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(jonah), i'd do anything for you.

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MessageSujet: (jonah), i'd do anything for you. Dim 21 Jan - 23:00


Remember those times I was hoping for something.
Jonah Reeve & Evelyn Blake

Même à l’autre bout du monde, sans donner la moindre nouvelle à Jonah, elle avait souvent pensé à lui, Evelyn. La distance, l’océan qui les avait séparés il lui avait servi à ne pas se ruer dans ses bras à la moindre occasion et elle avait été persuadée que ça avait été la meilleure chose à faire. C’était une erreur, évidemment et il lui avait fallu des années pour s’en rendre compte. Elle avait été naïve au point de croire que ça pourrait marcher comme ça, qu’elle aurait tout ce qu’elle avait toujours voulu avec Mike et que pour ça, il fallait qu’elle sacrifie ce qu’elle avait eu avec Jonah. Elle savait aujourd’hui qu’elle aurait dû faire le contraire, parce que même si elle avait été heureuse avec Mike pendant un moment, maintenant, elle se retrouvait plus seule que jamais, sans Jonah à ses côtés. Il lui manquait et elle voulait vraiment faire tout ce qui était en son pouvoir pour arranger les choses entre eux. Le mois de décembre était arrivé en plus et on disait que c’était le moment parfait pour croire aux miracles. Est-ce qu’elle avait le droit à un miracle, elle, pour une fois dans sa vie ? Elle avait vraiment envie d’y croire, elle avait envie que Jonah recommence, petit à petit à lui faire confiance, assez pour accepter de la voir, au moins. Elle savait bien que quoi qu’il puisse se passer, il faudrait du temps pour vraiment reconstruire les choses entre eux, mais même avancer à pas de bébé, ce serait mieux que rien Elle avait besoin de Jonah dans sa vie, même si elle avait pendant des années essayer de se persuader du contraire peut-être que Matchmaker avait su ça mieux qu’elle, à tel point que ce site avait décidé de chercher un moyen de les réunir, finalement, l’algorithme sous lequel il fonctionnait n’était peut-être pas si bidon qu’elle le prétendait

Tous les ans, depuis qu’elle était arrivée, alors que le mois de décembre arrivait, elle pensait d’autant plus à lui elle n’oubliait évidemment pas l’anniversaire du jeune homme. Cette année elle comme toutes les autres, elle y avait pensé bien avant le jour J et finalement, quand celui-là était arrivé, elle avait passé une bonne partie de la journée a fixer l’écran de son téléphone portable en se demandant si elle devait ou non lui envoyer un message. En vue de leur relation, elle se disait qu’envoyer un message ça ressemblerait peut-être plus à un moyen de lui dire ‘regarde, j’ai pas oublié’ qu’à une véritable façon de prouver à Jonah qu’il comptait encore à ses yeux. Elle avait tellement peur de faire les choses de travers qu’elle hésitait comme une malade, sur des détails dont tout le monde se fichait. Finalement, elle n’avait pas envoyé de message, mais elle s’était débrouillée pour sortir un peu plus tôt du boulot, affrontant la neige, elle avait fait quelques emplettes, parce qu’elle ne pouvait décemment pas se pointer chez Jonah les mains vides, pas pour son anniversaire. Elle avait pensé au gâteau, à la bouteille, un petit cadeau aussi et finalement, arrivée devant son immeuble, elle se disait que c’était complètement ridicule, qu’il avait probablement du monde chez lui, sa famille ou des amis qui eux, ne l’avait pas laissé tomber comme elle l’avait fait. Est-ce qu’il avait déménagé ? Il aurait pu, ces dernières années et elle n’eut cette réflexion qu’une fois qu’elle eu frappé contre la porte. Merde, si jamais c’était quelqu’un d’autre qui lui ouvrait, elle aurait l’air d’une parfaite idiote, pour changer. Elle était tellement nerveuse qu’elle eu l’impression que les secondes qu’elle passa devant la porte durèrent une éternité. Elle se dit aussi que peut-être que s’il la voyait à travers le judas, il n’ouvrirait pas, parce que c’était elle. Y avait tout un tas de pensées qui s’étaient imposée à elle et finalement, il ouvrit la porte, elle était tellement perdue dans ses pensées et ses angoisses qu’elle resta quelques secondes bouche-bée en face du jeune homme. « Hey ! Joyeux anniversaire. » Elle lui adressa un sourire et elle sentait son cœur qui battait avec force contre sa poitrine comme si elle était en train de passer un oral hyper important pour sa carrière – du genre de ceux qu’elle avait zappé parce qu’elle était partie en France. « Ouf, tu habites encore ici, j’étais en train de me dire que si c’était quelqu’un d’autre qui ouvrait la porte, je passerais pour une cinglée. Ça aurait pu être un couple et la nana m’aurait prise pour la maitresse de son mec, j’te raconte pas la galère. » Elle lâcha un léger rire nerveux, alors qu’elle se rendait compte qu’elle parlait vite, pour dire des choses dont tout le monde se fichait, au moins, Jonah aurait l’occasion de se rendre compte qu’y avait certaines choses qui ne changeaient jamais. Ça c’était pourtant une manie débile qu’elle aurait bien aimé abandonner derrière elle en France. Mais non, quand elle était nerveuse, elle se mettait encore et toujours à parler comme ça. La différence c’était qu’aujourd’hui, elle pouvait faire le même speech mais en français, peut-être que ça aurait été mieux d’ailleurs, au moins, il n’aurait pas eu l’occasion de comprendre les trucs débiles qu’elle racontait. Désireuse de chasser tout ça, elle se racla légèrement la gorge avant de reprendre. « Enfin, je voulais juste … Peut-être que t’es occupé, je suis désolée. Je dérange ? » Peut-être qu’elle aurait mieux fait de lui demander s’il avait envie de la voir aussi, parce que bon, s’il n’était pas occupé, il n’était pas obligé d’accepter de la recevoir. Il pouvait l’envoyer balader, il en avait le droit après tout ce qu’elle avait pu faire.

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MessageSujet: Re: (jonah), i'd do anything for you. Dim 21 Jan - 23:06

Ranger n’avait jamais été l’activité favorite à laquelle Jonah avait pu se livrer. Sans être un bordélique dans l’âme, incapable de vivre dans un endroit ordonné et propre, le jeune homme n’avait pas été de ceux qui avaient grandi en apprenant à gérer leurs affaires. Sa mère avait généralement été celle qui se pressait aux quatre coins de la maison, passant derrière tout le monde, même pour accomplir les tâches les plus simples qui soient. Ça lui avait souvent donné un prétexte pour jeter un coup d’oeil dans les chambres de ses enfants, s’assurant alors qu’ils ne faisaient rien de répréhensible qu’elle leur ferait regretter. A vivre seul à New York, le Reeve avait surtout appris à ranger son propre bordel, une tâche loin d’être oppressante, puisqu’il n’avait vécu que pour lui-même. Avec l’arrivée de Meika, pourtant, Valentina et lui avaient bien assez tôt appris qu’un bébé s’accompagnait généralement d’une tonne de bordel, de saleté et de jouets qu’il ne pouvait pas lui-même ramasser ou nettoyer. Et tout ce qui avait pu finir par bien fonctionner dans leur couple et dans le petit triangle qu’avait formée leur famille à tous les trois, avait été complètement redéfini, encore une fois, quand la jeune femme était partie du jour au lendemain, et que Jonah avait dû apprendre à vivre la vie de père célibataire. Et aujourd’hui, jusqu’à il y a peu, il aurait même pu se targuer d’avoir pas si mal géré la chose; mais il avait fallu que Lydia en décide autrement. Sa soeur avait eu envie de fêter son anniversaire en grandes pompes; elle avait débarqué avec des paquets cadeaux, un gâteau et des bouteilles pour arroser le tout, comme s’il y avait quoique ce soit à célébrer. Heureusement, Jonah n’en était pas au point d’avoir sombré dans une dépression terrible l’empêchant de profiter des plaisirs simples de la vie, comme le fait de pouvoir fêter son propre anniversaire avec sa famille - ou une partie de celle-ci, du moins. Lydia et Zach tout autant étaient devenus indispensables à son quotidien, plus encore depuis que Tina était partie, et que tous les Reeve s’étaient alliés pour aider pendant la ‘période de transition’ dont l’aîné aurait souffert, tout seul dans son coin. A l’époque, il avait encore été à moitié paralysé dans son quotidien par la blessure qu’il s’était faite sur le terrain - ce foutu accident qui avait ruiné sa vie. S’en souvenir n’faisait que raviver l’évidence qui lui hurlait qu’à l’époque, il aurait bien eu besoin d’quelqu’un; il avait cru que ce ‘quelqu’un’ serait la femme avec laquelle il avait essayé de construire une vie de couple stable, la mère de sa fille, et peut-être bien un jour, la personne à qui il demanderait de l’épouser, dans l’ordre logique des choses. Mais la brune avait eu des envies bien différentes, elle n’avait certainement pas eu la tête à jouer les infirmières, ni même le support moral. Elle était partie, alors, et tout ce avec quoi le jeune homme s’était retrouvé, c’était la solitude. L’évidente solitude qu’il éprouvait à chaque fois que les autres retournaient à leur vie à eux, et qu’il n’y avait plus que Meika pour lui tenir compagnie. Meika qui, certes, avait profité de la fête aujourd’hui aussi, mais devait garder son rythme de vie bien régulier - un pas de travers, et la petite était capable d’être de mauvais poil pour toute la journée du lendemain, il était bien placé pour le savoir, lui, le père.

