, et avec lequel elle aurait eu envie d’filer le parfait amour. Une Shea insensible aux appels d’ses parents, au désespoir d’sa propre famille, ou aux merdes dans lesquelles, lui, il avait fini à cause d’tout ça. Dix ans plus tard, il voulait dire qu’il s’en foutait, qu’il avait tourné la page - bon dieu, si seulement il avait assez d’dignité pour en arriver là; c’était compliqué quand la moitié d’la paperasse qui encombrait son appartement, était à ce sujet-là. Un savant mix entre les factures du présent, les réminiscences du passé; c’était ça, sa vie. On avait prétendu que l’monde continuait d’tourner, que Rafe pourrait avancer avec celui-ci - d’l’autre côté, ce passé qu’on avait tant exigé qu’il oublie, avait été encore et encore exhibé juste sous son nez. Menottes aux poignets, entouré par des flics, interrogé comme un criminel, il avait été encore et encore ramené à ces souvenirs qu’il aurait voulu oblitéré d’son esprit. Et toujours, toujours traité comme le meurtrier d’un corps qui n’existait même pas. La vérité, c’était qu’ceux qu’il savait vivants, présents quelque-part, perdus dans d’autres façons, l’avaient plus blessé que la disparition énigmatique de Shea. On n’savait pas, on n’saurait jamais - encore et encore les flics, les preuves, la justice l’avaient épinglé comme innocent. A la fin, quand les Drake revenaient à sa mémoire, il les haïssait surtout pour c’qu’ils avaient essayé d’faire de lui, c’qu’ils lui avaient arraché à la racine, comme s’il était un poison qu’il avait fallu fuir à l’autre bout du monde.

Asteria, une décennie plus tard, elle ressemblait à sa mère. A Shea. Aux gens d'sa famille. Elle n'était plus, au premier abord, comme ça, exceptionnelle, l'unique réconfort quand son monde était constitué d'ennemis qui l'dévisageaient à cause d'son allure. C’était presque le choc qui le frappait en pleine poire, et donnerait à ce gâteau qu’elle avait ramené, un goût bien amer. Il n’aimait pas, la sensation viscérale et perverse de n’pas reconnaître la fille qui s’tenait à quelques pas d’lui ; n’pas réfléchir, au tout début, ç’avait été la solution idéale, le besoin irrationnel qu’il avait eu, rien qu’pour retrouver le contact de quelqu’un qu’il avait perdu trop brusquement, trop vite, trop tôt. Il n’était un expert en rien du tout, Rafe ; à la vie qu’il avait, on jugerait facilement qu’il était un idiot, même, parce qu’il s’contentait de travailler avec ses mains, parce qu’il n’cherchait pas plus loin que c’qui faisait son quotidien à lui – il n’était pas outrageusement curieux, ouvert d’esprit, dispo à toutes les surprises que l’monde avait à offrir. Il avait eu son lot d’surprises, qu’il dirait. C’qu’il savait au moins, c’était que l’temps que Terry et lui avaient passé loin l’un d’l’autre, il était plus long qu’celui qu’ils avaient passé à essayer d’se connaître. Celui qu’ils avaient passé en couple ; ouais, une amourette d’ados, avec tous les éléments d’l’erreur qu’il valait mieux oublier. Les Drake, eux, diraient que c’était juste son fardeau, sa punition, que d’être sans cesse rappelé à ce qui avait été, le cœur enchainé à une histoire qui n’serait jamais, parce que c’n’était pas normal, pas voulu, pas bien.  L’issue romantique par excellence dirait qu’ils n’s’étaient pas retrouvés pour rien, que c’n’était pas juste comme ça qu’dix ans plus tard, y’avait son cœur dans son poitrail qui faisait un mal de chien, quand il pensait à tous les regrets qu’il avait, vis-à-vis de ce qu’ils auraient pu avoir, dans un monde idéal. S’il n’avait déjà pas été spécialement à l’aise avec les sentiments, les mots d’amour, les grandes démonstrations d’affection quand ils avaient été jeunes, l’expérience avait transformé ses mains en une pierre froide qui n’s’encombrait plus de tout ça. Rafe, tout c’qu’il savait, c’était qu’il n’y avait toujours eu que Rebekah pour s’tenir à ses côtés, quoiqu’il se passe dans sa vie, peu importait d’quoi on l’accusait ; année après année, putain, elle en avait eu d’la volonté, de l’espoir pour lui, des attentes un peu surdimensionnées, parfois. Il essayait tant bien qu’mal, encore aujourd’hui ; il avait sa vie en mains, d’la meilleure façon possible aujourd’hui – au niveau du palpitant, d’l’amour, d’l’espoir, c’était autre chose. Peut-être qu’un psy comprendrait, peut-être que s’il mettait ça en mots, tout l’monde comprendrait. Il n’s’était jamais donné la volonté de l’faire, quand il avait juste été en compagnie de coups d’un soir qui n’importaient pas, et pour lesquels il n’importait pas non plus. Après toute une décennie à changer, évoluer, avancer, difficile d’imaginer qu’Asteria puisse comprendre. A défaut, il n’disait rien, il n’voulait pas lui parler – si seulement il pouvait la réduire à n’être qu’un coup d’un soir qui n’avait aucune importance, il n’serait pas si souvent à zieuter son téléphone, ou tant déterminé à suivre Game of Thrones avec une assiduité qu’il n’avait pas toujours pu avoir, à cause d’son job, de ses occupations, d’son chien, d’ses besoins d’évasion. Rafe n’avait pas envie d’tester c’lien, quel qu’il soit, peut-être impossible à nommer, qui lui restait avec la blonde ; même alors qu’il l’avait perdue depuis bien longtemps maintenant, ça lui semblait trop difficile, trop risqué d’faire les choses comme ça. Faute de mieux, alors, il avait juste vainement essayé d’faire le tri dans ses pensées. Peut-être aurait-il fini par opter pour l’option du déni, faire comme si Asteria n’avait été qu’un mirage qui s’était envolé, d’retour en Australie là où il n’la verrait plus jamais à nouveau. Il n’croyait, de toute manière, pas au destin qui rassemblait les âmes sœurs au bout de dix ans, comme si c’était fait pour être comme ça ; bordel, s’il pouvait avoir l’droit à l’amour un jour, il aimerait juste qu’ce soit sans peine, sans cœurs brisés, sans mots difficiles, sans cette lassitude des sentiments.

Comme quoi, déjà avec ça, il était trop ambitieux ; la réalité était toute autre. Et il n’savait pas spécialement, Rafe, si c’était la poisse soi-disant légendaire d’la blonde qui déteignait sur lui, ou la sienne à lui, qui déteignait sur elle. A une époque, elle n’lui avait pas semblé être particulièrement malchanceuse, avec sa belle maison, sa famille riche, ses deux parents présents dans sa vie – peut-être que c’n’était qu’une question d’perspective. Les Drake, eux, n’avaient pas manqué d’juger le gamin aux airs mexicains, abandonné par sa génitrice, n’ayant jamais eu d’figure paternelle si importante au développement, p’tit criminel emmerdeur, inconnu au bataillon, qui débarquait si brusquement dans leur si beau quartier. C’est vrai, ça devait emmerder franchement, d’dépenser des tonnes d’argent pour vivre dans un beau quartier, et voir un gamin typé s’installer en face, et à c’point-là attirer la curiosité de leurs précieuses filles. Il s’était persuadé qu’il n’avait été rien d’autre qu’ça ; pour Shea, pour Asteria – une nouveauté dans leur chez eux terriblement répétitif. Il n’avait pas eu l’allure des autres garçons du coin, ni le même caractère, ni les mêmes façons d’être. Et pourtant, ça n’avait jamais été lui l’criminel encourageant Shea à se droguer, à picoler comme un trou pendant les soirées, ou à laisser ses mains s’balader sur elle quand elle n’était pas vraiment consciente de c’qui arrivait. L’histoire n’dirait jamais, ouais, que Rafe, il avait surtout été l’type qui avait toujours porté un coup d’œil protecteur, sécurisant au moins un peu, sur les filles Drake et les frasques dans lesquelles Shea s’était laissée emporter. C’était plus facile d’accuser le gamin qui n’avait pas la bonne gueule, plutôt que les gosses de riches qui paraissaient si beaux et si propres, à l’extérieur. Ouais, il