Le mois de décembre était pourtant un gros mois en soit - un véritable parcours du combattant chargé d’embuches, à la fin duquel, Jon finissait par s’dire qu’il s’en était ‘pas si mal sorti’. Il n’était jamais totalement satisfait ou convaincu, et il était constamment rappelé à l’évidence que sa fille manquait de sa mère, et que ce serait un problème réminiscent, pour aussi longtemps que Valentina jugerait qu’elle avait mieux à faire, ailleurs, à des milliers de kilomètres du bébé qu’elle avait mis au monde. Aucun anniversaire avec des gâteaux et toute la famille réunie, pas même les fêtes de fin d’année, le sapin et les belles décorations n’pouvaient effacer Valentina de la mémoire de tout le monde, et l’évidence du vide qu’elle avait créé, dans la vie de Meika. Parfois, pour alléger sa conscience, pour n’pas remuer le couteau dans la plaie, ici et là, les gens autour assuraient à Jonah qu’il s’en sortait bien, que Meika était une petite fille heureuse, qu’elle était parfaitement équilibrée grâce à lui, et qu’il faisait du mieux qu’il pouvait. Pourtant, lui, il était là pour les hauts et les bas, les bons et les mauvais moments - et souvent, trop souvent, il s’retrouvait à se demander si tout ne serait pas différent, si Tina était restée dans les parages, rien que pour ne pas priver son enfant d’un repère plus qu’important. Souvent, trop souvent même diraient certains, il pensait à Meika avant tout le reste; même avant lui-même, chose exceptionnelle pour l’homme qu’il avait été à une époque, Jonah. Aujourd’hui, le jour de son anniversaire, alors que quelques années plus tôt il aurait tout fait pour sortir fêter, pour n’rentrer qu’au milieu de la nuit et agir avec toute l’inconscience du monde, il se retrouvait, les pieds sur terre, à devoir tenir droite la barque de sa vie, pour n’pas complètement s’noyer. Il avait donc à peu près ranger son appartement à nouveau, trop conscient qu’il avait encore du boulot, pour quand sa fille serait enfin couchée - pour l’heure, Meika faisait surtout la fine bouche, boudant son repas du soir après le bon gâteau et les autres bonnes choses qu’elle avait mangées sans restriction aujourd’hui. Un moment idéal, une toute petite épine dans cette soirée pour rappeler à Jonah ces questions incessantes dans son crâne; plus souvent, c’était la culpabilité qui l’emportait sur le reste, comme s’il avait quoique ce soit à se reprocher pour justifier le départ si soudain de Valentina, ou la façon dont, dans tout ça, elle avait fini par traiter leur propre fille. C’était ironique quand même, que ce soit lui, celui d’eux deux qui avait semblé le moins mature et le plus égoïste, qui tenait bon encore. Quelque part, c’n’était pas l’seul cas de figure qui semblait presque anormal, compte-tenu du caractère du Reeve. Mais à ça, il essayait de n’pas y penser - surtout aujourd’hui; à n’rien attendre, on n’cultivait pas la déception, hein? Alors il s’en fichait - essayait, en tout cas - de n’pas avoir reçu de nouvelle d’Evelyn aujourd’hui; après tout, ça faisait des années hein, que la blonde ne lui souhaitait plus son anniversaire, alors pourquoi chercher plus loin? A peine concentré sur ce qu’il faisait, Jonah s’en retrouvait plus facilement agacé, quand pour la dixième fois au moins depuis qu’ils s’étaient assis à table, Meika envoyait balader sa cuillère avec son repas dedans. « Tu sais très bien qu’on va pas s’arrêter là. » qu’il déclara clairement à sa fille alors qu’on frappait à la porte, et qu’il devait se lever. Meika semblait n’avoir que peu de considération pour les menaces, ou les supplications - ce qui l’intéressait le plus, c’était le marchandage. Et pour les rares fois où Jonah en arrivait à la punition, ça lui semblait inopportun, imprévisible et trop déstabilisant pour la petite. Il était mal barré, sans conteste et les soirées comme ça le lui rappelaient bien. Plus las que n’importe qui n’devrait l’être le jour de son anniversaire, alors, Jonah ouvrit la porte, surpris de s’retrouver face à une Evie qui n’avait pas donné signe de vie depuis un moment - encore une fois, la rancune l’emportant, il aurait pu croire qu’elle était repartie à Paris, comme ça. « Hey... » il dit, pourtant, retenant les choses stupides qu’il pourrait avoir à dire, impétueusement et à cause de la frustration qui tournait dans ses tripes. De toute manière, la jeune femme ne lui laissa pas beaucoup d’opportunités, la bouche ouverte en un flot de paroles - cette attitude qu’il lui avait si bien connue, et dont le souvenir le fit sourire, inconsciemment, un signe sympathique au moins, juste au coin de sa bouche. « Eh-... nan... tu déranges pas. Pas spécialement... » un regard par-dessus son épaule lui suffit à remarquer que Meika avait profité de la distraction pour quitter sa chaise et disparaître, sans doute dans sa chambre. « Ehm... bah, entre. » dans un geste il s’écarta de l’entrée pour la laisser passer - trop conscient que c’était une habitude si perdue que ça lui semblait presque anormal. Ouais, il habitait toujours dans cet appartement, mais Evelyn n’était plus venue là depuis des lustres - ça n’avait certainement plus la même allure que la garçonnière de mec célibataire et profitant de la vie qu’elle avait connue à une époque. « Tu voulais juste quoi, alors? » et même si la question semblait directe, comme ça, Jonah essaya d’adopter un ton à la fois détaché et sympathique, parce qu’ils s’étaient parlé, qu’ils avaient décidé d’essayer de reprendre les choses à zéro. Qu’il avait accepté, en tout cas, de s’laisser aller à lui faire confiance à nouveau, à Evie. Il aurait voulu que de prime abord, ça semble plus simple que ça.

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MessageSujet: Re: (jonah), i'd do anything for you. Dim 21 Jan - 23:11


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Jonah Reeve & Evelyn Blake

Tout ce qui concernait Jonah la faisait beaucoup hésiter ces derniers temps. Elle voulait arranger les choses avec lui, elle voulait au moins pouvoir le compter à nouveau dans la liste de ses amis, mais avant d’en arriver là, il fallait qu’elle regagne sa confiance et elle savait que ce n’était pas voué à être une chose aisée. Elle l’avait abandonné derrière elle pendant de nombreuses années, elle avait essayé de l’oublier, parce qu’elle avait cru qu’avec lui dans un coin de sa tête, elle ne pourrait jamais construire quoi que ce soit de sérieux avec qui que ce soit. Elle avait commis de nombreuses erreurs et elle avait peur de recommencer. Elle avait peur de mal s’y prendre et puisqu’il n’y avait pas franchement de manuel dans lequel elle pouvait apprendre comment si prendre pour restaurer l’amitié qu’elle avait brisé, elle avait l’impression d’avancer à tâtons dans une histoire compliquée qu’elle ne voulait absolument pas gâchée. Ce n’était pas facile, elle n’avait jamais ressenti autant de malaise que ça quant il s’agissait de Jonah, elle avait toujours été naturelle et spontanée avec lui et voilà que maintenant, elle réfléchissait à l’avance à chaque mot qu’elle pourrait prononcer en sa présence. Evidemment, dans les faits, une fois en face du jeune homme, elle savait que les choses ne se passeraient pas exactement comme elle pouvait l’avoir prévu et que du coup, ses réflexions étaient complètement inutiles, mais c’était plus fort qu’elle. C’était bien la première fois de sa vie qu’elle se prenait autant la tête sur ce genre de détails. Elle était vraiment une fille naturelle, qui préférait utiliser ses neurones pour réfléchir à des vrais problèmes, mais pour le coup là, elle ne pouvait vraiment pas s’empêcher de fonctionner comme ça.