mettait des putains de préservatifs, lui, quand il couchait avec une femme sans savoir quoi faire du palpitant qui battait, battait si vite sous sa peau. Peut-être bien qu’en dix ans, Asteria avait été la seule à lui faire perdre la tête, ses moyens et toute contenance en même temps ; peut-être bien qu’elle avait été la seule avec laquelle il n’avait pas su plutôt qu’il n’avait jugé que c’n’était pas important et sans lendemain. Mais ça n’avait rien changé ; le fait indéniable et immuable qu’il n’voulait pas être père, qu’il n’pouvait pas, qu’il serait juste un minable de plus dans le grand cycle des parents merdiques desquels il avait lui-même été victime, l’avait toujours poussé aux précautions. Toujours les mêmes, toujours avec la même conscience bel et bien réelle de c’qui pourrait arriver, des pires scénarios possibles et imaginables, des merdes qui pouvaient frapper sans crier gare. Le sexe, ç’avait presque été tout c’qui lui était resté, pour n’pas finir complètement seul – et même c’genre de réconfort, ridicule et parfaitement illusoire, avait été voué à complètement s’retourner contre lui. Rafe, lui, il n’avait même pas de rire amer à lâcher, mâchoires serrées, regard dans le vide, tout son esprit focalisé sur une réalité dont il n’avait pas envie. « Qu’est-c’que tu veux que j’te dise, hein?! J’en sais rien- » qu’il manqua de s’emporter, bien peu concerné par ce qu’Asteria aurait pu mal prendre dans ses paroles ; il en pinça les lèvres, content d’avoir pu retenir le ‘j’te connais pas’ qui avait tant brûlé sur le bout de sa langue. C’était une vérité qu’il n’était pas prêt à affronter – qu’elle n’était pas prête à affronter non plus. Croire qu’dix ans n’changeaient rien, c’était du déni pur et dur, simplement stupide et irrationnel. Tout à fait eux, quoi, tout à fait ce qui avait motivé leur nuit ensemble. Et voilà où ils en étaient. Ecouter la blonde parler et essayer d’rester calme à la fois, était mission impossible ; Rafe soupira, passa une main dans sa nuque, serra, serra encore les dents comme s’il retenait un flot de mots qui dépasseraient sa pensée. Pourtant, les mots qu’il lâcherait auraient l’allure de cris difformes, de balbutiements débiles et de choses qui n’aideraient absolument pas. Elle avait besoin d’lui pourtant ; le brun ne put s’empêcher d’secouer la tête, avant de hausser les épaules ; « Comment ça, t’as besoin d’moi, hein ? » et sa voix était plus sardonique, offensive qu’il n’le voudrait, son regard armé d’une défense qu’il avait bien dû se constituer, en pensant aux Drake, en pensant au passé, en pensant à tout ce qu’ils avaient fait tous les deux, tout ce qui avait si mal tourné. « Crois-moi, t’as pas besoin d’moi. » ou d’quelqu’un comme lui, un échec cuisant de partout. Peut-être que les parents d’Asteria, eux, pousseraient le vice plus loin, en disant qu’elle n’avait même pas envie d’avoir besoin d’lui – ce serait mieux comme ça, ouais. « Fais c’que tu veux. T’as qu’à aller voir tes parents, tant qu’tu leur dis pas qu’il est d’moi, j’suis sûr qu’ils t’aideront. » et dans les explosions de sensations qui se succédaient dans ses tripes, Rafe aurait presque envie d’gueuler, si seulement il n’était pas face à Asteria, à qui il n’pouvait rien reprocher. Encore une fois, c’était cette rage dirigée vers personne en particulier, n’aidant personne en particulier, qui l’habitait, et qui menaçait d’exploser. Comme dix ans plus tôt, les choses revenaient toujours au même point. Il avait beau n’pas hurler, l’hostilité vibrait dans ses cordes vocales, la distance restait le cœur du problème entre eux deux ; un brusque changement en comparaison de c’qu’ils avaient connu, cette fameuse nuit. C’était un peu comme leur histoire, hein ; ç’avait été bon et parfait aussi à l’époque – maintenant, il n’restait que du froid dans leurs mémoires et dans leurs cœurs.

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MessageSujet: Re: (rafe), but gravity, it pulls me into you. Lun 22 Jan - 23:08

cause we're just a couple of kids.
take me back to the night, we met in the yard Climbing up to the roof, hidden in the dark With a bottle of wine for two, though I'm already drunk off you. Then we both fell asleep, underneath the stars. We're young and naive, and you're tellin' me That someday, we'll run off together. I'm startin' to think, I'm stuck in a dream, Cause we're young and we don't know better.
rafe hollins et asteria drake

Asteria, elle avait toujours vécu dans l’ombre de sa sœur aînée. Shea, elle avait toujours représenté tous les espoirs de ses parents. Elle était brillante, attentive, obéissante, là où Asteria elle avait toujours eu la tête dans les nuages, incapable d’aller au bout de ses projets, parce que, malgré sa détermination, elle en avait plein la tête et son esprit volait trop vite d’une idée à une autre, d’une envie à une autre, pour qu’elle puisse tout mener à bien. Shea, elle avait été la digne héritière dont ses parents avaient besoin, alors qu’Asteria, c’était juste la deuxième fille, celle qu’on remarquait moins, celle sur laquelle plus aucun espoir ne reposait depuis longtemps. Elle avait aimé sa sœur, évidemment. Mais elle en avait toujours été incroyablement jalouse. Ça avait toujours été frustrant d’être la fille raté à côté d’elle. Aujourd’hui, sa jalousie n’avait fait que grandir, encore et encore si bien qu’y avait des moments où elle avait l’impression de la détester son aînée et elle en avait honte, parce que sa sœur, elle était peut-être morte maintenant. Mais, en attendant quoi qui ait pu lui arriver à Shea, les conséquences de cette histoire c’était elle et Rafe qui les payait. Lui peut-être plus qu’elle, parce que malgré tout, elle avait eu la protection de ses parents, un genre de surprotection dérangeante, qu’elle avait surtout vécu comme une volonté de l’étouffer, de la privée de ses libertés pour qu’elle reprenne sa vie en main, parce qu’elle aurait facilement pu tout foutre en l’air, elle, l’idiote qui s’était entichée d’un mec beaucoup trop basané aux yeux de ses parents. Tout ce qu’ils avaient fait, Rafe et elle, s’était s’aimer et elle n’avait pas l’impression que ce soit quelque chose de mal, pourtant, ses parents en avaient fait un drame et ils avaient tout gâchés. C’était injuste qu’ils se soient servis de la disparition de Shea comme d’un argument là-dedans, parce qu’à cause de ça, c’était difficile de ne pas lui en vouloir à son aînée, pour tout ce qui avait pu se passer depuis sa disparition.

Elle avait été épuisée, Asteria d’entendre ses parents lui répéter qu’elle était une honte comparée à sa sœur. Peut-être qu’ils ne le disaient pas comme ça, pas aussi explicitement, mais ils le disaient quand même, à leur façon et Asteria, évidemment qu’elle en était blessée, assez pour ne plus vraiment croire en elle. A force d’entendre dire qu’elle foirait tout ce qu’elle entreprenait et d’en avoir plus ou moins la preuve après chaque échec qu’elle essuyait, c’était pas évident de vraiment croire en elle. C’était sans doute un cercle vicieux, elle échouait, on lui disait qu’elle n’était qu’une raté, elle croyait un peu moins en elle et elle ratait encore ce qu’elle entreprenait. Elle aurait voulu avoir des parents croyant en elle, l’aidant à suivre ses rêves et lui offrant les clés pour réussir. Il n’avait jamais fait ça ses parents, ils n’avaient fait que la rabaisser, encore et encore. Alors comment est-ce qu’elle pouvait croire qu’elle pourrait être une bonne mère hein ? Est-ce que ce serait pas un autre truc qu’elle allait foirer ? Sauf que cette fois, ça prendrait en compte la vie d’un pauvre enfant qui n’avait rien demandé à personne. Billie, elle lui avait dit qu’elle pouvait y arriver, qu’elle serait une bonne mère. Elle y avait cru pour le temps qu’elle avait passé avec la rousse, mais dès lors qu’elle s’était retrouvée de nouveau toute seule avec ses doutes, elle avait recommencé à se dire qu’elle n’allait jamais y arriver. Parce qu’on lui avait toujours fait comprendre qu’elle n’arriverait jamais  rien, parce qu’elle, elle n’était pas Shea et Shea elle, elle aurait pu tout accomplir, faire de grandes choses, si elle n’avait pas disparue. Ouais, tout aurait été plus simple si ça avait été elle au lieu de son aînée, au moins, les espoirs de ses parents ne se seraient pas envolés avec elle.