Elle avait passé un temps fou à peser le pour ou le contre d’envoyer un message, elle avait vraiment réfléchit à ce qu’il lui semblait plus juste de faire entre le message ou la ‘surprise’ de la visite improvisée. Elle avait finalement opté pour aller le voir en personne, parce qu’elle avait toujours apprécié se retrouver en face de Jonah et qu’elle voulait retrouver ça. Elle avait aussi l’impression que le message, ça avait quelque chose d’impersonnel, il en avait reçu un, pour son anniversaire, au moins la première année après son départ en France, après, elle s’était trouvé de bonnes excuse pour ne rien envoyer. Se pointer devant sa porte, elle n’avait pas pu le faire ces dernières années, alors quitte à changer les choses autant le faire franchement. Elle avait, en plus du reste passé un certain temps à choisir sa tenue, comme si ça pouvait être important, ce n’était franchement pas un rencard, mais bon, elle s’était dit qu’il fallait quelque chose de travaillé, pour ne pas laisser entendre qu’elle était venue à l’arrache, mais rien qui puisse porter à confusion. Heureusement, quant il s’agissait de mode, elle savait s’y prendre, alors même si la réflexion avait été longue, elle était plutôt satisfaite du résultat. Elle s’était ensuite rendue chez Jonah en oubliant qu’en trois ans il avait peut-être déménagé et qu’elle attendait peut-être devant la porte d’un illustre inconnu. Elle fut plutôt soulagée alors, en voyant que c’était bien Jonah qui lui ouvrit la porte. Elle n’était pas pour autant débarrassée de sa nervosité. Celle là, fallait croire qu’elle risquait de la suivre pendant un long moment encore. « Okay, je me suis dit que tu avais peut-être du monde, ou quelque chose de prévu. » Elle haussa les épaules, il aurait pu être occupé de bien des façons. Même sans avoir du monde ou un plan en particulier, il avait une fille, des responsabilités et probablement un emploi du temps assez chargé pour ne pas avoir le temps – ou l’envie – de lui accorder un peu de sa personne. Elle ne put s’empêcher de sourire en entrant dans l’appartement. Il avait bien changé depuis la dernière fois qu’elle y était venue, pourtant, c’était cet appartement dans lequel elle avait passé un temps fou, dans lequel elle avait plein de souvenirs. Bien vite alors, elle fut rattrapée par une vague de mélancolie qu’elle s’efforça de chasser en se concentrant de nouveau sur Jonah. « Je voulais juste, te souhaiter un joyeux anniversaire. » En personne, parce que ça lui avait paru important de le faire comme ça, moins impersonnel. C’était aussi moins distant qu’un message et puisque c’était cette distance entre eux qu’elle voulait réduire, ça lui avait semblé la meilleure option. Elle y avait tellement réfléchi, qu’elle avait toute une liste d’argument pour justifier pourquoi elle était venue en personne. Enfin, elle n’avait pas besoin de se justifier non ? « Je voulais aussi t’apporter quelques trucs. » Elle lui tendit les sacs qu’elle avait entre les mains, là où y avait son gâteau, sa bouteille – ce genre de trucs qu’il avait forcément déjà eu de la part de quelqu’un d’autre. Y avait aussi un cadeau, qu’elle espérait être un peu plus personnelle que le reste. Elle le connaissait bien Jonah après tout, ou au moins, elle l’avait bien connu, avant de couper bêtement avec lui, vivant dans l’espoir de pouvoir suffisamment le tenir à l’écart de sa vie pour que les sentiments qu’elle éprouvait à son égard finisse par disparaitre. Ils n’avaient jamais disparu, elle en avait vraiment conscience depuis qu’elle l’avait revu, tout ce qu’elle avait fait, le temps qu’elle avait passé avec Mike, ça avait été de vivre dans l’illusion la plus totale, maintenant qu’elle ouvrait les yeux, elle était plus déçue qu’autre chose et ce n’était vraiment pas évident de récupérer tout ce qu’elle avait pu abandonner, elle espérait cependant que ce n’était pas non plus impossible.


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MessageSujet: Re: (jonah), i'd do anything for you. Mer 24 Jan - 21:49

La ‘réalité des choses’, comme Jonah aimait l’appeler, elle était arrivée bien plus vite que ce qu’il n’avait pu imaginer. Bien sûr que dans sa tête, il s’était vu, avec Valentina, tous les deux alliés dans ce nouveau rôle de parents qui leur tombait si brusquement sur les épaules. Il s’était dit ‘qu’est-c’qui peut être si terrible que ça, hein?’ pour se rassurer, pour s’apaiser, alors que dans la rue, souvent, il n’avait eu l’impression de n’croiser que des parents. Qu’est-ce qui pouvait être si compliqué, si différent et si imprévisible dans le fait d’avoir un bébé? Probablement que la jeune femme avait partagé son optimisme naïf, puisqu’elle n’avait pas eu le désir d’avorter. Pourtant, Valentina était partie, là où lui, il était encore en train de tenir bon. Peut-être surtout parce qu’il le devait, plus qu’autre chose. Bien sûr qu’y’avait une part du Reeve, si facilement atteignable, là maintenant, le soir de son propre anniversaire, qui préférerait se voir au beau milieu d’une fête endiablée, en train de profiter d’un moment pour lui. Est-c’qu’il en était à regretter Meika et à n’pas savoir apprécier ce qu’ils avaient là, tous les deux, envers et contre tout? Evidemment que non; encore et encore, le jeune homme s’disait qu’il serait fou, de n’pas vouloir avoir vécu tout ce qu’il avait vécu grâce à la naissance de sa fille. Parfois, même, il n’daignait pas imaginer quel genre de type il serait devenu, dans un cas pareil: qu’est-ce qu’il aurait fait, vraiment, si tout s’était passé exactement pareil, à l’exception de la présence de sa petite fille dans son monde? Dans les moments pessimistes, Jon s’voyait avec de l’alcool pour seule compagnie, à ressasser les temps perdus avec Evie, avec Valentina, et ces ressentiments ardents qu’il éprouvait envers l’une et l’autre. Meika, elle l’avait forcé à s’relever - elle l’avait même forcé à ravaler ses propres peines, quand il avait menacé de tomber au plus bas. Pour elle, il avait dû continuer, s’accrocher, et même s’convaincre que finalement, le hockey ça n’représentait pas tout. Sans sa fille, il aurait continué d’croire qu’il avait raté tout ce qui importait dans son existence quand, à trente-trois ans, il n’pourrait plus monter sur des patins pour vivre de sa passion. Alors ouais, le bar, c’n’était pas la situation dont il avait rêvé: c’n’était peut-être même pas quelque-chose qu’il aimait au jour le jour. Entre jouer les serveurs ou barman et s’retrouver à ranger la paperasse et s’occuper des factures, clairement, tout ça n’avait jamais fait partie d’ses ambitions, quelles qu’elles soient. Mais c’était c’qui lui donnait de l’argent sur le compte à la fin du mois - certes, une somme dérisoire en comparaison de c’qu’il avait gagné autrefois, c’qu’il avait économisé presque, sans même s’en rendre compte, et qui constituait un patrimoine confortable pour Meika et lui. S’il le décidait, il pourrait arrêter de travailler, tout simplement, pendant plusieurs années. Mais à quoi bon, hein? Pour dilapider ce qu’il avait gagné en de longues années, et s’retrouver à frôler la catastrophe une fois qu’il n’pourrait plus prétendre? Et y’avait bien eu qu’avec la responsabilité de la vie de sa fille sur ses épaules, que le jeune homme avait été capable de faire preuve d’autant de raison.

Aujourd’hui, mine de rien, ils vivaient bien, Meika et lui. Le bar de Zach avait ses fidèles, des nouveaux gens qui venaient constamment - Brooklyn, là où ils étaient, c’n’était pas un si mauvais quartier. Qu’est-ce qu’il y avait à regretter, alors, dans l’homme qu’il était devenu? Il semblait qu’un anniversaire, c’était le moment idéal de faire un genre de bilan sur le temps qui était passé et les choses qui avaient pu changer. Il avait trente-quatre ans, désormais, et qu’est-c’que ça pouvait vouloir dire? Visiblement, ça signifiait surtout qu’il n’était pas encore prêt à avoir la moindre autorité sur sa fille, malheureusement. Il ne put s’empêcher de ricaner, alors, face aux suppositions de la blonde qui était tout juste arrivée chez lui. Et pourtant, malgré son attitude détachée, le Reeve ne pouvait que ressentir un certain contentement, face à la présence d’Evie dans son appartement. La présence de quelqu’un, dans une soirée comme ça. Rien de c’qui pouvait ressembler aux fêtes auxquelles il l’avait habituée, hein? « Non, pas de soirée. Enfin, mon frère et ma soeur sont venus. Mais-... » et voilà qu’il haussait les épaules, esquissant un léger sourire. « Merci, pour les voeux. » bien vite, c’était comme si le malaise revenait, quand il était question d’Evelyn. Encore et encore, il s’demandait pourquoi elle était là, pourquoi est-c’qu’elle y tenait. C’était plus fort que lui, à croire; plus fort que c’qu’ils essayaient d’atteindre. Les trois années qui venaient de s’écouler, elles avaient été riches en émotions, en moments difficiles pendant lesquels il aurait bien plus eu besoin que la Blake s’pointe sur le bas de sa porte avec un sachet plein de trucs. M’enfin, était-ce la chose à dire? Peut-être l’avait-il même assez dit, déjà. « Et... merci pour les ‘quelques trucs’. » lui offrit-il donc dans un sourire, plus contrit que naturel; « Tu peux les poser-... par là, quelque part. » parce que soudainement, il se rappela de Meika, qu’il avait presque oubliée avec l’arrivée soudaine de la jeune femme. Peut-être trop vivement d’ailleurs, puisqu’il abandonna la blonde dans le salon, comme s’il était débordé, tout à coup. Il récupéra sa fille dans sa chambre, et la petite ne manqua pas de déjà commencer un caprice- pour sûr, elle n’voulait pas manger, et Jonah n’était pas le père tenace qui obtenait gain de cause la plupart du temps. Mais les premières protestations de la petite s’arrêtèrent, dès lors qu’elle vit Evelyn - une inconnue qui lui coupa l’herbe sous le pied. « Meika. Ça, c’est Evie. Elle est venue nous rendre visite, pour l’anniversaire de papa. » histoire de dire les choses clairement. Meika n’rencontrait jamais les conquêtes que le Reeve pouvait avoir, au cours d’une nuit. Et elle n’avait pas vu sa mère depuis un moment. Alors hormis sa tante, y’avait relativement peu de femmes qu’elle croisait, comme ça, au beau milieu de son appartement. Elle s’en retrouva si prise de court, qu’elle ne put que marmonner un ‘bonjour’ discret, avant de se retrouver assise à table à nouveau, déposée par Jonah qui tourna rapidement son attention sur Evelyn. « Désolé-... peut-être qu’à un quart d’heure près, ça aurait été plus calme. » ricana-t-il légèrement, incapable de savoir quand est-ce qu’ils pourraient déguster la bouteille qu’elle avait ramenée et qu’il avait rapidement vue- ou qu’il pourrait ouvrir le cadeau qu’elle lui avait fait. Sa vie, c’était d’la galère, et il semblait bien qu’il l’avait plus ou moins laissé sous-entendre, la dernière fois qu’ils s’étaient vus. Beaucoup d’choses changeaient, en des années.