Elle était bonne à rien elle. C’était une évidence, encore plus maintenant, alors qu’elle avait réussi à tomber enceinte malgré les précautions que Rafe et elle avaient pu prendre. A peine revenue dans la vie de Rafe, elle lui imposait des problèmes dont il se serait certainement bien passé. Ils avaient eu raison alors, ceux qui avaient dit que c’était mieux pour lui si elle restait loin de lui, qu’il n’avait pas besoin qu’elle revienne tout gâcher pour lui, alors qu’il devait être en train de se reconstruire. Elle n’aurait pas dû alors, revenir à Los Angeles, elle n’aurait pas dû revenir vers lui, au moins, il n’en serait pas là. Elle baissa les yeux à la réplique de Rafe, elle n’avait jamais voulu lui compliquer la vie, ni dix ans plus tôt, ni maintenant. Mais c’était ce qu’elle faisait, elle entrait dans la vie des gens et elle compliquait tout pour eux. Peut-être qu’elle aurait mieux fait de ne pas venir ici alors, de ne rien lui dire et de gérer ça toute seule. « Je suis désolée. » Elle l’était sincèrement, pour tout ce qui avait pu se passer il y a dix ans comme pour ce qu’elle venait lui imposer maintenant. Elle, elle savait qu’elle avait besoin de lui, qu’elle avait toujours eu besoin de lui, pendant toutes ses longues années, même si elle avait été loin de lui. Elle n’avait jamais voulu ça elle, si on lui avait laissé le choix, elle ne serait jamais retournée en Australie. Mais elle n’avait eu que seize ans, alors évidemment qu’on ne lui avait pas laissé le choix. « Non, mes parents, ils me diraient qu’au moins, Shea, elle serait pas tombée enceinte avant d’être mariée et d’avoir un job stable et que tout aurait été plus simple si c’était moi qui avait disparu. » Ils lui diraient aussi d’avorter, pour épargner à ce bébé même le fait de grandir dans ses entrailles à elle et pourtant, ils étaient contre l’avortement, évidemment. Peut-être qu’elle ferait mieux d’avorter ouais, ça réglerait tous les problèmes. Pourtant, dès qu’elle y pensait, elle avait juste envie de pleurer. « T’as raison, je vais me débrouiller. J’ai pas envie de compliquer ta vie plus que je l’ai déjà fait. » Le passé il était encore là, entre eux deux, il n’avait pas évoqué ses parents par hasard après tout. Elle l’avait entendue la colère dans sa voix. Elle avait été égoïste sans doute de venir jusqu’ici pour lui demander de l’aide à lui. A qui d’autre pourtant ? C’était lui le père après tout. Et puis si elle ne lui avait pas dit, on lui aurait reproché de le lui avoir caché. Comme quoi, dans ce genre de situation tout semblait vraiment reposer sur les épaules de la femme, aucun de ses choix ne pouvaient être le bon. « Désolée pour le dérangement. » Elle avait déjà commencé à repartir vers la porte. Fais ce que tu veux, qu’il avait dit. Elle ce qu’elle voulait, c’était ne pas être toute seule dans cette histoire, ce qu’elle voulait, c’était son aide à lui, mais lui, il jugeait qu’elle n’en avait pas besoin, alors tant pis, elle trouverait une solution par elle-même, ça faisait dix ans qu’elle faisait ça de toute façon, parce qu’y avait jamais eu personne pour la soutenir de toute façon.