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Avant qu'elle ne prenne la décision de partir en France, Evelyn n'avait jamais imaginé que sa relation avec Jonah puisse ressembler à ce qu'elle était aujourd'hui. Il lui était arrivé de croire qu'en lui disant ce qu'elle avait sur le cœur, ça ruinerait tout entre eux. C'était bien pour ça qu'elle n'avait rien dit et à force de garder ça pour elle, elle en était devenue complètement folle. Elle était devenue jalouse en plus du reste et voir le jeune homme au bras d'une autre femme l'avait achevée. Il ne savait pas si un jour Jonah avait ressenti la même chose quand il l'avait vue avec Mike, mais elle avait du mal à tny croire. Elle ne pouvait pas imaginer que Jonah ait pu un jour avoir envie de plus avec elle que l'amitié qu'ils connaissaient depuis de nombreuses années. C’était bien pour ça qu'elle avait pris la décision de partir avec Mike en France. Elle savait que ça avait été une mauvaise décision, pour de nombreuses raisons, et même s’il l'avait trompée, le jour de leur mariage, avec sa sœur, ce qu'elle retenait surtout, c'était que cette décision, elle avait ruinée son lien avec Jonah et peut-être que dans sa frustration c'était ce qu'elle avait voulu. Elle avait bien réussi don coup de toute évidence mais y avait pas de quoi en être fière, au contraire, elle était triste en plus de crouler sous la culpabilité. Elle l'avait bien mérité mais bon, se dire ça, ça ne l'aidait pas à se sentir mieux. Y avait rien qui aidait, de ce côté-là, mais au moins, elle avait encore l’espoir de pouvoir changer les choses, les améliorer et peut-être retrouver la place qu’elle avait eu l’habitude d’avoir dans la vie de Jonah. Garder espoir c’était un bon début, pour y arriver non ?

C’était ce qu’elle se répétait Evelyn, parce qu’elle avait envie que les choses s’améliorent entre eux deux et elle était prête à faire tout ce qui était en son pouvoir pour y arriver. Ce n’était même pas comme si elle se forçait à faire tout ça. Elle en avait vraiment envie et même si elle avait été un peu stressée avant de venir chez Jonah, à cause de tout ce qui avait pu se passer entre eux, elle n’avait pas été obligée de se foutre un coup de pied au cul pour faire le déplacement jusqu’à l’appartement du jeune homme. C’était l’anniversaire de Jonah et elle avait conscience d’en avoir déjà loupé trop, alors il n’y avait aucun autre endroit au monde où elle voudrait être ce soir qu’auprès de Jonah. Est-ce que cette envie était partagée ? Elle avait beau se poser la question, elle n’avait pas envie que ses pensées soient monopolisées par ce genre de pensées qui pourraient facilement foutre ka soirée en l’air et ce n’était, bien entendu pas ce qu’elle voulait la blonde. Elle avait, au contraire, espoir de passer une bonne soirée en compagnie du jeune homme, rester optimiste, ça aidait pas mal, surtout dans son quotidien tel qu’il était devenu depuis qu’elle était rentrée à New-York. » Okay, c’est bien aussi les soirées en famille. » Elle haussa les épaules, malgré ce qu’on pourrait facilement penser avec sa famille décousue, elle était très proche de ses frères et sœur, hormis Rox, elle ne lui avait pas reparlé depuis un an, peu désireuse d’adresser la parole à celle qui s’était tapé son fiancé. « Y a pas de quoi. » Elle adressa un sourire au jeune homme, c’était normal après tout de lui souhaiter son anniversaire, ce qui l’avait été beaucoup moins, c’était toutes les fois où elle n’avait même pas pris le temps de le faire, quand elle avait été à l’étranger. « De rien. » Qu’elle répondit, en haussant les épaules, avant de poser ses sacs à l’endroit indiqué par Jonah. Elle avait commencé à observer un peu les lieux autour d’elle, comme si elle redécouvrait l’appartement quand son attention fut attirée par la petite Meika, à qui elle adressa un large sourire. « Bonjour Meika. » Qu’elle prononça à l’adresse de la petite qui lui répondit rapidement avant de retourner à table. « Nan, t’en fais pas, c’est de ma faute, j’aurais dû appeler avant de venir. Désolée. »  Elle avait préféré l’effet de surprise, mais ça marchait mieux avec les gens sans enfants sans doute, qu’est-ce qu’elle en savait elle ? Ce n’était pas demain la veille qu’elle aurait des enfants et pourtant son temps était limité, elle allait sur ses trente ans, et mine de rien, d’ici quelques années, avoir des enfants allait se compliquer, peut-être qu’elle avait loupé sa chance en abandonnant Mike à son sort, il l’avait pourtant bien mérité. Elle n’aurait pas pu fonder une famille avec un homme qui se tapait sa sœur dans son dos de toute façon. Elle avait encore assez d’honneur et d’estime d’elle-même pour ne pas faire sa vie avec un homme qu’elle savait infidèle. « On a dû te poser la question toute la journée mais bon : trente-quatre ans, alors, qu’est-ce que ça fait ? » Pas grand-chose dans le fond, non ? Trente-quatre ans, ça lui faisait peur à elle,  plus qu’elle ne voulait bien l’admettre sans doute. Le temps qui passait était pour elle un constant rappel de ses échecs, même su côté de Jonah, ça lui rappelait qu’elle avait loupé les dernières années de sa vie, ça se voyait aussi à la bouille de sa fille, déjà bien grande, alors qu’Evelyn ne l’avait même pas connue bébé. Un regret de plus à ajouter à sa liste. Elle aimerait bien pouvoir figer le temps, au moins un peu, histoire qu’il n’avance plus, pendant qu’elle, elle essayait de rattraper ses trop nombreuses erreurs.



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MessageSujet: Re: (jonah), i'd do anything for you. Dim 28 Jan - 3:36

Depuis qu’il avait revu Evelyn ce soir-là, en plein cœur de Brooklyn, qu’ils avaient parlé sur ce banc et qu’il s’était dit que peut-être, réessayer à construire quelque-chose ensemble en valait la peine, Jonah avait passé plus de temps à s’interroger qu’il n’était prêt à l’admettre. Qu’est-ce qu’ils essayaient de reconstruire ? Est-ce qu’ils essayaient d’être ‘juste amis’, ou cherchaient-ils à retrouver leur lien d’autrefois, cette complicité indéniable qu’il n’avait jamais eue avec personne d’autre ? Parce qu’au fond, l’évidence qui était venue au jeune homme au beau milieu de ses pensées, ç’avait été que des amis, il en avait déjà pas mal. Et que dans sa vie, il n’avait toujours eu qu’une seule Evelyn. Et que ç’avait été pour ça que son départ avait été si bouleversant, si bizarre, si inattendu. Et si blessant. C’avait été Evie, peut-être la fille qu’il avait pris pour acquise, à force de la voir plier le monde autour d’elle, juste pour lui : pour venir le soutenir à ses matchs, pour l’aider dans les moments de doute, pour le remotiver, ou même juste pour être là. Et encore et encore, similaires à la culpabilité qu’il avait pu éprouver au tout départ, face au vide complet laissé par la Blake, les pensées que Jon avait fini par avoir, avaient ressemblé à ‘et si d’toute manière, ça n’avait jamais été réciproque ?’. Trois ans plus tard, alors même qu’elle se tenait face à lui, il n’pouvait encore s’empêcher de philosopher sur au combien il avait semblé facile pour elle, d’embarquer dans son stupide avion sans crier gare, sans avoir la décence ou le courage de lui dire quoique ce soit, et sans s’retourner une seule fois. Peut-être que la blonde, elle avait fini par se rendre à l’évidence que de toute manière, le soutien et le temps qu’elle avait déversés dans leur relation, ça n’avait jamais été réciproque. Pourtant, il se souvenait lui, avoir été là pour lui remonter le moral au milieu de ses longues heures d’internat, d’l’avoir encouragée aussi pendant qu’elle avait le nez dans ses bouquins – et même parfois, il n’avait pas hésité à l’aider à réviser, quand elle en avait eu besoin. Après tout, même s’il n’avait jamais poursuivi ses études supérieures, préférant le chemin ambitieux d’entrer dans une équipe de sport professionnelle, y’avait quand même des connaissances sur le corps humain qu’on devait bien acquérir, histoire de n’pas se péter les os ou s’tordre des tendons ou des ligaments tous les deux jours et demi. Y’avait plein de problèmes musculaires ou osseux qu’il avait appris à reconnaître, plein de douleurs qu’il avait lui-même expérimentées. Ironiquement, alors, même dans les études de plus en plus avancées de la jeune femme, il n’avait jamais été le con qui s’moquait et qui n’comprenait rien. Et au fur et à mesure qu’il avait essayé d’prendre du recul, Jonah n’avait pas compris, il n’avait pas compris, vraiment, ce qu’elle avait pu lui reprocher. Ou ce qu’il avait pu faire, à même de rendre si facile aux yeux d’Evie, d’accepter l’option d’un départ aussi net et destructeur. Qu’est-ce qu’elle avait cru, hein ? Contre toute attente, il était l’premier à se dire que les excuses qu’elle lui avait servies quand ils s’étaient revus la première fois, elles n’étaient pas si légitimes que ça. C’qu’elle avait vu comme des problèmes, des discordances inchangeables, il s’était dit que, peut-être, ça en aurait valu la peine. A l’époque. Maintenant, il n’savait plus.

Et le mettre à haute voix, à quoi ça servirait, désormais ? Ça n’servait à rien, ça n’apporterait rien. Parce qu’au final, retrouver ce qu’ils avaient eu avant qu’elle ne parte, c’n’était pas qu’une question de volonté, un coup d’baguette magique sur lequel ils s’accorderaient tous les deux, histoire de détendre l’atmosphère. Ça les aiderait pas mal, pourtant, ce soir, non ? Ironiquement, le Reeve se sentait encore connaître assez sa vis-à-vis pour savoir qu’elle était mal à l’aise : plus mal à l’aise qu’il n’l’avait jamais connue, toutes les autres fois où, des années plus tôt, elle était venue dans cet appartement. N’était-ce pas logique, au fond ? Jonah s’était forcé à enterrer ses trophées de sport dans des cartons, histoire de ne plus les voir au jour le jour. Et là où il y avait pu y avoir du bordel typique d’un mec vivant tout seul, y’avait désormais du bordel typique de la présence d’un enfant en bas-âge dans cet appartement. Il avait d’ailleurs développé le devoir trop important d’accrocher au mur, ici ou là, tous les dessins que Meika faisait – l’genre de cliché qu’il n’s’était jamais imaginé devenir. Une personne qu’il n’avait pas du tout été, quand Evelyn l’avait côtoyé. Donc finalement, si elle était vraiment tombée amoureuse de c’type-là, y’avait plus grand-chose à retrouver de ça, dans l’homme qu’il était, en fêtant ses trente-quatre ans. Depuis combien d’temps exactement, Jon n’avait-il plus eu l’occasion de sortir, faire une vraie fête arrosée entre potes comme celles qu’ils avaient partagées, fut un temps ? Depuis combien d’temps il n’avait même plus assez d’heures dans une journée pour y penser ? La transition devait paraître bien brusque pour quelqu’un comme Evelyn – et c’n’était que maintenant que Jonah s’en rendait compte. Pour lui, ç’avait été naturel, une responsabilité, une façon de survivre malgré ce qui était arrivé. Parce qu’après tout, le Jonah d’y’a quatre ans, il n’comprendrait pas non plus : il pèterait un câble à l’idée d’avoir une photo de la nana qui s’était foutu d’sa gueule, en plein dans son salon. Pourtant, il s’accrochait au devoir de garder une image de Valentina, quelque-part, rien que pour Meika. Quelle raison, quel sens du devoir parental, pour quelqu’un comme lui ; les photos qu’il avait pu avoir d’Evie, d’Evie et lui, d’tout ça, d’cette époque, il les avait enterrées dans des cartons, aussi, avec ce passé si glorieux qui lui avait échappé à une vitesse record. C’était bien, alors, ouais, les ‘soirées en famille’, il avait toujours aimé ça, mais ç’avait rarement été ‘le seul événement’ qui fêtait son anniversaire. Y’avait toujours eu quelque-chose de plus inconscient, de plus festif encore : mais ça, la sagesse, c’était une seconde nature qui se développait chez n’importe quel parent, hein ? Il n’se voyait pas laisser Meika toute seule ce soir, pour aller fêter à coup de bières et d’alcool fort, ses trente-quatre ans, avec il ne savait qui. Même quand elle faisait des caprices, Meika restait toute sa vie. « Ouais, c’est vrai que j’me demandais surtout quand est-c’que t’allais appeler. » et le ricanement qui accompagna cette phrase lui parut tout à fait normal, tout comme ses mots, anodins. Comme autrefois, parce qu’évidemment qu’Evie, sa meilleure amie, elle avait toujours pensé à son anniversaire : souvent, elle le lui avait souhaité avant son frère, avant sa sœur, avant ses parents. Et ç’avait été comme ça, et pas autrement qu’il avait vu les choses entre eux deux. Maintenant, il lui fallut de longues secondes pour se rendre compte que sa réplique ressemblait plus à une confidence qu’il n’avait pas eu l’intention de larguer comme ça ; à croire qu’il avait passé son temps accroché à l’écran de son téléphone, à attendre un signe d’elle. Y’a pas si longtemps que ça, une telle phrase aurait eu une consonance beaucoup plus critique et acerbe. « C’que j’veux dire, c’est que j’me doutais que t’avais au moins pas oublié mon anniversaire. J’me souviens du quatorze janvier, après tout. » belle tentative de se rattraper, sans doute ; c’n’était pas facile, hein, de faire mieux avec une gamine qui se remettait à chouiner devant sa fourchette. Jonah abdiqua donc, finalement, soupirant, pour mieux chercher le biberon dans le lave-vaisselle. C’était son anniversaire, il espérait alors, que le seul témoin de tout ça, ne s’mettrait pas à critiquer le manque évident de ses talents parentaux. Meika mangeait à sa faim, toujours, de toute manière. Et, alors qu’il préparait enfin ce qu’elle voulait à sa fille, cédant à son caprice, Jonah haussa les épaules à la question de son invitée, trop conscient qu’il n’avait pas vraiment l’allure, là maintenant, de quelqu’un qui pourrait prétendre avoir sa vie bouleversée par ses trente-quatre ans. « On va dire qu’ironiquement, j’ai découvert ces dernières années, que généralement, c’est pas parce qu’on atteint un certain âge, que tout change tout d’un coup. C’est plus imprévisible que ça. » si ça pouvait être aussi simple qu’un ‘programme prédéfini’ tout fait, s’il avait pu se préparer mentalement de ce qui lui arriverait à ses trente ou trente-quatre ans, son existence aurait été beaucoup plus facile. Mais il s’était retrouvé père bien trop vite à son goût, comme si les neuf mois de grossesse de Tina s’étaient envolés. Et puis il s’était retrouvé à la ‘retraite’ bien trop jeune, aussi. Définitivement, ce n’serait pas ses trente-quatre ans qui changerait grand-chose. « Et toi ? C’est trente ans, cette année, hein ? » il n’hésita pas à répliquer, avec un petit air malicieux ; lui, il avait été noyé par beaucoup d’choses, vers ses trente ans – beaucoup d’événements qui, finalement, avaient complètement effacé en lui, toute envie de déprimer juste à cause d’un numéro.

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MessageSujet: Re: (jonah), i'd do anything for you. Dim 28 Jan - 17:16


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Elle savait Evelyn, qu’elle avait foutu des années d’amitié en l’air en partant avec Mike pour rejoindre la France et tout ça pour quoi ? Finir par fuir de nouveau, parce que son fiancé avait décidé de se taper sa sœur dans son dos. Elle n’avait rien gagné en partant, au contraire, elle aurait plutôt tendance à dire qu’elle avait tout perdu et qu’il ne lui restait que ses regrets à présent. Elle l’avait toujours su, c’était bien pour ça qu’elle avait pris au moins un an, avant de rentré à New-York, qu’elle avait passé son temps à voyager, elle en avait du des villes, des pays, des endroits qui changeaient beaucoup de ce qu’elle avait toujours connu à New-York. Elle en avait profité et même si ça avait eu des aspects d’une liberté qu’elle n’avait jamais eu à New-York, dans cette vie trop bien programmée qu’elle avait vécu depuis aussi loin qu’elle s’en souvienne, ça avait quand même été une façon de fuir ses responsabilités, de gagner un peu de temps avant d’affronter une réalité qu’elle avait su bien cruelle. Peut-être qu’on pourrait lui dire qu’à dépenser comme ça toute ses économies, elle s’était elle-même enfoncée dans le trou dans lequel elle était aujourd’hui et pourtant, elle regrettait bien moins cette année, passée à profiter de l’air frais des différents pays qu’elle avait traversé, que les deux ans qu’elle avait passé avec un homme qui s’était bien foutu de sa tronche. Ça avait duré combien de temps entre sa sœur et lui ? Est-ce que ça avait commencé à New-York déjà ? Est-ce qu’elle avait été assez conne pour se barrer à l’autre bout du monde avec un mec qui se tapait sa sœur, dès qu’elle avait le regard tourné vers ailleurs ? Ou bien est-ce que ça avait commencé plus tard, toutes les fois où sa sœur était venue lui rendre visite ? Elle n’en savait rien et peut-être que c’était mieux comme ça.