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MessageSujet: Re: (rafe), but gravity, it pulls me into you. Mar 23 Jan - 0:12



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rafe hollins &asteria drake

La génétique n’était pas une fin en soi. Rafe avait bien dû essayer de se persuader de ça, dans les moments difficiles de son existence. Parce que dans c’cas-là, qu’est-ce qu’il aurait pour lui, hein ? La mixité d’un père qui avait abandonné une femme enceinte sans se retourner, et d’une mère paumée, droguée, désespérée, amoureuse de la misère au point de s’laisser tabasser et traiter comme de la merde par les autres ? Deux parents, terriblement enclins à lâcher leur propre enfant, un beau jour quand ils découvraient qu’il était un boulet trop lourd à porter. Pour son géniteur, ç’avait été avant même qu’il ne naisse ; pour la femme dont il ne se souvenait qu’à peine, ç’avait été quand il avait eu huit-neuf ans, et qu’il avait commencé à être trop présent entre son petit-ami et elle. Qu’est c’qu’y’avait à sauver là-dedans ? C’était probablement, surtout Rebekah qui lui avait fait comprendre ça ; Rebekah la première qui y avait vraiment cru, qui n’avait pas juste jeté une œillade circonspecte à son casier judiciaire comme si on pouvait tout savoir d’lui, rien que comme ça. Il n’était pas ses parents, il n’était pas non plus les coups bas qu’la vie lui avait faits. Souvent, ç’avait été la seule assurance qui lui avait permis de s’maintenir à flots et de n’pas perdre la tête, surtout dans les vrais moments de doute, les vrais moments durant lesquels il aurait pu croire qu’en fin d’compte, il n’échapperait jamais vraiment à Rafael, le gamin qu’on avait laissé moisir dans ‘le système’, sans aucun égard ni aucun regret. Savoir c’qu’il avait fait et c’qu’il n’avait pas fait, ç’avait aidé aussi, quand les Drake n’avaient eu d’cesse de s’acharner contre lui. S’il avait souvent dû s’retenir de leur dire leurs quatre vérités en face, s’il avait été plutôt hésitant à balancer tous les sombres secrets de Shea, il avait toujours gardé la tête haute, au moins jusqu’à un certain égard. Il n’avait jamais fait d’mal à Asteria, il n’l’avait jamais violée, jamais menacée, jamais manipulée à ressentir c’qu’elle avait éprouvé pour lui. Il n’avait jamais eu aucun désir à l’égard de Shea, aucune envie d’se débarrasser d’elle pour quelque raison que ce soit – et même malgré sa génétique pourrie, il n’avait jamais eu en lui c’grain de folie assassine qui faisait les plus grands fous de c’t’humanité, ceux qui tuaient à tour de bras, sans remord et sans voir leurs torts. Avec le temps, il avait juste voulu que jadis n’soit pas une fin à elle-même ; il avait dû tourner la page d’son histoire avec Terry, faire comme si en tout cas, avec l’espoir qu’un jour, à force de prétendre, ça se soit fait tout seul ; une seconde nature qu’il aurait développée, et qui n’rendrait pas le futur si difficile à appréhender. Il avait tout à gagner à sortir la tête de l’eau – c’était la promesse qu’on lui avait faite quand il avait eu treize ans, qu’il avait frôlé avec la criminalité, et qu’une femme sortie de nulle part lui avait tendu une main généreuse. Et avec toutes les merdes, tous les scandales qui l’avaient complètement encerclé avec le temps, Rafe aurait cru qu’elle abandonnerait, Rebekah, qu’elle le lâcherait comme tout le monde l’avait lâché – c’était pourtant une femme qui avait plus de courage et de ténacité qu’beaucoup de gens réunis. Les Drake à côté, ils n’avaient rien de modèles desquels s’inspirer pour vivre sa vie ; peut-être était-ce pour ça que de sa propre vision à elle, Rebekah n’avait jamais vu d’un très bon œil non plus, que le gamin qu’elle avait recueilli et qu’elle essayait d’aider, devienne subitement l’centre d’intérêt de gens en qui elle n’avait absolument pas confiance.