Elle n’avait pas été complètement honnête avec Mike non plus, pendant un moment, elle avait été amoureuse d’un autre, quand elle prétendait être complètement impliquée dans cette relation. Mais elle l’avait suivit en Europe, justement pour régler ce problème ? Alors qui est-ce qui était le plus à blâmer dans leur histoire ? Elle aurait tendance à dire que c’était lui, parce qu’elle avait tout sacrifié pour lui, pour leur histoire, poussée par l’envie que ça puisse marcher – même si ça avait été avant tout parce qu’elle avait eu la certitude qu’elle n’aurait jamais Jonah – et lui, il s’était juste tapé sa sœur sans se poser de question. Elle lui en voulait pour ce qu’il avait fait, même si clairement, elle regrettait plus d’avoir perdu Jonah que d’avoir perdu Mike. Peut-être qu’elle ne devrait même pas regretter Mike, il s’était bien foutu de sa gueule après tout. Maintenant, c’était elle qui ramait afin de retrouver la vie qu’elle avait eue avant de partir pour Paris. Est-ce que c’était seulement possible ? Elle espérait que oui. Peut-être bien qu’elle se battait dans le vent, mais dès lors qu’elle commençait à penser comme ça, elle se disait qu’il fallait mieux se battre pour rien que d’abandonner sans s’être donné la peine d’essayer. Alors elle essayait, elle faisait de son mieux et elle n’était jamais sûre de ce qu’elle faisait. Ce soir, par exemple, elle en était arrivée à la conclusion qu’elle aurait dû appeler Jonah avant de venir et il semblait bien le penser aussi. Est-ce qu’il avait attendu son appel ? Est-ce qu’il s’était dit, à un moment qu’elle n’était même pas fichue de tenir parole, qu’elle ne faisait pas les efforts dont elle avait parlé l’autre fois ou que, trois ans avaient suffit pour qu’elle oublie la date de son anniversaire ? Rien de tout ça n’était vrai, elle voulait recoller les morceaux avec lui et elle s’en donnait les moyens et évidemment, elle n’avait pas oublié la date de son anniversaire. « J’avais envie de faire la surprise. Je crois que je suis pas douée avec les surprises. » Là au moins, elle n’avait pas balancé la surprise avant l’heure, parce que plus jeune, elle avait été la fille qui faisait foirer toutes les fêtes surprises, parce qu’elle ne savait pas garder sa langue dans sa poche. Elle ne savait pas mentir, c’était surtout ça son problème, elle pouvait garder des secrets évidemment, mais s’il fallait lui demander d’inventer une excuse pour justifier quelque chose, ce n’était pas dans ses cordes. Ça lui permettait au moins d’être honnête, avec elle-même comme avec le reste du monde. Même pour cette histoire de départ à Paris, elle avait vite arrêté de se chercher des excuses pour admettre qu’elle avait grave merdé. « Non, j’ai pas oublié. Par contre, je vois pas ce qu’il y a le quatorze janvier. » Elle haussa les épaules, un sourire sur les lèvres qui prouvait qu’elle savait très bien ce qu’il y avait le quatorze janvier, dans moins d’un mois maintenant. Elle préférait l’oublier pourtant son anniversaire, peu désireuse de prendre encore un an de plus. Elle sourit encore, attendrie par Jonah qui cédait au caprice de sa fille. Elle n’allait pas le juger pour ça, elle trouvait juste ça mignon. Jonah avec un enfant c’était mignon, un changement dans sa vie qu’elle n’avait pas vu venir. « Ouais, ce serait plus simple si on pouvait prévoir ça. » Ça lui aurait évité de nombreuses erreurs elle, indéniablement. En même temps ce serait flippant et démoralisant de connaitre son avenir. Elle ne voulait pas le savoir elle, si elle était vouée à toujours foirer sa vie, elle préférait se dire qu’elle avait encore les moyens de rattraper ses conneries. « Non, vingt-cinq, comme depuis cinq ans. » Si seulement ça pouvait être vrai, ça l’arrangerait, ça lui éviterait de se dire que le temps passait trop vite et que ses chances de réaliser ses rêves allaient finir par tôt ou tard lui passer devant le nez, parce qu’elle serait vieille et décrépie.




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MessageSujet: Re: (jonah), i'd do anything for you. Ven 2 Fév - 0:49

Cette année plus que les autres, ses trente-quatre ans, Alec ne les avait pas vus venir. Trois cent soixante-cinq jours à devoir gérer l’fait d’être un parent célibataire, ç’avait le don d’être épuisant. Et si on pouvait toujours lui rappeler que ça faisait déjà un an et demi qu’il se retrouvait sans Valentina pour l’épauler et l’aider dans tout ça, il pourrait bien admettre, lui, que pendant les six premiers mois de cette épreuve, il avait été pas mal aidé. Sa famille l’avait entouré, ses amis avaient fait preuve de patience et de disponibilité, quoiqu’il advienne: après tout, il avait eu son handicap pour excuse. Y’avait eu toute une époque encore, où marcher avait été difficile pour lui, alors s’occuper de Meika de A à Z en solo, ça n’avait pas été une option. Et malgré les tensions qui avaient pu exister entre ses parents et lui, pendant cette période-là, le Reeve avait été bien content de pouvoir profiter de la présence de sa mère. Quelque-part, Zach et Mathilda en avaient bien moins joui, alors que celle-ci avait surtout été présente pour critiquer le choix des deux frères d’acheter et de monter un bar, rien que tous les deux. Peut-être qu’au moins, ç’avait été plus facile pour la cadette de la fratrie, la petite dernière qui n’semblait faire aucun pas de travers dans l’existence qu’elle menait. Quoiqu’il en soit, de son côté à lui, il n’avait pas eu à subir tant de reproches de la part de sa génitrice: elle l’avait sans doute pris plus en pitié qu’autre chose, et en fin d’compte, l’amour qu’elle vouait à Meika avait réussi à rendre cette période plus facile. Maintenant qu’il était sur ses deux jambes à nouveau, Jon, on le laissait pas mal s’débrouiller, avec sa fille. C’était normal, non? Lui, il aurait bien eu envie d’pouvoir toujours partager la moitié des charges, la moitié des décisions et des heures difficiles avec quelqu’un d’autre. Mais les choses n’avaient pas tourné comme ça: c’était ironique, quand même, qu’il soit celui qui découvrait qu’il n’avait pas eu un enfant avec la ‘bonne personne’, alors même qu’avant la naissance de sa fille, on lui aurait volontiers prêté le rôle du parent déserteur, qui n’saurait rien faire de bien. Alors si ce qu’Evie lui avait confié quand ils s’étaient revus était un tant soit peu vrai, ces derniers temps, le jeune homme s’demandait surtout de quoi elle avait bien pu être ‘amoureuse’; est-ce que ç’avait été du style de vie qu’il avait semblé avoir? C’était vrai, après tout, qu’à l’époque, tout avait semblé lui venir facilement, comme s’il était un gosse prodige, à l’aise sur la glace et dans la vie de tous les jours. Avec les filles, avec les autres gens, avec l’ambition qu’il avait toujours possédée, au fond de ses tripes. Dans cet appartement, à l’aube de ses trente-quatre ans, il était à des milliers de kilomètres de c’type-là - ouais, si elle, elle avait passé toutes ces années à Paris, en France ou à voyager comme elle l’entendait, il était resté à New York, lui, et c’était là que sa vie était peu à peu tombée en lambeaux, et qu’il n’avait aujourd’hui plus que quelques trucs auxquels se raccrocher. Finalement, si Evelyn pouvait prétendre à la palme de la pauvre fille qui s’était faite tromper par son futur mari, il n’était pas spécialement mieux loti qu’elle, Jonah. Il espérait que Valentina n’avait jamais poussé l’vice jusqu’à le tromper, malgré la condition dans laquelle ils avaient été avant qu’elle ne parte - mais maintenant qu’elle n’était plus du tout là, qu’est-c’que ç’aurait pu changer hein, qu’elle fasse ça en plus du reste?

Peut-être même que ç’aurait rendu toute cette situation encore plus évidente. Où qu’elle soit, à des milliers de kilomètres de là, y’avait toujours une chance que Tina le considère lui comme le méchant de l’histoire. Elle pourrait toujours prétexté avoir ‘envoyé des mails’ au début, ou ‘avoir écrit des cartes’, comme si ça pouvait rassurer ou consoler une petite fille d’un an à peine, quand sa mère s’cassait du jour au lendemain, sans se retourner. Ouais, sur c’coup-là, Jonah n’avait pas spécialement l’intention d’avoir la ‘maturité’ d’un type de son âge: il n’savait pas ce qu’il ferait, si demain, la mère de Meika devait revenir sur le pas de la porte de ce même appartement, si elle devait réclamer de revoir sa fille comme c’était son droit. C’était trop compliqué à éventualiser, trop abstrait à imaginer: combien de fois avait-il espéré, au début, qu’elle le fasse? Qu’elle s’rende compte que c’qu’elle faisait à Meika, c’était injuste et abject? Des songes qui n’avaient jamais traversé l’océan jusqu’en Italie, fallait croire. Et la rancoeur qu’il éprouvait à l’égard de Tina, elle était bien similaire à celle qu’il avait éprouvée à l’égard d’Evie, quand il l’avait vue sur ce site de rencontre, quand il avait pigé qu’elle était bel et bien d’retour à New York et qu’elle n’avait pas eu l’intention d’reprendre contact avec lui. Encore ce soir, c’était une seconde nature qu’il essayait de combattre plus qu’autre chose: elle disait qu’elle voulait faire des efforts, et la moindre des choses, s’il voulait vraiment la laisser faire, c’était ‘d’essayer’ de son côté à lui aussi. Là encore, il aurait pu lui répondre qu’elle avait sans doute pensé sa surprise en pensant à lui, des années plus tôt: au gars indépendant qui aurait très bien pu faire la fête avec elle sans que rien ne vienne s’mettre au milieu de la situation. Mais les choses avaient changé, Meika était là, et les enfants, ç’avait un putain de don pour tout bouleverser. Dans le bon sens, la plupart du temps. Mais bien sûr, il avait aussi connu les fois où il n’avait fait que douter, que regretter, que s’maudire de cette situation. Des choses qu’il n’avait jamais confiées à personne, parce qu’il n’avait eu personne - et maintenant, comment les dire à la blonde comme si elle était à nouveau sa meilleure amie, comme si rien n’s’était passé? Ce serait des confessions à retardement, vraiment. Il avait dû apprendre à gérer sa vie sans Evelyn Blake dedans. « T’en fais pas. Au pire la compagnie, ça fait toujours plaisir... » il tenta de la rassurer comme ça, au moins, haussant vaguement les épaules: ça n’aurait pas été son désir premier, de s’contenter d’une fête intime avec son frère et sa soeur uniquement, pour son anniversaire. Mais c’était ce qu’il avait eu, alors un passage à l’improviste de quelqu’un de ‘différent’, c’était déjà pas si mal. Il avait largement dépassé le stade de s’préoccuper des nombres qui pouvaient définir son âge; il s’en retrouva donc à ricaner, moqueur, face à c’genre de complexe que la blonde, elle, semblait toujours avoir. Et pourtant, peut-être qu’au fond, il pouvait comprendre le malaise: il se souvenait lui, avoir tourné en boucle sur l’fait qu’il finissait à la retraite forcée à trente ans à peine, qu’il était père célibataire à trente-et-un ans, et qu’à peine sa troisième décennie atteinte, il vivait la vie d’un ermite qui s’concentrait sur sa fille, avant tout le reste. C’était comme ça, quand on essuyait les échecs, tout d’suite, le temps qui passait devenait criminel - fallait croire qu’à force d’être submergé par la vie de tous les jours, il l’avait presque oublié. C’était pas pour rien qu’il s’contentait maintenant, d’histoires d’un soir, avec des femmes rencontrées au hasard et dont il oubliait facilement le nom - comment prendre le temps de trouver quelqu’un de stable pour sa vie, une potentielle mère pour Meika, quand les jours, les mois, les années, passaient à toute allure? Dans quelques mois, sa fille elle-même aurait trois ans; largement de quoi s’rendre compte encore plus de l’absence de sa mère. Et peut-être largement l’âge pour manger normalement, plutôt que de dîner un biberon. Mais Jonah avait déjà jeté l’éponge, et Meika fut bien contente de sa victoire. Elle en vint même à descendre de sa chaise, dès qu’elle eut son biberon, pour venir grimper sur les genoux de son père. « C’est bon à savoir. » plaisanta-t-il face à Evie, toujours sur cette histoire d’anniversaire. En se levant, il emporta Meika dans ses bras, la petite étant déjà occupée à téter son repas: peut-être allait-il arriver à faire d’une pierre deux coups et à l’endormir. « T’imagines, en fait on a presque une génération de différence. » si elle devait rester bloquer sur ses vingt-cinq ans, et s’il continuait d’avancer, pour sûr, ouais, ça les rendait plus distants encore que n’importe quoi d’autre. A croire qu’Evie s’accrochait vraiment eu désir que rien n’ait changé, à New York, depuis son départ où elle avait eu à peine plus de vingt-cinq ans, à l’époque. C’était plus compliqué que ça, vraiment. « C’est vraiment une super façon de m’faire sentir encore plus vieux, le soir de mon anniversaire. Merci, vraiment. » parce qu’au fond, bien sûr qu’il avait un genre de malaise, à s’rendre compte d’à quel point le temps passait vite, et d’à quel point il n’était pas du tout là où il s’était imaginé être, plus jeune. A s’asseoir sur son canapé, si tôt, comme un pauvre vieux, avec sa fille sur ses genoux, à espérer ne pas avoir à se coucher trop tard, parce que ses journées commençaient généralement bien tôt. Fallait croire, sans doute, qu’y’avait pas qu’Evie qui pouvait espérer que l’temps n’avait pas avancé, et que les erreurs pouvaient s’effacer comme ça, d’un claquement de doigts.

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MessageSujet: Re: (jonah), i'd do anything for you. Ven 2 Fév - 18:03


Remember those times I was hoping for something.
Jonah Reeve & Evelyn Blake

L’anniversaire de Jonah, ce n’était pas une date qu’elle avait oubliée au fil des années quand elle était partie à Paris, ou qu’elle avait continué ses voyages ici et là en Europe. Elle n’avait rien envoyé pour l’occasion, elle aurait dû s’en doute, mais bêtement, elle avait décidé de se taire, elle avait voulu oublier Jonah et elle avait été assez idiote pur croire que l’ignorer suffirait pour que ça marche. Ça ne devait pas être pour rien qu’on disait ‘loin des yeux loin du cœur’ après tout non ? A l’arrivée, avec tous les remords qu’elle avait et les sentiments qui avaient faits exploser son cœur dès qu’elle avait vu le nom de Jonah s’afficher sur MatchMaker, elle pouvait dire que ça n’avait pas servi à grand-chose. Tout ce qu’elle avait fait, ça avait été de briser une belle amitié. La plus précieuse qu’elle avait eue dans sa vie. Mais Evelyn, elle voulait croire à présent que ce n’était pas fini. Justement, ils avaient été amis depuis de nombreuses années, ils avaient connus tout un tas de choses ensemble et leur amitié avait été assez solide pour que ces trois années de silence n’y mette pas un terme définitif non ? Elle se disait que si elle faisait les efforts nécessaires avec Jonah, peut-être qu’elle parviendrait à arranger les choses. Ils avaient été tellement complices à une époque que même trois ans, ça ne semblait pas assez long pour complètement annihiler ça. Elle savait qu’il fallait qu’elle regagne sa confiance avant tout et elle savait que ça n’allait pas se faire en deux jours, mais elle était assez motivée à retrouver Jonah dans sa vie pour faire tous les efforts possibles et imaginables pour que ça puisse marcher. Au moins, Jonah, il devait bien savoir que si elle avait été prête à se barrer en France avec un mec en pensant que ça l’aiderait à atteindre son but, elle serait vraiment prête à tout pour atteindre aussi celui-là.

Elle était peut-être défaitiste en amour, assez pour s’être dit qu’elle n’aurait jamais ses chances avec Jonah et pour ne même pas tenter sa chance avec lui, mais pour le reste, elle savait faire preuve d’une grande détermination. L’amour, c’était juste trop compliqué et quand on voyait la gueule de sa famille, ce n’était pas si difficile que ça à concevoir. Elle n’avait jamais vraiment eu de père et pourtant, elle avait plein de demi-frère et demi-sœurs, ce type était tellement instable qu’il devait avoir un problème psychologique, d’après la blonde. Quant à sa mère, Evelyn se demandait si elle était à la recherche du grand amour ou juste du mec qui aurait le plus gros compte en banque. Son image de l’amour était biaisée, ça ressemblait à la fois à un truc tellement beau, mais aussi tellement difficile à avoir que ça n’avait pas été étonnant dans le fond, qu’elle se barre avec Mike comme si ça avait été sa seule chance de connaitre une belle histoire. Elle avait été belle cette histoire quand même, avant qu’il ne se tape sa sœur. « Okay, ça va alors. » Elle lui adressa un sourire, au moins, il n’avait pas l’air vexé qu’elle ne l’ait pas appelé, ou déçu qu’elle soit là, c’était probablement un bon début. Elle était quand même un peu nerveuse, mais ça allait bien finir par passer non ? Elle avait toujours été très à l’aise avec Jonah, elle avait pu lui parler de tout, même de ses règles ou de trucs comme ça sans que ça ne pose problème et pourtant là, elle avait peur de dire une connerie dès qu’elle ouvrait la bouche. « Ouais, si y a rien ce jour là, y a pas de risque d’oublier quelque chose. » Elle haussa les épaules, elle n’avait pas fêté son précédent anniversaire, parce qu’elle avait été en vadrouille et elle avait été difficile à joindre, alors elle n’avait pas eu beaucoup de messages pour l’occasion et franchement, elle n’en était pas mort et si ça devait être la même chose cette année, elle devrait bien s’en remettre, même si dans le fond, elle espérait quand même que Jonah lui, il penserait à elle. Elle ne le mériterait peut-être pas, mais ça aurait quelque chose de rassurant. « Tu exagères, une génération c’est vingt-cinq ans. » Même si elle restait bloquée sur ses vingt-cinq ans, il avait encore largement le temps d’atteindre les cinquante lui et puis de toute façon, ils avaient quatre ans et un mois d’écart en vrai, ça n’allait pas changer, même si Evelyn n’avait plus envie de vieillir. « Désolée, t’en fais pas va, tu sais ce qu’on dit, les mecs sont encore beau-gosses jusqu’à cinquante ans, alors qu’à trente ans, c’est fini pour les femmes. » Si elle lâcha un léger rire, fallait quand même admettre que ça avait quelque chose de vrai, qu’on remarquait plus facilement une femme qui vieillissait qu’un homme. Parce qu’évidemment, les femmes étaient plus vite jugées pour un oui ou pour un nom qu’un homme, après tout, un mec de cinquante ans qui se tapait une fille de vingt-cinq ça inspirait le respect, une femme de cinquante se tapant un jeune c’était une cougar, une prédatrice quoi, rien de bien valorisant. Enfin, franchement, Jonah, il, n’avait pas de souci à se faire sur son âge, il était encore bien sexy et vraiment attendrissant, comme ça, avec sa fille sur les genoux, de quoi faire craquer n’importe quelle fille sans doute.