Il aurait dû l’savoir, l’écouter, saisir les messages subliminaux qui flottaient dans l’air et que personne n’disait jamais clairement. A trente-deux ans, Rafe l’adulte essayait d’se dire ça, à croire que ça pouvait justifier quoique ce soit – qu’ce soit d’sa faute, que de simples amitiés, histoires de cœur, se soient complètement retournées contre lui. Il n’savait plus, au bout d’un moment, quels avaient été ses crimes ; force était d’admettre que le brun avait dû surtout s’concentrer sur le concret, pour encore et encore prouver son innocence dans des faits parfois extravagants, pour tout ce qui tournait autour de la disparition de Shea. Il avait su, déjà à l’époque, au tout début, que les parents Drake avaient transformé leur fille ainée en une sorte de déité adorée et idéalisée ; elle leur avait fait tourner la tête, elle s’était foutue d’leur gueule, et elle n’avait jamais été la jeune fille qu’ils avaient crue voir vivre sous leur toit. Peut-être bien que la seule chose dont ils auraient pu être fiers, c’était l’intolérance latente qui glissait parfois, discrètement et distraitement dans ses mots ; la façon dont elle avait de s’exprimer sur les autres, des gens qu’elle n’comprenait pas, des mondes auxquels elle n’appartenait pas, en ayant cette petite réplique mordante qui ne plairait à personne. Parfois, le Hollins avait été tenté d’répondre, de s’battre comme il avait appris à le faire, toutes griffes dehors, hargne et rancœur s’exprimant avant tout le reste – mais il n’l’avait jamais fait, et alors que gamins, ils avaient été proches, amis avant tout, en grandissant, leur situation avait bien changé. Shea avait semblé n’jamais comprendre pourquoi Rebekah s’était donnée la peine de l’adopter, par exemple ; probablement parce qu’elle n’connaissait rien au système qui larguait des gamins comme des âmes insignifiantes au milieu d’un avenir semblable à un cimetière à l’agonie et probablement parce que ç’avait été une question qu’elle avait entendue aussi, posée à la table du dîner dans sa famille. Il n’savait pas c’qu’elle avait pu écouter d’autre, sortant de la bouche de ses parents, voletant entre les murs de la si jolie et luxueuse maison dans laquelle ils avaient tous vécu. La rancœur faisait qu’il n’voulait plus imaginer désormais – pourtant, si dix ans plus tard il devait encore être le centre de gravité de bien de leurs préoccupations, il n’en serait pas tant que ça surpris. Ça faisait des lustres maintenant, qu’il vivait avec l’omniprésence de leur ombre pesant sur ses épaules, sur son quotidien et sur les moindres promesses de son avenir, alors même qu’ils étaient à l’autre bout du monde. Qu’est-c’qu’ils pourraient faire, alors, s’ils découvraient ce qu’Asteria venait d’lui dire ? Est-c’qu’elle le leur dirait, tout simplement ? Est-c’qu’il pouvait s’permettre de demander à la jeune femme de n’jamais leur en dire un mot ? J’en sais rien, fais comme tu veux c’était la réponse idéale qu’il trouvait, pour n’pas passer pour une complète enflure – rien d’autre qu’un inconnu décevant – ou pour ne pas s’préparer pour lui-même, un avenir qui lui briserait le cœur, d’ces peines qu’il portait encore en des ecchymoses invisibles sur ses espoirs ou ses volontés. Est-c’que c’était l’idée d’avoir mis la blonde enceinte, ou tout c’qui pouvait accompagner cela, qui pesait le plus sur ses tripes ? Rafe n’avait jamais été particulièrement doué en introspection, pour s’concentrer sur lui-même ou sur les sentiments qui pouvaient menacer d’complètement le submerger. Alors même ça, il n’savait pas ; les Drake étaient techniquement à l’autre bout du monde, qu’est-c’qu’ils pourraient faire ? Beaucoup, et il le savait bien, et il en avait la preuve, dans des putains de classeurs qu’il devait conserver encore aujourd’hui, et devrait sans doute conserver pour le restant d’ses jours. Quand d’autres avaient l’espoir qu’on retrouve un jour Shea, sous forme d’un cadavre, d’une fille bien vivante, d’n’importe quoi d’autre, lui, il n’pouvait être qu’à espérer tout l’inverse ; qu’on oublie c’t’histoire, aussi injuste cela pouvait-il être. Qu’on l’oublie lui ; putain, si tous les Drake pouvaient l’oublier, le zapper complètement, possédés par une amnésie qui les rendrait moins cons par la même occasion, ce n’serait pas si mal.