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MessageSujet: Re: (jonah), i'd do anything for you. Dim 11 Fév - 23:06

Vieillir, c’n’était sans doute pas si terrible que ça, pour les gens qui géraient à peu près bien leur vie. Ceux qui réalisaient leur rêve en croquant l’existence à pleines dents, ceux qui ne manquaient jamais une opportunité et s’émancipaient de plus en plus avec les années: y’avait des gens comme ça qui existaient dans ce monde, et pendant une bonne période, Jonah avait bien cru qu’il serait l’un d’ces gens. Il avait cru que le hockey, c’était tout ce qui importait, que tant qu’il aurait ça, cette ambition durement acquise, il aurait tout ce qu’il pouvait désirer. A vrai dire, en plein milieu de sa carrière, à la vive allure à laquelle tous les jours tournaient, il n’avait pas eu le temps de penser à grand-chose d’autre qu’à son job, aux prochains championnats, aux entrainements, à toujours surpasser les autres pour mieux se faire remarquer. C’n’était pas pour rien que ni Valentina ni lui n’avaient jamais pris le temps de nommer leur relation; ils n’en avaient pas eu l’opportunité, fallait croire- ils avaient tous les deux été trop autonomes et trop insatiables pour s’poser simplement dans un ‘couple’. Meika, alors, elle avait été un élément perturbateur qu’ils n’avaient pas vu venir. Et des années plus tard, même s’il était là, à New York, même s’il s’occupait de sa fille avec toute la dévotion qu’il avait en réserve, le Reeve n’pouvait s’empêcher de penser à ‘comment ce serait’ s’il n’avait pas encore eu d’enfant. Après tout, ça n’avait jamais fait parti des rêves qu’il avait cultivés depuis son plus jeune âge: il avait nagé en plein dans ceux-ci pendant une longue période, et ces deux dernières années depuis la naissance de sa fille, semblaient être un dur réveil, droit dans la réalité. C’n’était pas forcément lié à Meika, d’ailleurs; ç’avait juste été une période comme ça, une épiphanie des choses telles qu’elles étaient, et des gens pour ce qu’ils étaient: Evelyn était partie, et puis il s’était planté, il avait fini à l’hôpital, alité pendant de longs mois, perdant opportunité après opportunité. Et puis finalement, on lui avait fait comprendre que de toute manière, il n’aurait plus d’opportunité tout court. A cela, s’était encore ajouté le départ de Tina, l’abandon de Meika, et l’fait qu’il ait dû s’retrouver tout seul à galérer avec un bébé à charge, et une méchante blessure tenace, que chaque effort trop important, chaque acte inconsidéré, chaque ‘période mouvementée’ ne faisait qu’aggraver. Lui, il aurait plein d’raisons de n’pas aimer vieillir: il n’avait pas envie que l’temps passe trop vite, d’risquer que pour une raison ou une autre, Meika se retrouve prématurément sans son père qui prenait d’l’âge à toute allure. Et rien que d’un point de vue personnel, il n’se voyait pas continuer comme ça, à empiler les ans, avec tous ces regrets et ces rancoeurs tenaces. Il n’était plus un joueur de hockey, il n’était même plus monté sur des patins depuis des lustres; et même loin de la glace, il n’arrivait pas à déterminer c’qui lui faisait vraiment envie, dans la vie. Il rapportait d’l’argent pour nourrir sa fille, payer son appartement et ses charges, et rester à New York, tout simplement. Peut-être alors, que quoique ce soit que le destin ait en réserve pour lui et Evie, ça pouvait au moins aider, d’une certaine façon: s’il tournait la page sur l’incompréhension, la colère, le sentiment de trahison qu’elle avait abandonnés derrière elle, la Blake, ce serait déjà ça d’bagage en moins, hein?

C’était plus facile à dire qu’à faire: comme s’il y avait surtout dans les moments calmes, l’opportunité de s’rendre compte à quel point le temps était passé, et combien trois ans, ça pouvait être long. Ç’avait été trois années qu’il n’avait pas eu envie de prendre; des anniversaires chargés de frustration et d’agacement, d’l’impression de n’exister qu’à moitié. Cette année elle-même n’avait pas été bien différente- il s’accrochait à Meika, à son devoir de père, à son envie de la voir grandir elle, d’espérer que la vie soit plus clémente avec elle. Mais d’un point de vue personnel, ouais, on n’pouvait pas dire que Jonah, il avait accompli grand-chose. Ce soir, par-dessus son gâteau, il n’avait pas eu d’voeu à lancer à la vie, il n’avait pas eu d’espoir particulier pour l’année à venir: plus il passait du temps à essayer d’cultiver quoique ce soit, avec MatchMaker ou d’une quelconque autre façon, plus il semblait qu’il n’en avait pas l’temps, pas l’opportunité, et peut-être même pas la patience. Tant pis, il s’occupait de Meika, et il en avait encore pour des décennies, à l’faire; y’avait pas grand monde qui voulait s’embarquer dans une histoire avec une gamine au milieu, il le savait assez, le jeune homme, pour ne même pas essayer, la plupart du temps. Le sexe, c’était au moins la satisfaction égoïste sur courte durée, la chose qui n’demandait pas d’engagement outre mesure, et un fait si simple qu’il avait encore assez d’recul là-dessus, pour n’pas se faire prendre au jeu. C’était plus facile que quand c’était les autres qui s’cassaient - Evelyn ou Valentina, elles avaient toute un cérémonial bien particulier pour l’abandonner, et il en avait bien assez marre comme ça. « Oh wow, c’est vingt-cinq ans une génération, vraiment? » il apprenait quelque-chose, au moins, avec une moue surprise: peut-être était-ce parce qu’il avait nagé dans le monde du sport pendant bien trop longtemps, où le succès était éphémère et où on leur disait sans cesse de ‘prendre la vie comme elle vient’ parce que tout pourrait s’envoler du jour au lendemain. Généralement, une carrière de sportif, ça durait rarement plus de dix ans- ouais, quelque-part, Jonah il avait eu un temps pendant lequel il s’était cru chanceux et privilégié, parce qu’il avait tenu bon là où d’autres avaient déjà décroché le maillot. Mais à la vie tout court même maintenant, ça voulait dire que Jon, il était sorti de la ‘génération jeune’, de quoi lui laisser croire qu’il avait aussi laisser passer pas mal d’opportunités de c’côté-là. Au moins, il avait Meika, et être parent, mine de rien, même si ça n’avait jamais été l’premier truc venant dans sa tête pour son avenir, il n’effacerait cette expérience pour rien au monde. Même malgré les caprices et les petites pointes de frustration qui pouvaient naître en lui, quand Meika obtenait gain de cause, juste parce qu’il était fatigué de protester contre une gamine plus têtue que lui. Là, elle s’était faite prendre à son propre jeu, puisque posée sur ses genoux comme ça, y’avait de fortes chances pour que Meika, elle finisse par s’endormir sans même s’en rendre compte. « J’sais pas qui dit ça, mais j’crois pas que ce soit vrai. A moins que ce soit une appréciation personnelle... » et même s’il ricana, il n’avait pas spécialement envie de connaître les goûts et les couleurs d’Evie en matière d’hommes, quel que soit leur âge. Il avait déjà compris que Paris avec Mike, ç’avait été mieux que quoique ce soit qu’ils avaient eu, à une époque. Pas besoin d’en rajouter une couche. « Et mine de rien, même si t’acceptes l’idée d’vieillir, t’es encore loin des cinquante ans, t’en fais pas... » il en était plus près lui; heureusement pour sa santé mentale, à Jonah, quand il pensait à l’avenir, c’était surtout en imaginant sa fille ayant grandi- il avait au moins ça à désirer, dans son futur.

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