Au milieu d’eux pourtant, y’avait Asteria. Y’avait toujours eu Asteria. Et peut-être bien que s’il en avait vraiment fini avec elle, s’il était vraiment passé à autre chose, ils n’auraient jamais fini dans ce même lit, quelque-chose comme un mois plus tôt. Le voilà à espérer n’avoir été qu’une aventure parmi d’autres, tant pis si ça devait faire de la blonde, un genre de fille qui se tapait des mecs à la pelle en quelques jours. Il n’savait pas. C’était la seule vérité qu’il pouvait annoncer – y’avait plein d’choses qu’il avait enjolivées pour elle, de la netteté de ses sentiments, à tout c’qu’elle ne savait pas, sur le monde autour d’eux, sur ses propres parents, ou sur sa sœur ainée. Pas pour l’enfoncer, pas pour s’foutre de sa gueule, et certainement pas dans une volonté de plier la réalité en quelque-chose qu’elle n’était pas. Juste-… parce qu’il s’préoccupait d’elle, il s’était toujours préoccupé d’elle, quitte à lui faire voir un univers plus beau qu’il n’était en réalité ; au bout d’un moment, ç’avait presque commencé à déteindre sur lui, l’espoir d’un avenir meilleur, la volonté de vivre sans s’prendre la tête, sans craindre les jours qui viendraient, juste avec c’qui importait le plus. Parfois, il s’était demandé si c’n’était pas cette façon unique d’voir les choses, à travers des filtres qu’ils avaient été les seuls à voir, qui leur avait tant coûté – était-il pour autant capable d’regretter tout, tout du bonheur qu’Asteria lui avait donné à une époque ? Ca n’avait jamais été une question d’sexe, de se taper une fille plus jeune que lui comme un pervers manipulateur ; et même maintenant qu’ils étaient deux adultes consentants, ça n’avait pas été qu’une question de sexe. Même aujourd’hui, alors, bras croisés et regard fuyant, mâchoires crispées et plus distant qu’il n’l’avait jamais été avec elle, Rafe n’aimait pas entendre c’qu’elle avait  à dire. Il n’voulait pas savoir c’qu’elle avait vécu pendant toutes ces années hors d’sa vie – tout autant qu’il avait voulu qu’elle soit heureuse, au moins un peu, il n’voulait pas avoir à souffrir d’écouter tout ça, les échos d’une joie qu’elle avait pu ressentir sans lui, avec d’autres. Avec ses propres parents. C’était con, quand même ; il les détestait tout autant qu’elle était incapable d’les sortir de sa vie, parce qu’ils étaient ses parents, et qu’il portait déjà lui-même assez les stigmates d’sa famille brisée pour n’pas vouloir imposer ça à qui que ce soit. Qu’est-c’qu’il avait à faire, alors ? S’investir dans ce bébé immatériel qu’elle disait avoir dans le ventre, comme il s’était investi corps et âme à elle, avant que les Drake, apprenant la nouvelle, n’viennent tout foutre en l’air ?! Même si ça pouvait être simple et dégueulasse comme ça, il n’savait même pas s’il avait quelque fibre que ce soit dans son corps, à même d’faire de lui un parent un tant soit peu respectable. C’était pas dans ses gênes, en tout cas. Il aurait  peut-être dû alors, rester immobile et silencieux, regardant obstinément ailleurs jusqu’à ce que la blonde ait quitté son appartement – comme foutre la poussière sous l’tapis, elle serait partie avec ses problèmes et il aurait presque pu prétendre qu’rien n’était arrivé. Comme son père probablement ; et comme sa mère une fois qu’elle avait passé la porte du poste de police en le larguant là. « Attends. » qu’il dit pourtant, sans soupir, sans lassitude, arrivant à sa hauteur avant même qu’il n’s’en rende compte, sans doute ; entre elle et la porte, il plaqua une de ses mains sur celle-ci, comme si c’était ça qui pourrait lui faire ravaler les mots qu’il avait eus, et les faire oublier à Asteria. On lui avait dit des choses pires que ça, à lui. On en avait aussi dit à Asteria, il semblait. Il détestait ça, mais il n’avait rien pu faire – il n’avait pas pu la protéger, pas pu l’aider, pas pu faire partie d’sa vie. Il ne l’savait que trop bien et à chaque fois qu’il la regardait, ça faisait un mal de chien. « T’es sûre que tu veux pas boire quelque-chose, maintenant ? » c’est la seule chose avec laquelle il vint ; plutôt que de la supplier, laisse-moi un peu d’temps, quelques minutes, quelques heures. Jours. Il n’savait pas – du temps comme ils n’en avaient que trop peu eu. Il avait eu dix ans à s’morfondre après elle, à trop bien savoir qu’il n’arrivait pas à avancer, alors peut-être bien qu’il méritait mieux que ça. Elle aussi, il voulait y croire.

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north stars though, they are. by chance, you'll meet someone who encompasses the way home; someone who is home. and you'll love them as they are because they are yours, they exist beneath your skin in your veins, in your bones. (@tumblr)
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(rafe), but gravity, it pulls me into you.

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